Programme fédéral de rachat des armes à feu : « On vise la mauvaise cible »

Par Félix Côté 4:55 AM - 21 janvier 2026
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Gabriel Hardy stands up to speak in the Chambre during Question Period / se lève pour parler en Chambre durant la Période des questions Ottawa, ONTARIO, on May 28, 2025. © HOC-CDC Credit: Bernard Thibodeau, House of Commons Photo Services

Le député fédéral de Montmorency–Charlevoix, Gabriel Hardy, dénonce vivement le Programme fédéral de rachat des armes à feu, qu’il juge inefficace pour lutter contre la criminalité et coûteux pour les contribuables.

Selon lui, les quelque 750 millions de dollars prévus pour le programme ne s’attaquent pas aux véritables sources du crime armé au Canada.

« Le crime ne se passe pas avec des armes enregistrées. Les criminels ne vont pas demander de permis, enregistrer leurs armes ou suivre des formations. On est en train d’aller chercher des armes détenues par des citoyens qui respectent les règles », soutient le député en entrevue.

Un coût jugé excessif

Gabriel Hardy affirme qu’une part importante du budget serait consacrée à l’administration du programme plutôt qu’au rachat lui-même.

« Seulement environ le tiers des fonds servirait réellement à racheter les armes. Le reste, c’est de la bureaucratie. On parle de près d’un demi-milliard de dollars pour administrer un programme qui, selon nous, n’aura pas d’impact réel sur la sécurité des citoyens », avance-t-il.

Le député conservateur estime que ces sommes devraient plutôt être investies dans les forces de l’ordre, le contrôle aux frontières et les ressources policières sur le terrain.

Une distinction entre l’arme et son détenteur

Le parlementaire insiste sur ce qu’il considère comme une confusion entre l’objet et la personne qui le détient.

« Ce n’est pas l’arme qui crée la situation dangereuse, c’est la personne derrière. La majorité des détenteurs légaux sont des chasseurs ou des tireurs sportifs qui suivent les règles, qui ont des permis et qui s’entraînent de façon encadrée », affirme-t-il.

Il ajoute que, selon son expérience sur le terrain et ses échanges avec des regroupements de chasse et pêche, plusieurs citoyens se sentent injustement pointés du doigt par le programme.

Santé mentale et criminalité

Interrogé sur les enjeux de santé mentale liés à la possession d’armes à feu, Gabriel Hardy reconnaît qu’il s’agit d’une question complexe, mais estime que le rachat généralisé ne règle pas le fond du problème.

« Une personne qui veut commettre un méfait va utiliser le moyen qui est à sa disposition. Le crime, aujourd’hui, se fait surtout avec des armes illégales, souvent obtenues sur le marché noir ou introduites au pays de façon clandestine », soutient-il.

Il plaide plutôt pour un renforcement des contrôles aux frontières, davantage de ressources pour les douaniers et l’utilisation de technologies de surveillance afin de freiner l’entrée d’armes illégales au Canada.

Une approche « idéologique »

Le député qualifie finalement la démarche fédérale d’idéologique.

« On donne l’impression qu’on agit contre le crime, mais on ne s’attaque pas à la bonne cible. Les fonds publics devraient servir à appuyer les policiers et les forces de l’ordre, pas à créer davantage de bureaucratie », conclut-il.

Le Programme fédéral de rachat des armes à feu vise à retirer de la circulation certaines armes désormais prohibées, dans l’objectif déclaré de renforcer la sécurité publique à l’échelle du pays.

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Roger girard
Roger girard
24 jours il y a

De tels armes d’assaut enregistrés ou pas ne devraient pas être en circulation. Le député suit la ligne du parti sans se soucier ce que pense la majorité de ses électeurs.

Emmanuel Loch
Emmanuel Loch
24 jours il y a
Répondre à  Roger girard

Une “arme d’assaut”, comme le gouvernement aime l’appeler, peut désigner une arme militaire capable de tirer en semi-automatique ET automatique. Or les armes désignées par ce rachat sont uniquement semi-automatique, immitant le design mais loin d’être de catégorie militaire (les armes automatiques sont prohibées depuis 1978 et c’est très bien ainsi). L’Ukraine ne voulait pas de ces armes justement car ils valident pas les standards de l’OTAN (fiabilité, caratéristiques,…) car une grosse majorité de ces armes sont des armes de loisir, tir sportif. Le gouvernement joue sur la peur pour faire passer une loi qui n’a rien a voir avec la sécurité publique mais juste avec une idéologie. Depuis que ces armes sont prohibées (2020) et en attente dans nos coffres, les crimes n’ont pas arrêtés d’augmenter au Québec malgré l’interdiction de les utiliser (voir statistique Canada et Québec). Ceci prouve déjà l’inefficaticité de la mesure avant même le rachat. Le problème n’est pas l’outil mais la personne (criminel, santé mentale,…). Si demain toutes les armes sont enlevés aux civils, les gens mal intentionnés feront du mal autrement (voiture bélier,…). La “majorité des électeurs” devraient plutôt se poser la question si ce gouvernement agit pour la sécurité du peuple ou… Lire la suite »