Parc éolien Des Neiges : la Chambre de commerce dit non à un référendum

Par Félix Côté 5:00 AM - 6 janvier 2026
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Victor Carré | Le Charlevoisien

La Chambre de commerce de Charlevoix ne juge pas nécessaire la tenue d’un référendum concernant le projet du parc éolien Des Neiges, secteur Charlevoix. Une position clairement assumée par son directeur général par intérim, Dave Filion, qui estime que les mécanismes de consultation déjà en place ont rempli leur rôle.

« On entend les pressions et les inquiétudes, notamment sur le plan environnemental, et on ne les néglige pas », affirme M. Filion. Toutefois, la Chambre de commerce considère que le Bureau d’audiences publiques sur l’environnement a complété son travail. « Il y a eu des audiences, des analyses et des recommandations. De notre point de vue, le processus a été respecté. »

Selon lui, le promoteur du projet a également fourni des garanties quant au respect des normes environnementales, tant avant, pendant qu’après la réalisation du parc. « On nous assure que tout est fait pour minimiser les impacts environnementaux et respecter les normes en vigueur. C’est un élément important dans notre positionnement », souligne-t-il.

Sur le plan économique, la Chambre de commerce appuie clairement le projet, qu’elle considère porteur pour la région. « Pour nos entreprises, les retombées potentielles sont exceptionnelles. Ça peut faire une réelle différence pour consolider des emplois, soutenir des entreprises et permettre à certaines d’aller chercher des contrats qu’elles n’auraient pas autrement », explique Dave Filion.

Il insiste sur le fait que l’économie ne se résume pas à des chiffres. « Quand on parle d’économie, ce n’est pas juste un signe de dollar. Ce sont des entreprises, des familles, des humains derrière tout ça. Des gens qui travaillent fort, qui investissent temps et énergie pour offrir des services à la population. »

M. Filion estime que les enjeux environnementaux et économiques peuvent cohabiter. « On parle beaucoup de protection de la faune et de l’environnement, et c’est essentiel. Mais il ne faut pas oublier l’humain derrière les projets. Pour certains entrepreneurs, ce type de projet peut éviter des faillites, des situations financières difficiles et même des impacts humains plus lourds. »

Dans ce contexte, la Chambre de commerce ne voit pas la pertinence d’aller plus loin avec un référendum. « On considère que le BAPE a fait son travail. À l’heure actuelle, on ne pense pas qu’un référendum soit nécessaire », conclut-il.

La ville de Baie-Saint-Paul s’est déjà exprimée en faveur de ce projet qui respecte la réglementation municipale. Suite à la tenue des consultations publiques du BAPE, le promoteur a demeuré en communication avec le gouvernement du Québec qui a la responsabilité d’accorder ou non le projet via décret, ainsi que d’inclure des conditions environnementales à respecter. La ville de Baie-Saint-Paul a été rassurée sur ses inquiétudes, lors de ses échanges avec le ministère de l’Environnement et n’entends pas tenir un référendum. 

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François Lessard
François Lessard
13 jours il y a

La demande de référendum fait son chemin et dérange le milieu des affaires.
Il y a bien eu des consultations environnementales avec le BAPE mais il n’y a jamais eu de vote sur l’acceptabilité sociale par la population locale.

Anthoni Barbe
Anthoni Barbe
13 jours il y a

Le secteur éolien est réputé pour ses emplois “fly-in fly-out”, ce qui engendre très peu de retombées locales. La chambre de commerce oublie que le tourisme est le deuxième secteur économique en importance dans Charlevoix et environ 75% des touristes disent venir pour les paysages. Si on industrialise massivement ces paysages, quel impact vous pensez que ça l’aura sur le secteur touristique?

Il est important de rappeler que Charlevoix est une région de la biosphère de l’UNESCO et que les éoliennes vont s’installer dans l’habitat du caribou. Il ne lui reste que 10% de son habitat et on en veut encore plus? La chambre de commerce sera-t-elle satisfaite uniquement quand il aura été poussé à l’extinction? Bel vision de l’équilibre entre l’humain et la nature. La population de Charlevoix n’a jamais donné son accord pour ça.

Dany Janvier
Dany Janvier
12 jours il y a

1. Une Chambre de commerce n’est pas une autorité démocratiquePremière chose à rappeler, parce que c’est fondamental : une chambre de commerce ne représente ni la population, ni le territoire, ni l’intérêt général. Elle représente un sous-groupe précis : des entreprises, souvent une minorité, souvent les mieux positionnées pour profiter des grands projets. 👉 Elle n’a aucune légitimité démocratique pour décider si un référendum est pertinent ou non. Ce n’est pas son rôle, point. Quand une chambre de commerce se prononce contre un référendum, ce qu’elle dit réellement, c’est : « Nous préférons que la population n’ait pas son mot à dire. » 2. Le BAPE n’est pas un feu vert socialL’argument central répété en boucle : « Le BAPE a fait son travail. Le processus a été respecté. » C’est factuellement vrai, mais politiquement trompeur. Le BAPE : n’autorise pas un projet, ne décide de rien, ne donne pas d’acceptabilité sociale. Il produit un rapport consultatif, souvent rempli de réserves, de conditions et de signaux d’alarme. 👉 Dire « le BAPE a fait son travail, donc on passe à autre chose », c’est instrumentaliser le BAPE pour faire taire le débat citoyen. Si le BAPE suffisait à clore toute… Lire la suite »

Dany Janvier
Dany Janvier
12 jours il y a

Une chambre de commerce ne représente pas la population ni l’intérêt général, mais les intérêts économiques de ses membres. Elle peut défendre des projets, mais elle n’a aucune légitimité pour décider si la population doit ou non se prononcer par référendum. Ce n’est pas son rôle. Dire que le BAPE « a fait son travail » ne règle rien. Le BAPE n’autorise pas les projets et ne donne pas d’acceptabilité sociale : il analyse, documente et recommande. Utiliser le BAPE pour fermer le débat citoyen est une déformation de son mandat. Quand un projet transforme durablement un territoire, la question du consentement demeure entière. Les garanties environnementales du promoteur et les promesses de retombées économiques sont des arguments récurrents, mais rarement évalués sur le long terme. Les emplois sont souvent temporaires, les bénéfices concentrés, alors que les impacts, eux, restent. Faire confiance sur parole à un promoteur industriel n’est pas une preuve de rigueur. Si la Chambre de commerce a pour mission de « faire des affaires », elle devrait d’abord se cadrer avec la réalité du milieu dans lequel elle opère. Or, lorsque près de 7 citoyens sur 10 expriment clairement leur opposition à un projet, ignorer cette majorité… Lire la suite »

Thérèse Lamy
Thérèse Lamy
10 jours il y a
Répondre à  Dany Janvier

Ajoutons…la chambre de Commerce devrait consulter l’étude Iris sur les retombées économiques des éoliennes.

Les élus de BSP semblent ne pas se soucier de consulter surl’acceptabilité sociale des citoyens.