Réactions mitigées aux nouvelles règles de chasse au cerf et à l’orignal
Deux cerfs de Virginie photographiés sur les terres de Stéphane Belley. Photo courtoisie
À la suite du dévoilement des nouvelles modalités de chasse par le ministère de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques, plusieurs acteurs du milieu cynégétique réagissent. Guide de chasse et chroniqueur au Charlevoisien, François-Xavier Morin-Thibeault n’est pas surpris par les changements annoncés, mais soulève plusieurs inquiétudes, notamment pour la zone 27 Ouest.
« Il y avait des rumeurs persistantes depuis environ un an concernant une modification de la réglementation pour la zone 27 Ouest, surtout pour le cerf de Virginie. La réglementation qui a été annoncée correspond essentiellement à ce qu’on entendait sur le terrain », explique-t-il.
Parmi les changements notables, une nouvelle période de chasse à l’arc et à l’arbalète est prévue du 3 au 16 octobre, soit environ 15 jours. La chasse à la carabine s’échelonnera quant à elle du 7 au 15 novembre, pour une période de huit jours. Des ajustements qui, selon lui, ne proviennent pas directement des chasseurs.
« Ces demandes-là sont souvent appuyées par l’Union des producteurs agricoles et la Société de l’assurance automobile du Québec. L’objectif est de réduire les collisions routières et les pertes agricoles. Dans Charlevoix, l’enjeu est plus marginal, mais dans plusieurs régions du sud du Québec, c’est une pression importante », précise-t-il.
Un plan plus flexible… mais trop permissif?
Le ministère a également opté pour un plan de gestion sans durée fixe, permettant des ajustements au fil du temps. Une approche qui va dans la bonne direction, selon François-Xavier Morin-Thibeault, mais qui devrait être davantage encadrée.
« Pour le cerf de Virginie, l’idéal, ce sont des plans à court terme : cinq ans, voire quatre ans. L’hiver est le principal prédateur du cerf au Québec. La mortalité peut varier énormément selon la neige, le froid et le verglas. Des plans trop longs limitent notre capacité de réaction », explique-t-il.
Il se montre toutefois critique quant à l’assouplissement appliqué à la zone 27 Ouest, un territoire vaste et très hétérogène qui s’étend de Portneuf à Charlevoix. « On n’a pas les mêmes densités partout. Uniformiser la réglementation sur un territoire aussi large, c’est risqué. »
Une volonté d’uniformisation provinciale
Selon le guide de chasse, le ministère cherche avant tout à simplifier la gestion en uniformisant les périodes à l’échelle provinciale. « On veut réduire les variables. L’arc et l’arbalète en octobre, la carabine en novembre, partout. C’est plus simple à gérer et à comprendre, mais ce n’est pas toujours adapté aux réalités régionales. »
Certaines zones, comme la zone 27 Est et la zone 28 au Lac-Saint-Jean, conservent toutefois des modalités distinctes, notamment avec des périodes spécifiques à l’arc et l’arbalète et au chargement par la bouche.
La Côte-Nord : une décision qui soulève des doutes
L’ouverture d’une nouvelle zone de chasse au cerf de Virginie sur la Côte-Nord, dans la zone 18, laisse également le chroniqueur perplexe. « La population y est très marginale. On parle parfois d’une quinzaine ou d’une vingtaine d’individus par secteur. Ce sont des cerfs très nomades, en milieu forestier, sans grandes zones agricoles. Je ne crois pas que la population est prête pour une chasse structurée à long terme. »
Pour François-Xavier Morin-Thibeault, l’ouverture à la carabine dans certaines zones vise aussi à élargir la base de chasseurs. « La carabine amène un nouveau segment. Ce n’est pas tout le monde qui chasse à l’arc et l’arbalète ou à courte portée. Plus de chasseurs, c’est aussi plus de revenus pour le gouvernement. »
Il craint toutefois que cette permissivité ait un impact sur le cheptel. « Dans Charlevoix, le milieu forestier limite naturellement les possibilités de tir. Ça va peut-être amortir l’impact, mais je demeure préoccupé. On contrôle la population, oui, mais il ne faut pas compromettre la pérennité. »
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Vous dites à chaque changement que c est à la demande des producteurs agricoles… mais c est jamais le cas… c est un ti-clin à cravate qui connais rien à un plan de gestion et qui regarde son fichier Excel en se disant de cette nouvelle manière ont vas aller chercher plus d argent dans les poches des chasseurs sans encore une fois rien injecté et couper encore de ce qui reste dans les gardes chasse
Déjà qu’il y en a qui se sont approprié des secteurs à vie le règlement devrait inclure que ceux qui tue un ou l’autre non pas droit à l’autre races