L’artiste-peintre Thomas Brassard invite le public à redécouvrir le patrimoine bâti de Charlevoix sous un angle sensible et artistique avec son exposition Charlevoix perdue et retrouvée, présentée en collaboration avec la Société d’histoire de Charlevoix à l’espace culturel de la Bibliothèque Laure-Conan de La Malbaie.
Le projet est né d’un défi lancé par l’historien Serge Gauthier et Christian Harvey : parcourir le territoire pour représenter différents bâtiments patrimoniaux de la région. Une invitation que l’artiste a acceptée en sillonnant Charlevoix à l’été 2024 et 2025, multipliant les visites sur le terrain pour observer, photographier et traduire en images ces témoins du passé.

« Au début, je voulais peindre directement sur place, en plein air, un peu dans la tradition charlevoisienne du paysage », explique Thomas Brassard. « Mais avec la météo et l’accessibilité de certains bâtiments, j’ai finalement opté pour travailler à partir de photos. »
Une identité construite à la main
À travers ses œuvres, l’artiste met en lumière ce qui l’a le plus marqué : l’originalité et la singularité de chaque construction.
« Il n’y en a pas une qui est pareille. On voit que les gens bâtissaient avec les moyens et les outils qu’ils avaient. Ces bâtiments-là, c’est une manifestation de notre identité charlevoisienne », souligne-t-il.
Une identité qui, selon lui, demeure bien vivante, même si elle est parfois fragilisée par le temps, l’abandon ou le manque d’entretien. Certains bâtiments sont restaurés, repris par de nouveaux propriétaires, tandis que d’autres se dégradent lentement.

« L’idée de l’exposition, c’était de montrer qu’il y a différents avenirs possibles pour notre patrimoine. Comme artiste, je voulais éviter un discours politique ou moralisateur. Je voulais surtout montrer que, même délabrés, ces bâtiments restent beaux dans l’œil de l’artiste et porteurs de sens pour les jeunes générations », ajoute-t-il.
Une démarche personnelle et territoriale
Le projet revêt aussi une dimension intime pour Thomas Brassard, dont les racines familiales sont ancrées dans Charlevoix.
« Mes parents ont vécu ici, mon frère y habite. J’ai passé une grande partie de ma vie à revenir dans la région, au chalet, dans la nature. Ce projet-là, pour moi, c’est une façon de renouer avec ce territoire-là autrement, de manière créative », confie-t-il.
L’exposition marque également un partenariat qu’il dit particulièrement fier d’avoir développé avec la Société d’histoire de Charlevoix, un lien qu’il souhaite poursuivre dans le futur.
Entre aquarelle et impression
Sur le plan artistique, Charlevoix perdu et retrouvé met surtout de l’avant des aquarelles sur papier, accompagnées de quelques œuvres en peinture acrylique sur toile.

« L’aquarelle, c’est un médium que j’aime beaucoup pour le plein air. C’est léger, ça sèche vite, c’est pratique. J’ai une touche assez libre, je ne cherche pas le détail parfait. Je veux donner une impression, une atmosphère », explique l’artiste, qui se décrit lui-même comme ayant une approche proche de l’impressionnisme.
Une pierre à l’édifice
Thomas Brassard observe aussi une sensibilité grandissante envers le patrimoine au Québec, notamment sur les réseaux sociaux et dans les groupes dédiés à l’histoire et aux bâtiments anciens.
« On voit de plus en plus que le patrimoine est fragile, qu’il y a beaucoup d’abandon et de destruction. Moi, je n’ai pas les moyens d’acheter ou de restaurer ces bâtiments, mais je voulais ajouter ma petite pierre à l’édifice à ma façon », conclut-il.
Avec Charlevoix perdu et retrouvé, l’artiste propose ainsi bien plus qu’une exposition : une rencontre entre mémoire, territoire et regard contemporain, où chaque œuvre devient un fragment d’histoire à préserver.
L’exposition sera également disponible dans la 41e édition de la revue d’histoire de Charlevoix dont la sortie est prévues en mai.
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Très bel article et un vernissage réussi. Fier de Thomas et de ma région. Ni