Financement des festivals : Clément Turgeon dénonce une zone grise

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Par Jérôme Gagnon 5:00 AM - 10 février 2026
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Photo tirée de la page Facebook du Festif! de Baie-Saint-Paul

Le ministre de la Culture et des Communications et responsable de la Jeunesse, Mathieu Lacombe, en compagnie de Clément Turgeon du Festif! de Baie-Saint-Paul.

Les révélations de l’émission Enquête sur l’influence de Live Nation dans l’écosystème culturel québécois ont ravivé des préoccupations bien connues dans le milieu des festivals régionaux. Clément Turgeon, qui apparaît dans le reportage, affirme que la situation soulève de sérieuses questions d’équité.

L’entreprise de divertissement local Evenko bénéficie notamment de subventions gouvernementales, alors qu’elle appartient à 49 % à la multinationale américaine Live Nation.

Le directeur général et artistique du Festif! rappelle que ces enjeux étaient déjà au cœur des premières discussions du Regroupement des festivals régionaux artistiques indépendants (REFRAIN). « Il y a une iniquité de base entre les festivals en région et les festivals en ville », soutient M. Turgeon.

Selon lui, les critères de financement actuels pénalisent souvent les festivals régionaux. Les exigences sont difficiles à atteindre en région, ce qui crée un plafond budgétaire. « On n’est pas capable d’aller chercher plus d’argent, même si les coûts augmentent et que les attentes doivent toujours s’améliorer », dit-il.

Cette réalité place certains festivals dans une zone grise. « On est trop gros pour les petits festivals, puis trop petits pour les gros. On se retrouve coincés, sans être capables d’aller plus loin », résume Clément Turgeon.

Il affirme ne pas avoir été surpris par les révélations du reportage. « La structure de Live Nation, on la connaît depuis un moment. La question du 49 %, c’est plus récent, mais ce sont des choses qui avaient déjà été nommées au gouvernement », indique-t-il, soulignant que des représentations avaient été faites avant la diffusion d’Enquête.

Une victoire déjà

Pour Clément Turgeon, le simple fait que le sujet soit désormais discuté publiquement constitue un pas important.

De son côté, dans un communiqué publié le 5 février, le REFRAIN affirme que les enjeux soulevés par Enquête rejoignent des préoccupations largement partagées dans le milieu culturel québécois. L’organisme dénonce la concentration du pouvoir dans l’industrie du spectacle et l’intégration verticale de Live Nation, qui touche la production, la diffusion, la promotion et la billetterie.

Le regroupement s’inquiète aussi du climat de crainte et d’opacité que cette concentration peut engendrer, alors que certains diffuseurs indépendants et municipalités se retrouvent contraints de collaborer avec ce géant. Le REFRAIN rappelle que pendant que des structures indépendantes peinent à survivre — parfois au point de devoir recourir au sociofinancement — des sommes importantes sont accordées à de grands événements liés à Live Nation ou à des OBNL qui lui sont adossées.

Le REFRAIN appelle ainsi le gouvernement à revoir les mécanismes d’attribution du financement public.

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