Pour survivre, les régions ont besoin de plus d’immigrants, plaide la FQM

Par Caroline Plante, La Presse Canadienne 4:00 PM - 6 février 2026
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Le président de la Fédération québécoise des municipalités, Jacques Demers, prend la parole au congrès annuel de l'organisme à Québec, le 26 septembre 2024. LA PRESSE CANADIENNE/Jacques Boissinot

Les régions du Québec ont besoin d’immigrants, sans quoi elles sont condamnées au « déclin démographique » et à « l’appauvrissement », plaide la Fédération québécoise des municipalités (FQM).

Son président, Jacques Demers, qui est également maire de Sainte-Catherine-de-Hatley et préfet de la MRC de Memphrémagog, a publié jeudi après-midi une lettre ouverte dans La Presse.

Il lance un cri du cœur au gouvernement Legault, et à la « nouvelle génération de dirigeants politiques », afin qu’ils démontrent un « véritable leadership face au défi démographique d’aujourd’hui ».

M. Demers prévient notamment contre le danger de «s’enfermer dans des politiques (…) fondées sur la méfiance et le ressentiment».

« La réalité du déclin démographique et de l’appauvrissement (…) ne disparaîtra pas sous prétexte que nos dirigeants d’aujourd’hui font le choix de l’ignorer », écrit-il dans sa lettre.

« Notre gouvernement s’enferme dans une politique stérile et clairement non fondée sur les faits », accuse-t-il.

Selon l’Institut de la statistique, la majorité des régions entrent dans une phase de déclin en l’absence d’une immigration soutenue. Douze des 17 régions du Québec affichent un « taux d’accroissement naturel négatif ».

Cela aura « des impacts douloureux, (…) à commencer par nos entreprises, nos services publics et notre tissu social », souligne Jacques Demers, qui réclame un « changement strict d’orientation ».

En entrevue, il s’offusque tout particulièrement de l’abolition par le gouvernement Legault d’un parcours accéléré pour travailler au Québec, le Programme de l’expérience québécoise (PEQ).

« Arrêtons de mettre en péril ces familles-là qu’on est allé chercher ! lance-t-il. Ce sont des professionnels. (…) Les entreprises ont investi des sommes importantes pour aller les chercher ».

« Ils sont dans nos milieux, les enfants vont à l’école, et là, on est en train de leur mettre un risque de départ. (…) Le ministre ne comprend pas à quel point ça va toucher nos communautés ».

« Pourquoi essayer de réparer quelque chose qui n’est pas brisé? »

À l’instar de plusieurs autres organismes, la FQM réclame le retour du PEQ, ou, à tout le moins, une clause « grand-père » pour ceux qui sont déjà installés au Québec, mais le gouvernement rejette ces idées. 

La FQM dit avoir sollicité une rencontre avec le ministre de l’Immigration, Jean-François Roberge. Elle compte aussi multiplier, dans les prochains jours, les appels aux députés afin d’accentuer la pression. 

Dans sa lettre, M. Demers affirme, catégorique, que « la seule solution pour l’avenir du Québec se retrouve dans l’arrivée de citoyens du monde ». 

« Plus que jamais, il est nécessaire que (cela) fasse l’objet d’une véritable obsession, notamment par la mise en place de programmes de francisation et d’habitation », selon lui. 

« Dans le nouveau contexte géopolitique qui s’annonce, la situation requiert que cette question devienne la priorité des priorités », ajoute-t-il.

La FQM regroupe plus de 1000 municipalités et MRC réparties sur tout le territoire québécois. 

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