Le produit intérieur brut réel a reculé de 0,3 % en octobre, selon Statistique Canada

Par Sammy Hudes, La Presse Canadienne 3:00 PM - 23 décembre 2025
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Des bobines d’acier inoxydable attendent d’être transformées en tôles à Montréal, le jeudi 18 septembre 2025. LA PRESSE CANADIENNE/Christopher Katsarov

L’économie canadienne a ralenti en octobre en raison d’un recul dans le secteur manufacturier, les économistes prévoyant une croissance économique « modérée » jusqu’en 2026 avant une reprise progressive.

Statistique Canada indique mardi que le produit intérieur brut (PIB) réel a légèrement diminué de 0,3 % en octobre.

Ce recul s’explique par une baisse de 0,7 % des industries productrices de biens, le secteur de la fabrication étant le plus touché. Ce dernier a chuté de 1,5 % au cours du mois, selon Statistique Canada.

Les industries de fabrication de biens durables ont reculé de 2,3 % au cours du mois, inversant la croissance de 2,2 % enregistrée en septembre, sous l’effet d’une baisse de 6,9 % dans la fabrication de machines.

La fabrication de produits en bois a chuté de 7,3 %, enregistrant sa plus forte baisse depuis avril 2020. Statistique Canada observe une diminution de 9,0 % dans les scieries et la préservation du bois, reflétant le ralentissement de la production après que le président américain Donald Trump a imposé des droits de douane supplémentaires sur le bois d’œuvre canadien à compter du 14 octobre.

La contraction globale enregistrée en octobre était conforme aux prévisions, précise Marc Ercolao, économiste chez TD, dans une note, ajoutant que le PIB du quatrième trimestre devrait rester « pratiquement stable ».

L’agence indique que ses estimations préliminaires pour novembre font état d’une augmentation de 0,1 % du PIB réel, grâce à la hausse des activités dans les services d’enseignement, dans la construction et dans le transport et l’entreposage.

« Les industries touchées par les droits de douane ont connu certaines tensions en octobre après s’être progressivement redressées au cours des mois précédents », affirme M. Ercolao.

« On s’attend à ce que la croissance économique globale reste modérée au cours des deux prochains trimestres avant de se redresser progressivement à moyen terme. »

L’agence précise que le secteur de l’extraction minière, de l’exploitation en carrière, et de l’extraction de pétrole et de gaz a reculé de 0,6 % en octobre, compensant ainsi la croissance enregistrée en septembre.

Le secteur de la construction a retraité de 0,4 % pour la première fois en six mois, les travaux de génie civil et les autres activités de construction ayant le plus contribué à cette baisse.

La grève du personnel enseignant dans toute la province de l’Alberta, qui a duré plus de trois semaines, a pesé sur l’agrégat du secteur public, contribuant à une baisse de 0,3 % pour cette catégorie en octobre.

Un taux directeur stable

« L’économie canadienne a recommencé à connaître des difficultés au début du quatrième trimestre », écrit mardi Andrew Grantham, économiste principal à la CIBC, dans une note.

M. Grantham souligne que les données du PIB indiquaient probablement une légère contraction annualisée de 0,5 % pour le quatrième trimestre, « signalant un ralentissement supplémentaire de l’économie, ce qui freinera les paris sur une hausse des taux d’intérêt en 2026 ».

« Les données d’aujourd’hui ne modifient en rien notre prévision selon laquelle le taux directeur de la Banque du Canada restera stable à son niveau actuel dans un avenir prévisible », ajoute-t-il.

La banque centrale a maintenu son taux directeur à 2,25 % au début du mois, et les économistes s’attendent à ce qu’il reste inchangé pendant une grande partie de l’année prochaine. Le gouverneur de la Banque du Canada, Tiff Macklem, a affirmé que l’économie s’était montrée résiliente tout au long de l’année écoulée et que le taux directeur se situait au niveau nécessaire pour équilibrer l’inflation et la croissance économique.

Le maintien du taux inchangé mettrait fin à la tendance à la baisse amorcée en juin 2024, qui visait à le ramener de 5 % à son niveau actuel, y compris une réduction d’un point de pourcentage cette année.

L’économiste de la Banque Royale, Abbey Xu, souligne que la demande intérieure dans l’économie « semble être sur des bases plus solides » malgré l’incertitude persistante liée au commerce qui pèse sur les secteurs orientés vers l’exportation.

« Mais la situation semble se stabiliser plutôt que s’effondrer », indique-t-elle dans une note.

« Les données d’octobre ont également été influencées par une poignée de facteurs ponctuels qui devraient se résorber, renforçant l’idée que le ralentissement observé en octobre ne laisse pas présager une détérioration plus générale. »

– Avec des informations de Ritika Dubey

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