Le paradoxe : « Lequel arriva en premier, l’œuf ou la poule ? » remonte à bien longtemps. Le philosophe Aristote y a même réfléchi, il y a plus de 2000 ans. La réponse scientifique fut trouvée le 6 novembre 2024 par des chercheurs de l’université de Genève. La réponse se trouve au bas de cette chronique. Mais avant d’y arriver, quelques mots sur les œufs pondus par nos oiseaux.
L’oiseau se reproduit en pondant un œuf. Ces œufs sont fort différents selon les espèces et démontrent toute l’évolution dont la nature est capable.
Voici donc quelques faits sur ce sujet un peu négligé et méconnu dans le monde de l’observation des oiseaux.
Débutons par le temps requis pour produire un œuf, à la suite de l’accouplement ? Chez l’humain, c’est 9 mois…. Chez l’oiseau, c’est 5 à 7 jours. C’est rapide. Les femelles pondent généralement un œuf par jour.
Les œufs ne sont pas tous blancs, bien au contraire. Une des adaptations les plus notables est la couleur qui varie selon le climat. Ainsi, les oiseaux qui pondent dans un climat froid vont pondre des œufs de couleur beaucoup plus foncée que les espèces qui pondent sous un climat chaud. La couleur sombre d’un œuf lui permet de retenir plus facilement la chaleur, alors qu’un œuf blanc absorbera moins de chaleur. La couleur joue aussi un rôle de camouflage pour plusieurs espèces dont le nid est exposé aux prédateurs.

La coquille des œufs pondus en climat froid est plus épaisse que celle des œufs pondus dans les climats tropicaux. Cela contribue à améliorer la rétention de chaleur. Les oiseaux migrateurs du Québec nous arrivent souvent en avril et au début du mois de mai. La température peut varier grandement en ce début de printemps. Une coquille plus épaisse protège mieux les embryions. Les parents adaptent aussi leur temps d’incubation en fonction de la température.

Le choix du nid joue un rôle critique dans le taux de survie des embryons. Une cavité d’arbre bien protégée des vents dominants et de la pluie est recherchée. De la même façon, des bosquets denses procurent une protection similaire. Les nichoirs constituent des sites de nidification idéaux pour plusieurs espèces, à la condition qu’ils soient orientés vers le Sud-Est, ce qui assure une température plus constante pour les œufs.
Plusieurs espèces d’oiseaux de mer vont plutôt nicher sur le bord d’une falaise, à même le sol. On pense aux colonies de macareux, guillemots, pétrels. Les sites choisis les protègent les prédateurs, et permettent un accès rapide aux sources de nourriture. Mais comment s’assurer que les œufs ne vont pas tout simplement rouler en dehors du nid ? Eh bien, la nature s’est adaptée. Ainsi, la forme des œufs qui sont pondus sur une corniche est piriforme, ce qui signifie qu’ils ont la forme d’une poire. Ainsi, ils ne roulent pas, mais pivotent sur eux-mêmes, demeurant dans le nid. Cela limite les risques que l’œuf ne roule vers le vide lorsque les parents arrivent ou quittent le nid pendant la couvaison. Il existe quatre formes d’œufs : ovale, ovale pointu, elliptique et piriforme. Chaque espèce a survécu grâce à une forme d’œufs adaptée à leur environnement de nidification.

Pour ce qui est du nombre d’œufs qu’une femelle peut pondre, cela varie beaucoup. Une perdrix grise peut pondre jusqu’à 20 œufs, alors que plusieurs oiseaux marins, tel le fou de bassan, n’en pondent qu’un seul. Nos oiseaux de jardin pondent souvent environ 4 à 6 œufs.
Au niveau de la grosseur de l’œuf, il y a évidemment un lien avec la taille de la femelle. L’œuf le plus petit est celui du colibri et ne pèse que 5 g, alors que l’œuf du cygne trompette fait 350 g. Les petits oiseaux pondent généralement des œufs qui sont, proportionnellement à leur poids, plus importants que les gros oiseaux. Pour le troglodyte, l’œuf représente 13% de son poids total. Chez l’humain, on imagine mal un bébé pesant 13% du poids de sa mère… Heureusement pour la survie de notre espèce…
Finalement, qui est arrivé en premier : l’œuf ou l’oiseau ?
La réponse est l’œuf. Les dinosaures théropodes (dont les oviraptorosaures) pondaient des œufs très similaires aux œufs d’oiseaux. Des transformations génétiques ont graduellement produit les oiseaux sous leur forme actuelle, au cours de 150 millions d’années. Ainsi, les fossiles d’Archæoptéryx démontrent que le dinosaure s’est graduellement transformé en oiseau, avec des ailes et des plumes. Voilà.
Vous me poserez sûrement par courriel la question : Dans ce cas, qui est arrivé en premier : le dinosaure ou l’œuf ? La réponse : l’œuf. Le dinosaure descend de l’œuf des reptiles. Ça remonte à longtemps….
Bonnes observations.
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Merci de ces explications Michel!