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Géraldine Bouchard, gestionnaire scolaire, une femme impliquée dans son milieu

Par Diane Larouche 11:29 AM - 5 janvier 2026
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Géraldine Bouchard et son mari Noël.

Géraldine Bouchard et son mari Noël.

Le 14 août 1954, les cloches de l’église Saint-Fidèle de Québec sonnent à toute volée pour un mariage double… Géraldine Bouchard et sa sœur Berthe convolent en justes noces, respectivement avec deux frères, Noël et Dominique Bouchard. Géraldine a 31 ans. Noël en a 25. (notre photo principale)

Géraldine, Noël et Dominique sont nés à Petite-Rivière-Saint-François. Berthe est née à Québec. Les deux sœurs, Géraldine et Berthe, sont deux des filles de Edmond Bouchard de Petite-Rivière et de Lucia Dufour de Baie-Saint-Paul. 

Edmond Bouchard et Lucia Dufour.

Les deux frères, Noël et Dominique, sont deux des fils de Hidola et de Élyse Tremblay de Petite-Rivière également. 

La famille d’Hidola et Élyse Tremblay.

Géraldine est née le 8 février 1923 au pied de la côte du Cimetière, sur les terres familiales, dans une maison aujourd’hui démolie. Elle a effectivement été expropriée à cause des risques d’éboulis, mais également pour refaire la côte du cimetière alors trop courte et trop abrupte. Noël est né le 26 décembre 1928, dans le secteur de Maillard.

Lorsque Géraldine a 2 ans, la famille déménage à Arvida où Edmond, son père, a obtenu un emploi à l’usine Alcan. Puis, trois ou quatre ans plus tard, la famille s’établit à Québec puisqu’Edmond y a obtenu un emploi à l’Anglo Pulp, aujourd’hui l’usine Stadacona de Québec, exploitée par Papiers White Birch. Il y travaillera jusqu’à sa retraite.

Noël travaille pour son père sur les terres familiales. C’est lui qui, à la demande de son père, Hidola, a pris la relève. Son frère Andréa est revenu vivre à Petite-Rivière après avoir vécu quelques années à l’extérieur. Il y a acheté des terres. Il n’y a que lui et deux de ses sœurs célibataires, Priscilla et Hélèna, qui sont demeurées à Petite-Rivière jusqu’à leur décès. La société ayant évolué et les métiers traditionnels ayant été peu à peu abandonnés, il fallait s’exiler pour gagner sa vie.

Géraldine aime les études. Elle a terminé une 12e année commerciale à Québec. Elle a la bosse des mathématiques. Avant le mariage, elle fait la comptabilité du commerce Les cretons Coutures dans Limoilou.

Géraldine et Berthe viennent souvent en visite à Petite-Rivière-Saint-François. Elles prennent plaisir à rencontrer des amies de la place et à visiter leurs grands-parents, Toussaint et Marie Bouchard, de même que leur sœur Cécile qui s’y est établie après son mariage en 1950.

C’est d’abord Berthe qui a rencontré Dominique et Noël lors d’une de ces visites. Il semble que son cœur ait d’abord balancé entre les deux… Puis, Géraldine a rencontré Noël alors même qu’elle était chaperon pour sa sœur Berthe. Le destin prend parfois de drôle de détours pour que la magie opère…

Les fréquentations de Géraldine et Noël en 1954.

Après le mariage, Géraldine et Noël se sont établis à Petite-Rivière, dans le village.

Berthe et Dominique se sont établis à Montréal. 

Petite anecdote familiale : les deux sœurs ont eu leur premier enfant à une heure d’intervalle, Berthe à Montréal et Géraldine à l’hôpital Saint-François d’Assise de Québec. 

Dès le mariage, alors qu’il n’est pas coutume qu’une femme travaille à l’extérieur, Géraldine s’implique dans le milieu scolaire et devient secrétaire de la Commission scolaire de Petite-Rivière-Saint-François. À cette époque, chaque village a sa commission scolaire. 

Plusieurs tâches de gestion et de comptabilité lui sont confiées. Le bureau de la Commission scolaire est dans la maison familiale. Il n’y a pas d’heures de bureau. Les gens viennent à n’importe quel moment de la journée et de la semaine pour payer leurs taxes scolaires, souvent après la grand-messe.

Elle engage et paye les professeurs et les Petites Soeurs Franciscaines de Marie qui y enseignent encore. Avec l’aide des commissaires, elle supervise les rénovations de deux écoles, celles de Maillard et de St-Cassien en 1961, et la reconstruction de l’école actuelle du village en 1965. Elle reçoit les soumissions et surveille les coûts de construction. Elle s’occupe également du recensement scolaire.

L’école de Maillard.
L’école actuelle du village, datant de 1979.

Il y a des réunions mensuelles à la maison avec les commissaires élus de Petite-Rivière, tous des hommes évidemment, dont Stanislas Bouchard, Raoul Bouchard, Aimé Simard, Osias Dufour et Paul Bouchard. Dans les années précédentes, on ne tolérait pas la présence d’une femme à cette table et le secrétaire se devait d’être un homme.

Tout au long de ces quatorze années, sans jamais cesser de travailler, Géraldine a cinq enfants. Elle assiste à toutes les réunions des commissaires. Sa présence étant jugée essentielle, l’une des réunions prévues au calendrier a dû être annulée à la dernière minute pour cause d’accouchement à la maison. 

Géraldine a démissionné en 1968 lors de la fusion de toutes les commissions scolaires de la région en une seule, celle de Charlevoix-Ouest. 

Après sa retraite de la Commission scolaire jusqu’au début des années 70, elle est présidente de la Commission des loisirs. Elle fait également les rapports d’impôt de plusieurs personnes du village et, le moment venu, elle œuvre pour le Club de l’âge d’or de la municipalité.

Le terrain du cimetière appartenait au grand-père paternel, Hidola Bouchard, fils de Louis. Au début du siècle, Hidola l’a cédé à la fabrique. En échange, il a obtenu le privilège d’avoir un banc d’église qui lui était réservé à vie.

En 1976, la maison des grands-parents paternels a été démolie parce qu’il y a eu deux éboulis et qu’elle a été remplie de boue. Elle était située devant la maison familiale actuelle.

En 1978, Géraldine est dans la cinquantaine. Avec Noël, ils se font construire une nouvelle maison sur la terre familiale dont ce dernier a hérité. Encore une fois, Géraldine s’occupe de la gestion. Outre la gestion de la construction de la maison, elle gère scrupuleusement les finances de la maisonnée. 

Noël gère tout ce qui concerne la terre. Il bûche tout l’hiver. Il fait du bois de fuseau, de pulpe et de chauffage et le vend une fois par année. Il reçoit donc une paye annuelle… Il a également une petite ferme. La grange existe encore aujourd’hui, mais des démarches ont été entreprises pour la démolir. Elle tombe en ruine.

Louis Bouchard et Marie Tremblay devant la grange.

Aujourd’hui, trois des enfants du couple demeurent encore sur les terres familiales à Petite-Rivière et l’une des filles y perpétue certaines traditions. Le jardin qu’elle y entretient amoureusement avec son conjoint est florissant. 

Géraldine et Noël Bouchard célèbrent leur 40e anniversaire de mariage en 1994.

Géraldine est décédée le 22 mars 2000. Noël est décédé le 16 décembre 2019. Ils reposent aujourd’hui côte à côte au cimetière de Petite-Rivière, endroit qui faisait autrefois partie des terres familiales.

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