Bernard Drainville veut interdire aux gens qui n’ont pas la citoyenneté canadienne de voter le 12 avril, de peur qu’ils influencent le choix du nouveau chef de la Coalition avenir Québec (CAQ).
«À mon avis, la question ne se pose pas: il devrait être nécessaire d’être citoyen pour pouvoir voter», a lancé le candidat à la succession de François Legault sur les réseaux sociaux.
Il suffit d’être âgé d’au moins 16 ans et domicilié au Québec depuis six mois pour pouvoir prendre sa carte de membre de la CAQ et participer à l’élection du nouveau chef.
En mêlée de presse à l’Assemblée nationale jeudi, le ministre délégué à l’Économie, Samuel Poulin — qui appuie Bernard Drainville dans la course — a également réclamé du parti qu’il change les règles.
Cette demande survient en plein débat sur l’immigration, alors que la rivale de M. Drainville, Christine Fréchette, a promis cette semaine de ramener le Programme de l’expérience québécoise (PEQ) pendant deux ans.
«Il y a un malaise grandissant au sein de la formation politique, et dans toutes les équipes, à l’effet qu’il y a des gens qui vont pouvoir choisir le prochain premier ministre sans être inscrits sur la liste électorale», a soutenu M. Poulin.
«Nous, on demande à la formation politique de revoir nos règles. (…) Je veux que ce soit les citoyens canadiens qui votent, c’est super important», a-t-il ajouté.
M. Poulin a laissé entendre que des immigrants temporaires, voyant peut-être une occasion d’améliorer leur sort, pourraient acheter leurs cartes et appuyer Christine Fréchette.
«On a vu passer sur les réseaux sociaux dernièrement des gens qui ont, oui, laissé sous-entendre que prendre leur carte de membre pourrait changer leur situation», a affirmé le ministre.
Dans sa publication, M. Drainville invite Mme Fréchette à «se prononcer sur cette question». Pour sa part, le ministre de la Justice et leader du gouvernement, Simon Jolin-Barrette, a vite fait savoir jeudi qu’il était en faveur de la proposition de M. Drainville.
«C’est une bonne proposition», a-t-il brièvement commenté en mêlée de presse.
La réponse de Mme Fréchette est arrivée jeudi sous forme de déclaration écrite. L’aspirante au trône caquiste estime que l’enjeu soulevé par son adversaire est «légitime», mais elle ne réclame pas formellement de changement aux règles.
«Si jamais le parti décide de modifier les règles, je m’y conformerai. Entre-temps, je me concentre sur les priorités des Québécois», a-t-elle réagi.
«Les gens veulent qu’on leur parle du coût de la vie, de santé, d’éducation, de services publics, d’efficacité de l’État, de culture et de nos régions. C’est ce sur quoi je travaille», a-t-elle ajouté.
À la CAQ, on précise que les règles ne peuvent être changées que lors d’un congrès des membres. «Cependant, nous avons un processus de validation de conformité très rigoureux», a assuré la directrice des communications, Claude Potvin.
«Si nous parlons, par exemple, d’un travailleur temporaire étranger qui n’a un contrat que pour quelques mois, il y a automatiquement un remboursement et la demande est refusée.
«Dès que la personne ne se retrouve pas sur la liste électorale, c’est le processus de vérification qui s’enclenche», a-t-elle expliqué.
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