La Ville de Clermont a officiellement adopté un nouveau règlement encadrant la tarification des services d’eau pour les industries, commerces et institutions (ICI) munis d’un compteur d’eau à usage exclusif. Une mesure exigée par le ministère des Affaires municipales, qui vise à mieux documenter et encadrer la consommation d’eau potable sur le territoire.
Le règlement remplace une version antérieure adoptée en 2024, jugée incomplète. Il impose notamment l’installation obligatoire de compteurs d’eau pour les établissements visés et établit une grille de tarification basée sur la consommation réelle.
« Ce sont les industries, commerces et institutions qui sont ciblés en premier. Les résidences privées ne sont pas encore concernées », explique le maire de Clermont, Luc Cauchon, en entrevue.
Une obligation ministérielle
Selon le maire, la nouvelle réglementation ne découle pas uniquement d’une initiative municipale, mais d’une exigence gouvernementale liée à la gestion durable de l’eau potable.
« Le ministère nous oblige à aller chercher des données précises sur la consommation. Si on ne le fait pas, il peut y avoir des impacts sur les subventions et les programmes d’aide pour nos infrastructures », souligne-t-il.
L’objectif est de dresser un portrait plus clair de l’utilisation de l’eau par les grands consommateurs du réseau municipal, afin d’assurer une meilleure planification des investissements et une gestion plus efficace de la ressource.
Le règlement prévoit que tous les établissements ICI raccordés au réseau d’aqueduc devront être munis d’un compteur d’eau installé par la Municipalité, et ce, au plus tard le 31 décembre 2026.
Tarification progressive dès 2026, mais application graduelle
La nouvelle tarification repose sur une structure progressive :
- 300 $ pour les premiers 200 m³ d’eau consommés annuellement
- 0,50 $ par m³ pour la consommation entre 201 et 500 m³
- 0,30 $ par m³ au-delà de 500 m³
Toutefois, la Ville reconnaît que l’application complète de la tarification pourrait prendre du temps en raison de problèmes d’installation et de configuration de certains compteurs.
« Il y a des industries qui sont encore branchées sur une même entrée d’eau. Ça complique la lecture individuelle de la consommation », admet M. Cauchon.
L’année 2026 servira principalement à établir des données de référence et à comptabiliser les volumes consommés. La facturation réelle basée sur les excédents de consommation pourrait être pleinement appliquée à partir de 2027, une fois que les installations seront jugées conformes.
Les frais d’achat et d’installation des compteurs seront assumés par les établissements concernés, selon le coût réel des travaux effectués par la Municipalité ou ses sous-traitants.
Une volonté de protéger « l’or bleu »
Au-delà de la tarification, le maire insiste sur l’importance de préserver la ressource en eau, qu’il qualifie de « richesse collective ».
« On a une richesse qui est notre or bleu. Il faut faire attention à notre consommation, autant du côté des entreprises que des citoyens », affirme-t-il.
Il observe d’ailleurs certains abus qui, selon lui, méritent une réflexion collective : nettoyage d’asphalte à l’eau potable, remplissage ou vidange complète de piscines résidentielles, ou encore usage excessif dans certaines activités estivales.
« J’ai vu des gens vider complètement leur piscine au lieu de faire un traitement. C’est une perte d’eau potable qu’on pourrait éviter », déplore-t-il.
Même les jeux d’eau municipaux et les activités récréatives font désormais partie de la réflexion sur la consommation globale, dans un contexte où les municipalités doivent démontrer une gestion responsable de leurs ressources.
Vers une culture de responsabilisation
Avec ce nouveau règlement, la Ville de Clermont souhaite amorcer un virage vers une meilleure connaissance des usages de l’eau sur son territoire, tout en envoyant un message de responsabilisation aux grands consommateurs.
« Ce qu’on veut, c’est savoir combien on consomme réellement, pour mieux planifier et protéger notre réseau », résume le maire.
Le règlement entrera en vigueur dès sa promulgation officielle, avec une période transitoire en 2026 pour la collecte des données et l’ajustement des installations.
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