Loupe nutritionnelle: le goût et le coût bien avant la loupe…
Anne Leblanc est nutritionniste au CIUSS de la Capitale-Nationale, dans Charlevoix. Selon elle, la loupe est « un outil de plus » pour la population qui souhaite faire de meilleurs choix alimentaires, mais n’est pas une panacée dans un milieu affligé par les inégalités.
« On fait partie de la Capitale-Nationale, mais on s’entend que la personne qui vit à Saint-Siméon, avec une seule épicerie de petite taille, n’a pas la même réalité que celui qui habite à côté de deux ou trois grands supermarché. Il y a une disparité à même la région », estime-t-elle.
Celle qui travaille au quotidien avec une clientèle aux prises avec des enjeux de santé (MPOC, diabète, cardiopathie, cholestérol, « foie gras »…) croit que la loupe passe encore inaperçue.
« La loupe, je ne l’ai pas encore enseignée à ma clientèle et je ne pense pas que beaucoup de gens l’aient vue. Ce n’est pas venu à mes oreilles. Selon moi, c’est un outil de réduction des méfaits, mais l’absence de loupe ne veut pas dire aliment sain à tout coup », ajoute-t-elle.
La nutritionniste salue toutefois la simplicité du logo, qui contraste avec la complexité du tableau nutritionnel standard, présent obligatoirement sur les produits transformés depuis 2007. Celui-ci est encore un mystère pour plusieurs, rappelle la nutritionniste.
« C’est un outil plus facile à comprendre rapidement que le tableau nutritionnel. Chaque fois que j’ai des clients qui viennent me voir et pensent comprendre le tableau, je me rends compte, en questionnant, qu’ils l’ont souvent mal compris, mal décodé. Ils veulent tout comprendre alors qu’il n’y a que des parcelles d’information qui sont pertinentes pour eux », explique-t-elle.
Dans son travail, elle essaie d’emblée de diriger sa clientèle vers « des aliments qui ne sont pas concernés par la loupe », mais ultimement, elle constate que les choix du client sont d’abord déterminés par « le goût et le coût ».
Là où la loupe peut s’avérer pratique, c’est lorsque vient le temps de faire un choix entre deux aliments similaires.
« Entre deux produits consommés par une personne sur une base régulière, si on voit qu’un a une loupe et l’autre n’en a pas, on peut supposer que c’est un meilleur choix. Ce n’est pas nécessairement un excellent choix, mais c’est de la réduction des méfaits et on est beaucoup là-dedans en nutrition. »
3 conseils à suivre
« Si on veut être vertueux, il faut choisir les aliments les moins transformés possible, avec le moins de loupes possible et le moins d’ingrédients possible ! Généralement dans les épiceries, les produits les plus transformés se retrouvent dans les allées. On devrait viser remplir le 3/4 du panier d’épicerie de produits non transformés. »
« Pour bien manger, la planification des repas, c’est la clé. Un minimum de planification va diminuer la charge mentale et quand tu as planifié, c’est là, à ta portée, dans le frigo, quand vient le temps de préparer le repas. Si ce n’est pas prévu, ce sera la solution “pizza congelée”. Mais il faut que les autres sphères de ta vie soient gérées. Si tu as 3 jobs en même temps, la planification va prendre le bord. Y’a des enjeux sociaux qui prennent toute la place », constate-t-elle.
« Tout le monde achète des produits transformés. Entre deux options, si on aime deux sortes de craquelins par exemple, et qu’un à la loupe et l’autre non, j’y vais avec celui qui n’a pas la loupe ! »
-Anne Leblanc
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