Projet éolien Des Neiges : une pétition réclame un référendum
Une pétition demandant la tenue d’un référendum sur le projet éolien Des Neiges – Secteur Charlevoix circule actuellement dans la région. À l’origine de la démarche, Anthoni Barbe, consultant en aménagement du territoire spécialisé en régions de montagne, estime que la population n’a jamais été appelée à se prononcer directement sur un projet qui transformera durablement le paysage et l’environnement de Charlevoix.
« En Mauricie, pour des projets comparables, des référendums ont été organisés. La population a pu s’exprimer. Dans Charlevoix, ce droit-là n’a jamais été accordé, alors qu’on parle d’un territoire reconnu par l’UNESCO et d’un enjeu environnemental majeur », affirme-t-il.
« Les audiences du BAPE n’ont pas été entendues »
Si le projet a fait l’objet d’audiences publiques du Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE), Anthoni Barbe soutient que ces consultations ne remplacent pas un exercice démocratique formel. Selon lui, la majorité des interventions déposées lors du processus s’opposaient à l’implantation d’éoliennes dans l’habitat du caribou forestier, une position qui n’aurait pas été prise en compte.
« C’était une ligne rouge clairement exprimée au BAPE : ne pas installer d’éoliennes directement dans l’habitat du caribou de Charlevoix. Cette demande a été ignorée. Les consultations publiques, ce n’est pas un référendum. Un référendum, ça donne une voix égale à tout le monde », soutient-il.
Le décret gouvernemental autorisant le projet prévoit pourtant l’obligation pour les promoteurs de déposer un plan d’action spécifique pour soutenir le rétablissement du caribou forestier. Une mesure que M. Barbe juge insuffisante.
« On autorise la dégradation de l’habitat, la construction de chemins et l’installation d’éoliennes, puis on demande ensuite un plan. On fait les choses à l’envers. Ce plan-là arrivera après que le mal soit fait », affirme-t-il.
Selon le consultant, plus de 90 % de l’habitat du caribou de Charlevoix serait déjà dégradé. Le projet éolien viserait maintenant une partie du territoire encore intact.
« Pourquoi continuer à détruire le 10 % restant? Dans le secteur Charlevoix, une dizaine d’éoliennes seraient directement situées dans l’habitat du caribou. On ne parle pas de tout le parc. Pourquoi ne pas retirer ces éoliennes du projet? », questionne-t-il.
Il rappelle que Charlevoix est reconnue comme Réserve de biosphère de Charlevoix, un statut qui implique des engagements internationaux en matière de protection du patrimoine naturel. « On ne peut pas à la fois se dire gardiens d’un territoire d’exception et accepter de le dégrader de façon irréversible », ajoute-t-il.
Retombées économiques jugées « faméliques »
Anthoni Barbe remet également en question les retombées économiques avancées pour les municipalités concernées, notamment Baie-Saint-Paul.
« On parle de quelques millions de dollars sur 30 ans pour la municipalité. C’est famélique. Ça ne créera pas de richesse durable », affirme-t-il, soutenant que la protection des paysages et de la faune représente un moteur économique bien plus important pour la région.
Il évoque notamment l’impact potentiel sur le tourisme, un secteur clé de l’économie charlevoisienne. « La vue du sommet du Mont-du-Lac-des-Cygnes est utilisée partout pour promouvoir Charlevoix. Remplacer un paysage naturel emblématique par une forêt d’éoliennes, c’est nuire directement à notre image et à notre économie régionale », soutient-il.
La pétition continuera de circuler dans les prochaines semaines avant d’être déposée auprès du ministère de l’Environnement et des administrations municipales concernées. « Notre objectif n’est pas de bloquer le projet à tout prix, mais de permettre à la population de s’exprimer clairement sur un enjeu qui aura des impacts irréversibles », conclut Anthoni Barbe.
La pétition est disponible ici.
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Excellente initiative, la population d’ici ou d’ailleurs peut s’exprimer librement sur cette question d’intérêt public et largement d’intérêt national.
Cessons de regarder uniquement les minimes redevances apportées aux différentes municipalités que peuvent apporter l’implantation de ces parcs éoliens. Saviez-vous que Tourisme Saguenay-Lac-Saint-Jean a commandé une étude en 2022 afin de connaître la valeur économique et sociale de son territoire. Le tout fût chiffré entre 158 et 351 milliards de dollars. Les aspects écologiques, patrimoniaux, sociaux et esthétiques ont été évalués alors que l’exercice avait pour objectif de répondre à plusieurs questions, dont combien valent le fjord du Saguenay, la rivière Péribonka ou encore le lac Saint-Jean. Tourisme Saguenay désirait que la composante du paysage soit prise en compte par les décideurs, notamment dans la mise en place de projets industriels. La directrice de l’époque Julie Dubord, mentionnait la volonté de conservation du pouvoir d’attractivité du territoire et que l’attachement de la population envers ces beaux paysages soient pris en compte dans les prises de décision des partenaires du milieu. Gens de Baie St-Paul et tout autour, à quelle valeur chiffrez-vous le pittoresque de vos paysages de même que les différents impacts et enjeux à l’apport du maintien de l’activité touristique actuel et futur. Avons-nous évalué nos réels besoins énergétiques alors que même l’accueil d’un BAPE générique souvent recommandé est encore… Lire la suite »
Pensons juste à la détérioration de nos forêts et milieux humides qui sont les meilleurs capteurs de CO2. l’action des effets cumulatifs sur la biodiversité de nos habitats fauniques, le débalancement de nos écosystèmes par la détérioration occasionnée par ces parcs souvent installés en milieux humides et en échanges négociées de compensations diverses. Saviez-vous qu’une forêt, en plus de ces milieux humides que l’on retrouve en abondance un peu partout sont les plus grands capteurs et de séquestration de CO2 que nous possédons? Par l’anéantissement accéleré créé par un plus grand nombre de coupes forestières étant souvent, de plus, évolutives en dimension et cette attaque directe aux milieux humides, en plus de perturber et précipiter l’interruption complète du captage de ce CO2, ces actions libèrent dans l’atmosphère une grande partie de celui-ci qui avait déjà été capté et séquestré. Ne cherchez plus l’une des plus importantes causes au problème climatique … L’altération et la destruction de plus en plus massive de ces milieux en sont le meilleur exemple et pour une grande part responsable
Et après ça, tous se demandent ce qui ne va pas … A-t-on vraiment cette volonté de lutte aux changements climatiques? – On délègue à ces promoteurs éoliens et maintenant à ces exploitants forestier, le soin de l’analyse des projets ; leurs experts continueront de clamer que leurs actions ne portent que très peu atteinte à l’effet des changements climatiques. Élargissement des chemins existants, construction de nouveaux, le retrait du couvert végétal, l’effet cumulatif des coupes forestières, etc. Un grand chantier est sur le point de prendre naissance, celui de la conscientisation individuelle nous aidant à porter un regard général sur les évènements environnementaux actuels. Continuons à favoriser la déforestation par nos actions, à mettre un frein au processus de captage de CO2 par l’anéantissement de tous ces milieux écosystémiques, ne pensons juste qu’à l’interception des pluies, au barrage de ruissellement, au système racinaire favorisant l’infiltration et enfin à toute la rétention d’eau établie par un seul arbre debout et vivant. Continuons comme spectateur passif à chercher les raisons de l’assèchement des sols favorisant de plus en plus les incendies de forêt et à observer l’augmentation des crues pluviales qui détruisent tout sur leur passage. De tous les bienfaits accordés… Lire la suite »