Dans un environnement économique instable, marqué par la pénurie de main-d’œuvre et les tensions commerciales, l’innovation n’est plus perçue comme un simple levier de croissance. Pour plusieurs experts, elle est devenue une condition minimale de survie pour les PME régionales.
« Investir en innovation, ce n’est pas une garantie de pérennité, mais c’est clairement une nécessité », affirme d’emblée Norma Kozhaya, vice-présidente à la recherche et économiste en chef au Conseil du patronat du Québec. Selon elle, une entreprise qui cesse d’innover s’expose à un risque fondamental : celui de ne plus être capable de s’adapter.

Elle rappelle que l’innovation ne se limite pas aux nouvelles technologies. « Innover, c’est aussi pouvoir s’ajuster, pouvoir changer », explique-t-elle, dans un contexte où les repères économiques traditionnels sont bousculés, notamment sur le plan des relations commerciales internationales. « On voit que tout ça est en train de changer. Il faut vraiment pouvoir s’adapter. »
Cette capacité d’adaptation devient un rempart contre l’immobilisme. « On peut être compétitif à un moment donné, mais si on s’assoit sur ses lauriers pendant que les autres avancent, c’est comme si on reculait », résume Mme Kozhaya.
Du point de vue du terrain, Valentin Delannoy, directeur du développement des affaires et transformation numérique chez Québec International, constate la même pression. « On n’est plus dans une volonté d’être en avance, on est plutôt dans un besoin de ne pas être trop en retard », dit-il. Selon lui, plusieurs entreprises sous-estiment encore la vitesse à laquelle leurs concurrents intègrent de nouvelles technologies.
Il observe toutefois que les entreprises qui amorcent un virage innovant ont tendance à poursuivre leurs investissements. « Une entreprise qui commence à investir en innovation ne s’arrête généralement pas, parce qu’elle perdrait les gains qu’elle a réalisés », explique-t-il.
Le maillage entre entreprises apparaît alors comme une solution pragmatique. Norma Kozhaya insiste sur le fait que la collaboration ne doit pas être vue comme une opposition aux grandes entreprises. « Le maillage peut se faire entre PME, mais aussi entre grandes et petites entreprises », dit-elle, soulignant que la sous-traitance et le partage d’expertise peuvent bénéficier aux deux parties.
Les centres collégiaux de transfert de technologie et les universités jouent également un rôle clé. « Les CCTT ont une expertise et une infrastructure technologique qui sont très proches de la réalité des PME », souligne Mme Kozhaya, qui y voit un levier particulièrement important pour les régions.
Sans garantir le succès, l’innovation apparaît désormais comme un passage obligé. Ne pas innover, préviennent les experts, revient surtout à accepter de décrocher.
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