Le chef qui n’avait jamais prévu le devenir
Louis Simard amorce la dernière étape de son parcours à la tête du service incendie de Petite-Rivière-Saint-François, qu’il a contribué à bâtir pendant plus de trois décennies.
Après plus de quatre décennies d’engagement au sein de la communauté, dont plus de 30 ans à la tête du service incendie de Petite-Rivière-Saint-Francois, Louis Simard amorce la dernière ligne droite de sa carrière. Une transition réfléchie et assumée, qui mènera au passage du flambeau à Dominique Maltais.
La passation débutera officiellement cette semaine. « À partir de jeudi, on commence officiellement la transition », confirme le chef sortant, qui demeurera en poste jusqu’en mars afin d’accompagner la nouvelle cheffe dans la prise en main du service.
Pompière depuis 2002, Dominique Maltais s’est imposée naturellement comme successeure. « Elle a toutes les compétences et elle vient de la région, C’est quelqu’un que je suis certain qui va continuer le service d’incendie où ce que je l’ai rendu », explique Louis Simard, qui a participé au processus menant à cette décision.
S’il assume son rôle dans la transition, le message est clair : la suite appartiendra entièrement à la nouvelle cheffe. « Ça va devenir son service d’incendie, et je veux que ce soit comme ça », insiste-t-il. « Un service d’incendie, ce n’est jamais terminé. Il y a toujours des choses à ajouter, à améliorer. Mais après, il faut être capable de laisser aller. »
Des débuts à partir de presque rien
L’engagement de Louis Simard au service incendie de Petite-Rivière-Saint-François remonte à 42 ans. Il raconte n’avoir jamais eu l’ambition de devenir chef incendie.
À l’époque, il réside à Clermont, mais possède un commerce à Petite-Rivière-Saint-François. Lorsqu’un incendie survient près de chez lui, l’employé municipal du moment, M. François, pense spontanément à lui. « Allez chercher Louis, il est en sécurité civile à Clermont », aurait-il alors lancé.
C’est ainsi, presque par hasard, que Louis Simard participe à son premier feu dans la municipalité, un point de départ qui marquera le début d’un engagement appelé à durer plusieurs décennies.
Lorsqu’il accède à la direction, les moyens sont limités.
« Quand je suis devenu directeur, on n’avait rien. On n’avait strictement rien. On n’avait pas de costume de pompier. Même les véhicules qu’on avait, ce n’était pas des véhicules d’incendie », raconte ce dernier.
Au fil des années, son parcours est marqué par l’évolution des normes et la professionnalisation du service. Aujourd’hui, la valeur des véhicules atteint à elle seule environ cinq millions de dollars, un développement jugé nécessaire pour couvrir un territoire vaste et accidenté.
Si la gestion des équipements, des budgets et des normes fait partie du quotidien d’un chef pompier, ce sont les opérations sur le terrain qui laissent les marques les plus profondes. « Acheter de l’équipement et suivre les normes, ça se fait bien. Mais les opérations, c’est autre chose. »
S’il refuse d’établir un palmarès des interventions marquantes de sa carrière, Louis Simard reconnaît que certaines ont été particulièrement difficiles à vivre. « On a eu des événements extrêmement difficiles », dit-il simplement.
Dans une petite communauté comme Petite-Rivière-Saint-François, chaque intervention prend une dimension particulière. « Tout le monde se connaît. Quand ce n’est pas un parent, c’est un voisin », rappelle-t-il. « Le côté humain, c’est le plus difficile du métier. »
Une équipe comme pilier
Parmi les éléments dont il est le plus fier, Louis Simard cite sans hésiter les équipes avec lesquelles il a travaillé au fil des ans. « Il faut avoir confiance en ses pompiers. J’ai toujours eu de très belles équipes, des gens fiables, travaillants », affirme-t-il.
Même aujourd’hui, il demeure en contact avec plusieurs anciens membres du service. Cette continuité humaine a, selon lui, grandement contribué à la stabilité et à la progression du service incendie au fil des décennies.

Des plaques ont été remises en 2016 au chef Louis Simard et à Roger Bouchard pour souligner 30 ans de service. Les 20 ans de Louis Ouellet et d’Yves Bouchard avaient été également été signalés.
Même à l’aube de son départ, le service incendie continue d’évoluer. Des investissements sont prévus, notamment pour l’installation de réservoirs d’eau dans les secteurs du Fief et du Massif, afin d’améliorer la couverture incendie.
Deux réservoirs sont commandés et devraient être installés au printemps. « C’est un travail continu. Il y aura toujours des projets à ajouter », rappelle Louis Simard.
Sur la question du regroupement des services incendie, le chef sortant maintient la position adoptée par la municipalité dès le départ. « On ne voyait pas l’utilité pour nous. On a déjà ce qu’il faut pour l’entraide. On est toujours ouverts à collaborer, mais sans fusion », maintient-il.
Prêt à tourner la page
Jusqu’en mars, Louis Simard accompagnera Dominique Maltais dans la transition. Par la suite, il se dit prêt à prendre du recul. « Les derniers événements ont été plus difficiles à absorber. C’est un signe que c’est le temps de laisser la place », confie-t-il.
Il formule un souhait pour l’avenir du service incendie de Petite-Rivière-Saint-François : « Que le service continue de progresser, qu’il ne stagne jamais », répond rapidement l’homme.
L’homme envisage peut-être de continuer à aider après son départ, en effectuant à l’occasion de petites tâches à la caserne.
Avec le sourire et la prudence du vétéran, il s’est toutefois abstenu de nommer un maire favori, disant avoir apprécié la collaboration avec tous.
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