Dossier travail et immigration: Simard Suspensions veut garder ses travailleurs
Simard Suspensions embauche 180 personnes dans Charlevoix, dont 35 sont des travailleurs venus d’ailleurs et bien intégrés ici, souvent avec leurs proches. Selon les nouvelles normes, l’entreprise devrait réduire ce nombre à 18 pour respecter le nouveau quota de 10 %. Au-delà des chiffres, il y a des humains. Et une entreprise qui pourrait envisager la délocalisation si sa croissance est hypothéquée par les nouvelles règles en vigueur.
« Ça nous touche beaucoup parce qu’on dépasse nos quotas qui sont passés de 30 % à 10 %. Plusieurs travailleurs, notamment des Philippines, ont fait venir leurs familles. Pour pouvoir garder leurs proches ici, ils doivent avoir des permis de travail sur 3 ans. Mais maintenant, ce n’est plus possible, il faut renouveler chaque année, avec tout ce que ça implique comme administration et frais», indique Marie-Noëlle Tremblay, vice-présidente talents et culture pour Simard Suspensions.
Quelques avenues sont possibles pour que les familles puissent rester ici, notamment si le conjoint ou la conjointe peut obtenir un permis avec son propre employeur. « Quand l’employeur est le CIUSSS, ça peut fonctionner, mais au Germain, au Super C, c’est plus difficile », indique Mme Tremblay.
Par le passé, au moins une douzaine de travailleurs ont quitté l’entreprise et… le Québec. « Ils sont partis parce que les exigences de français étaient trop élevées. Les gouvernements sont très sévères ! Beaucoup de Québécois ne passeraient même pas le test ! »
Éjectés du Québec, ils sont souvent accueillis à bras ouverts par l’Ontario, le Nouveau-Brunswick…où les règles en lien avec la connaissance du français ne s’appliquent pas.
Pour l’employeur initial, dans ce cas-ci Simard Suspensions, la déception est grande. « On débourse environ 20 000 $ par travailleur. Il faut payer les billets d’avion, les loger un bout de temps, assumer les frais légaux… Et on les forme… On aimerait au moins garder les travailleurs qui sont intégrés chez nous, qui se sont construit une vie, dont les enfants vont à l’école… Ces gens-là paient des impôts comme tout le monde! »
Simard Suspensions est l’une des nombreuses entreprises manufacturières à plaider pour une clause grand-père, qui permettrait justement aux travailleurs déjà établis de rester.
« Ça nous aiderait ! Je comprends les quotas, mais si on n’a plus de travailleurs étrangers, dans les secteurs de l’hôtellerie, du manufacturier, personne ne va pas pouvoir continuer ! Ce sont des éléments essentiels dans nos équipes.»
L’avenir même des activités de l’entreprise à Baie-Saint-Paul pourrait être en jeu. « Sur 180 employés, environ 35 sont des travailleurs étrangers. Avec le nouveau quota, il en faudrait 18 max. Je vais me battre, mais c’est David contre Goliath… Sans eux, on va devoir envisager de réduire nos activités ici. Notre but est d’être en croissance, est-ce qu’on va être obligé de se délocaliser complètement ? », lance Mme Tremblay, consciente du poids de ses mots.
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