Alors que la Ville de La Malbaie soutient financièrement le projet de circuit patrimonial du Chemin des Falaises, la Société d’histoire de Charlevoix salue l’initiative pour sa valeur culturelle, tout en dénonçant ce qu’elle perçoit comme un manque de reconnaissance envers l’expertise régionale et les auteurs locaux.
En entrevue, son président, Serge Gauthier, se dit d’abord favorable à l’objectif du projet, qu’il juge bénéfique pour la mise en valeur du patrimoine. Mais il se montre déçu qu’un organisme de la région n’ait pas été choisi pour en assurer la recherche et la conception.
« Le projet est bon pour le patrimoine, mais quand on voit des montants comme 100 000 $, on se demande pourquoi l’expertise locale n’a pas été priorisée », affirme-t-il.
Des recherches locales au cœur du projet
M. Gauthier craint que des contenus issus des travaux de la Société d’histoire de Charlevoix — livres, revues et recherches menées depuis plus de 15 ans — soient utilisés sans reconnaissance adéquate.
« Je reconnais des extraits de mes livres. Il y a même des faits que je suis le seul à avoir documentés », soutient-il.
S’il ne prévoit pas d’entreprendre de démarches légales, il estime que la Ville aurait pu prévoir un mécanisme pour reconnaître financièrement et symboliquement les auteurs de la région.
« On aurait pu aider, mais pas gratuitement. Personne ne ferait ça. Il aurait dû y avoir un montage pour que les auteurs de la région aient quelque chose en retour », dit-il.
Une expertise régionale sous-estimée
Le président de la Société d’histoire rappelle que Charlevoix possède une expertise reconnue en matière de patrimoine, notamment à travers le Centre de recherche sur le patrimoine de Charlevoix, en lien avec l’Université.
« L’expertise qu’on a sur Charlevoix est hautement supérieure à celle de gens qui ne connaissent pas la région », lance-t-il.
Selon lui, cette situation reflète une tendance à valoriser davantage les ressources externes que les compétences locales.
« On a développé une richesse ici depuis 40 ans. Il faut la reconnaître », insiste-t-il.
Une question de reconnaissance, pas de confrontation
M. Gauthier affirme ne pas remettre en cause la bonne foi des promoteurs du projet, mais plaide pour une meilleure reconnaissance du travail des chercheurs et historiens régionaux.
« Je ne pense pas que ce soit de la mauvaise foi. Je pense qu’on croit sincèrement que c’est toujours meilleur ailleurs », dit-il.
Il souligne que la Société d’histoire fonctionne largement grâce au bénévolat, ce qui rend d’autant plus importante, selon lui, la valorisation du travail intellectuel et documentaire produit dans la région.
Continuer malgré la fatigue
Malgré sa déception, M. Gauthier assure qu’il poursuivra son engagement envers la mise en valeur de l’histoire de Charlevoix.
« Si on ne reconnaît pas les personnes de valeur qu’on a dans le milieu, ce n’est pas nous qui avons un problème. Moi, je vais continuer tant que je serai là », conclut-il.
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Tout à fait en accord avec les propos de monsieur Gauthier. Le réflexe de penser à confier ce travail à la société n’est pas naturel. Pourtant ils ont amplement l’expertise pour effectuer le travail. Comment voulez-vous que les gens vivent de leur gagne pain ici quand on se retourne vers l’ailleurs pour confier des mandats. Et je crois percevoir une attitude défavorable et mal pensée venant des hauts lieux. Il faut laisser nos différents à la porte lorsque l’on est représentant d’une communauté.
100,000$ c’est beaucoup d’argent. L’équivalent d’un salaire annuel d’un salarié professionnel en milieu de carrière. En un an, on peut faire passablement de choses avec pareil magot. On peut donc déplorer que la SHC n’ait pas été considérée. Au moins, elle aurait pu être invitée à soumissionner. Bourde du nouveau Conseil!
J’appuie totalement monsieur Gauthier. Les Montréalais vont aller piger allègrement dans le buffet préparé par la SHC, et particulièrement par monsieur Gauthier lui-même, ne laissant même pas de miettes à ces professionnels de Charlevoix.