Innover sans fracturer : l’humain, l’État et la mondialisation

Par Félix Côté 4:55 AM - 10 janvier 2026
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L’innovation promet des gains de productivité, mais elle soulève aussi des craintes. Pour les PME, le véritable défi n’est pas technologique : il est humain, social et politique.

« L’innovation ou l’intelligence artificielle ne remplacent pas toujours la main-d’œuvre », affirme Norma Kozhaya. « Dans plusieurs cas, elles demandent plutôt de nouvelles compétences. » Selon elle, la clé réside dans la complémentarité entre l’humain et la technologie.

Valentin Delannoy insiste sur l’importance de la gestion du changement. « Un projet d’innovation est autant un projet humain qu’un projet technologique », dit-il. Il observe que certains projets échouent non pas parce que la technologie est mauvaise, mais parce que l’implantation a été mal accompagnée. « On sous-estime souvent l’impact sur les équipes. »

Valentin Delannoy, directeur du développement des affaires et transformation numérique chez Québec international

La formation et l’adhésion deviennent alors centrales. « Si les travailleurs comprennent que la technologie va améliorer leur environnement de travail, ils sont beaucoup plus ouverts au changement », ajoute Mme Kozhaya.

À l’échelle plus large, la mondialisation pose aussi des défis, notamment en matière de concurrence et de propriété intellectuelle. Même si ces enjeux sont parfois éloignés du quotidien des PME, Norma Kozhaya rappelle que l’État a un rôle structurant à jouer. « Les gouvernements peuvent agir comme premiers acheteurs et être ouverts à intégrer l’innovation », dit-elle, évoquant un levier souvent sous-estimé.

Dans un monde ouvert et compétitif, l’innovation ne peut plus être pensée sans l’humain ni sans l’État. Pour les PME régionales, réussir le changement devient aussi important que la technologie elle-même.

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