Charlevoix-Est planifie son économie en écoutant ses entrepreneurs
Le bâtiment de la MRC de Charlevoix-est. Archives
Plutôt que d’annoncer de nouveaux programmes à partir de projections théoriques, la MRC de Charlevoix-Est a choisi une approche plus directe : demander aux entreprises ce dont elles ont réellement besoin. Depuis quelques semaines, un sondage circule dans le milieu entrepreneurial. L’exercice pourrait sembler banal, mais il marque un changement de posture.
La planification économique ne part plus seulement des priorités institutionnelles, mais du terrain. « On voulait valider nos perceptions et mieux cibler nos actions pour la prochaine année », explique l’agente de développement économique Alexandra Pageau. « On entendait des échos, mais on voulait confirmer ce qui est réellement vécu par les entreprises. »
Les réponses commencent déjà à orienter certaines décisions internes. Avant même la fin de la collecte, l’équipe affirme avoir identifié des pistes d’intervention concrètes auprès de la trentaine de répondant au sondage via son infolettre.
Anticiper plutôt que réagir
Pour Michèle Jean, également agente de développement économique, l’objectif principal n’est pas de dresser un portrait statistique, mais de prévoir les problèmes avant qu’ils apparaissent. « On voulait savoir quelles entreprises s’approchent d’un transfert ou d’une vente, mais aussi quels emplois clés pourraient disparaître. C’est une façon de voir ce qui s’en vient pour agir avant la crise. »
En région, la disparition d’une entreprise dépasse la perte d’un employeur. Elle peut signifier la disparition d’un service essentiel et modifier l’équilibre d’une municipalité. Le sondage devient donc un outil d’anticipation territoriale autant qu’économique.
Les PME veulent évoluer, pas seulement recruter
Les réponses ne parlent pas uniquement de pénurie de main-d’œuvre. Elles révèlent un changement plus profond : les entreprises veulent améliorer leur fonctionnement.
« Les besoins de formation reviennent constamment », observe Alexandra Pageau. « Les entrepreneurs veulent mieux comprendre le marketing numérique, l’intelligence artificielle ou encore améliorer leur service à la clientèle. »
Pour la MRC, cela indique une transformation du rôle des organismes de développement. Il ne s’agit plus seulement d’aider à démarrer ou financer, mais d’accompagner l’évolution des entreprises déjà établies.
La MRC comme premier réflexe
Cette orientation s’inscrit dans un repositionnement amorcé depuis 2021. Grâce à une enveloppe gouvernementale dédiée à l’embauche de ressources professionnelles (PIAR), la MRC cherche à devenir le point d’entrée unique pour les entrepreneurs.
« Quand quelqu’un a un projet d’affaires et ne sait pas par où commencer, on veut que le réflexe soit de venir à la MRC », résume Alexandra Pageau. « Ensuite, on dirige vers les bons partenaires. » Chaque année, un rapport détaillé est transmis au ministère de l’Économie pour démontrer comment ces ressources aident les entreprises, mais aussi pour ajuster les interventions à l’échelle du Québec. Dans Charlevoix-Est, la logique dépasse la croissance économique. Elle touche aussi la survie des milieux.
La Directrice du service de développement économique, Isabelle Blanchard rappelle que certains territoires nécessitent une approche différente du simple développement d’affaires. « La vitalisation, c’est maintenir des services, soutenir l’implantation d’entreprises et garder les communautés vivantes. On ne parle pas seulement de croissance, mais d’équilibre du territoire. »
Ici, l’intervention économique vise autant l’attractivité résidentielle que l’activité commerciale.
Une progression fragile, mais réelle
La MRC observe néanmoins une amélioration de son positionnement socio-économique provincial. Elle se situe désormais dans le quatrième quintile.
Pour Isabelle Blanchard, cette progression doit être interprétée avec prudence. « Ce n’est pas une seule action qui change une région. C’est un ensemble de projets, d’accompagnement et de collaborations qui, mis bout à bout, finissent par produire un effet. » L’amélioration n’élimine pas les défis, mais elle confirme que l’approche structurée commence à porter fruit.
Le sondage n’était pas auparavant systématique. La MRC envisage maintenant de le répéter périodiquement afin de baser ses décisions sur des données réelles plutôt que sur des impressions. L’exercice traduit un virage discret, mais important : en développement régional, la planification ne consiste plus seulement à soutenir l’économie, mais à dialoguer avec elle. Et pour Charlevoix-Est, cette conversation devient désormais un outil de gouvernance.
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Est-ce qu’on s’est assuré d’avoir dans les répondants tous les secteurs d’activités? Les plus connus ne représentent pas nécessairement le portrait des services encore offerts. Les consommateurs en savent quelque chose. Et les besoins se créent souvent à partir des énoncés de ceux-ci. Le chemin est long entre la demande et la disponibilité.
J”ai rempli le Sondage il est bien fait et apportera sûrement des informations pertinentes. Il y a place à l’amélioration et cette démarche est pertinente.