Maison Desbiens : un second organisme s’oppose à sa démolition

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Par Victor Carré 1:00 PM - 21 janvier 2026 Initiative de journalisme local
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Victor Carré | Le Charlevoisien

Après la Société d’histoire de Charlevoix, c’est au tour du Groupe d’initiatives et de recherches appliquées au milieu (GIRAM) de s’opposer à la démolition de la Maison Desbiens, située dans le secteur de Pointe-au-Pic.

Dans une lettre transmise à la Ville de La Malbaie, dont Le Charlevoisien a obtenu copie, l’organisation basée à Lévis recommande plus précisément aux membres du comité de démolition de refuser la présente demande de démolition. Elle exige également à la Ville de La Malbaie la réhabilitation de la maison par les propriétaires et, à défaut de le faire, que ceux-ci mettent la maison en vente afin de trouver un repreneur sensible à la valeur patrimoniale du bâtiment et du site.

Le GIRAM motive notamment sa position par la valeur historique du site, qui a autrefois été habitée par un personnage politique important, étant Adélard Turgeon.

Adélard Turgeon vers 1930. Image tirée du site web du Ministère de la Culture et des Communications

Ce dernier a notamment occupé les fonctions de commissaire à la Colonisation et aux Mines sous les premiers ministres Félix-Gabriel Marchand et Simon-Napoléon Parent, ainsi que ministre des Terres, des Mines et des Pêcheries sous Lomer Gouin. Il conservera son poste de député jusqu’en 1908, année de sa nomination à titre de président du Conseil législatif, fonction qu’il conservera jusqu’à son décès le 14 novembre 1930. 

Fait intéressant, avant de s’impliquer en politique, Adélard Turgeon a fait ses armes en journalisme et a participé à la fondation du journal Le Soleil en janvier 1897.  

« De plus, Turgeon avait à cœur le patrimoine et l’histoire, puisqu’en 1922, il devient le président fondateur de la Commission des monuments historiques du Québec. Aujourd’hui, ce serait une injure de laisser démolir sa résidence d’été plus que centenaire par gens visant seulement leur enrichissement personnel », soutient le GIRAM.

L’organisation dédiée à la promotion des valeurs patrimoniales et environnementales ainsi qu’à l’aménagement durable du territoire dénote aussi la valeur architecturale du bâtiment de style Second empire.

« Pour la Ville de La Malbaie, il s’avère indispensable de protéger cette maison de la démolition. Jusqu’à ce jour, trop de villas du 19ᵉ siècle et du début du 20ᵉ siècle ont été démolies, affaiblissant ainsi l’image de marque historique et touristique du lieu. D’autant plus que la Ville veut réaliser un circuit patrimonial dans le secteur du Chemin des Falaises », soutient le GIRAM. 

Un peu plus tôt cette semaine, le président de la Société d’histoire de Charlevoix, Serge Gauthier, a déploré ce qu’il perçoit comme une absence de vision à long terme en matière de protection du patrimoine. Il a réclamé un moratoire sur la démolition de la Maison Desbiens afin de permettre l’analyse de solutions alternatives, qu’il s’agisse d’une restauration, d’une vente ou d’une reconversion du bâtiment. 

Le Comité de démolition de la Ville de La Malbaie statuera sur le sort de la résidence le 3 février à 13h. 

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Anne Jean
Anne Jean
21 jours il y a

En effet, trop peu d’intérêt à conserver notre patrimoine. Le boulevard des falaises portent son lot d’une riche histoire qui a façonnée La Malbaie (Pointe-au-Pic). Il faut s’en préoccuper.

Solange Bergeron
Solange Bergeron
20 jours il y a
Répondre à  Anne Jean

Cherchez le promoteur derrière cette demande de démolition………