L’Afrique de Mitchell Dion

Par Emelie Bernier 7:00 AM - 16 janvier 2026 Initiative de journalisme local
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Mitchell Dion au Togo en 2023. Photo courtoisie

Le directeur général de Tourisme Charlevoix, Mitchell Dion, entretient depuis plusieurs années un lien étroit avec le continent africain. Après des missions au Togo, au Bénin, en Côte d’Ivoire et au Sénégal à titre de coopérant volontaire dans le secteur du développement touristique, il s’apprête à s’envoler pour la Guinée pour y concrétiser son second projet de maîtrise en lien, cette fois, avec l’éducation relative à l’environnement.

Le 26 janvier, Mitchell Dion quittera la froidure québécoise pour s’immerger dans la chaleur de la saison sèche guinéenne. Sa destination ? Les confins du Parc national du Moyen-Bafing en Guinée et la capitale, Conakry. Inauguré en 2021, ce parc national abrite près de 4500 chimpanzés et leur protection a justifié sa création.

Le parc, qui s’étend sur environ 6500 kilomètres carrés, est ponctué de 70 villages. Les enfants y fréquentent une dizaine d’écoles et c’est dans ce réseau que se concrétisera le projet final de la seconde maîtrise de M. Dion.

Son projet ? La mise en place d’un programme d’éducation relative à l’environnement destiné aux élèves des écoles de la zone d’intervention, un axe du projet « Femmes Pro-Forêts » en lien avec l’adaptation aux changements climatiques, financé par Affaires mondiales Canada.

Le programme devra permettre de « renforcer les connaissances des jeunes sur la biodiversité, les services écosystémiques, les changements climatiques, leurs impacts différenciés sur les hommes et sur les femmes, les meilleures pratiques pour s’y adapter, la richesse spécifique du parc national, la vulgarisation de certains codes de lois, la justice climatique et les droits environnementaux féministes. »

L’UPA-DI (Union des producteurs agricoles-Développement international) l’accompagne dans cette mission.

« J’ai fait, entre 2011 et 2013, une première maîtrise en développement du tourisme à l’UQAM et le sujet, c’était l’utilisation du tourisme comme outil de lutte contre la pauvreté. Dans ce cadre-là, j’ai vécu 3 mois au Cameroun où j’avais pour mandat de faire une stratégie de développement touristique et de lutte à la pauvreté. Ç’a été une expérience vraiment fort intéressante », explique-t-il.

Ce premier contact avec l’Afrique a mené à d’autres mandats en collaboration avec l’organisation non gouvernementale Catalyste+ entre 2016 et 2023.

La pandémie l’a incité à retourner sur les bancs d’école.

Au Togo, en 2023. Photo courtoisie

« À l’automne 2021, j’ai décidé de me lancer dans une aventure un peu folle, celle de réaliser à temps partiel une deuxième maîtrise soit en gestion du développement international et de l’action humanitaire. Un peu plus de 4 ans plus tard, seul un cours et mon activité terminale me sépare de la ligne d’arrivée », écrivait M. Dion sur ses réseaux sociaux cette semaine.

Cette seconde maîtrise l’éloigne du tourisme, mais tout est lié, estime-t-il.

« Dans mes expériences, j’ai beaucoup creusé le côté touristique, mais j’avais envie de creuser le côté développement international, humanitaire, dans son sens large. »

S’il a d’abord souhaité s’investir dans une zone en crise, il a dû élargir sa recherche. « J’étais ouvert à l’environnement, l’agriculture, la santé, et je suis tombé sur ce mandat-là, avec Femmes Pro-Forêts, que je trouvais intéressant. C’est très différent de ce que j’ai fait jusqu’à maintenant, mais je vois beaucoup de parallèles avec ce qu’on fait à Tourisme Charlevoix en matière de développement durable. »

Il s’inspirera d’ailleurs du travail de certains partenaires, comme les parcs nationaux, du Groupe uni des éducateurs-naturalistes et professionnels en environnement (GUEPE), et du travail de ses collègues du département développement durable.

En 2012, au Cameroun. Photo courtoisie.

Un premier séjour de 3 semaines permettra de mieux comprendre la réalité du terrain.

« La première étape, c’est d’aller cueillir la donnée et de définir le plan de match. On s’adresse à des jeunes de quel âge ? Quel format ça peut prendre ? Est-ce qu’on a accès ou pas à la technologie ? Ça requiert de rencontrer les acteurs clés comme le ministère de l’Éducation, par exemple. Ce programme doit être homologué, autorisé qu’il soit mis à l’intérieur du cursus des l’automne. »

M. Dion reviendra au Québec pour mettre sur pied le programme d’éducation relative à l’environnement.

« C’est sûr que ça va nécessiter de la recherche, mais je considère que je suis très très bien entouré. Beaucoup de gens autour de moi ont levé la main pour participer à leur manière au projet. »

Au Bénin en 2019. Photo courtoisie

Il souhaiterait par la suite retourner en Guinée au printemps pour son implémentation, en partenariat avec les instances locales et gouvernementales concernées.

Sa perception du développement international, et de sa propre contribution à celui-ci, a beaucoup évolué depuis son premier séjour africain.

« Je suis parti au Cameroun, j’avais 25 ans et je pensais que j’allais tout changer, sauver le monde ! Plus tu peaufines, plus tu vis des expériences et plus ta posture évolue. Je ne suis pas quelqu’un qui vient dicter quoi faire, ni un “white savior”. Ce sont des gens qui possèdent déjà une expérience incroyable et qui sont déterminés. Moi,je peux être un facilitateur, mais les solutions doivent venir de là. »

Quoi qu’il en soit, il envisage avec excitation son séjour prochain. « Chaque fois que je retourne en Afrique, j’ai toujours l’impression de revenir à un lieu familier», conclut Mitchell Dion qui maintient son emploi à titre de directeur général de Tourisme Charlevoix.

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Anne Marie Asselin
Anne Marie Asselin
27 jours il y a

Wow! Un parcours vraiment très impressionnant dont je ne soupçonnais nullement l’existence. Humblement je fais un mea culpa! Je n’ai pas une grande connaissance de l’Afrique comme vous, mais j’y suis allée alors que mon mari y travaillait. Je peux vous dire que j’ai été grandement impressionnée et je garde en mémoire des expériences incroyables qui ont modifié ma façon de penser, et de vivre à bien des égards .
Bon voyage Mitchell! Chanceux!

Claude Harvey
Claude Harvey
27 jours il y a

J’ai la chance d’avoir un parcours similaire avec Mitchell en Afrique on a même collaboré avec les mêmes collectivités au Togo. Je suis toujours en contact avec mes collaborateurs en Côte d’Ivoire et au Togo.