Début de saison : prudence en motoneige

Par Félix Côté 5:00 AM - 12 décembre 2025
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Les 10 à 15 centimètres tombés mercredi matin dans Charlevoix font enfin blanchir le paysage, au grand plaisir des motoneigistes. Mais pour la Fédération des clubs de motoneigistes du Québec (FCMQ), l’heure n’est pas encore à l’optimisme débridé.

Le directeur général, Stéphane Desroches, rappelle que le réseau demeure loin d’être prêt.

« On est heureux de voir ce beau tapis blanc qui est en train de s’installer. Mais en cette date du 11 décembre, il faut être très indulgents parce que ce ne sont pas encore des conditions optimales », explique-t-il. « On est dans un début, début, début de saison. Dans certains secteurs, il manque encore beaucoup de neige. Des fois, ça peut prendre deux tempêtes supplémentaires. On peut avoir besoin de deux à trois pieds de neige. »

Un changement majeur dans la cartographie des sentiers

Cette saison marque un virage important dans la façon de présenter l’état des sentiers. La FCMQ a retiré les « conditions de sentier » (ouvert, jaune, vert) qui causaient une confusion considérable l’an dernier.

« Ça ne se parlait pas entre les équipes chargées de mettre les conditions à jour et les clubs qui ouvrent officiellement les sentiers. Beaucoup de motoneigistes ne comprenaient pas ce qui se passait », dit-il. Le résultat : certains croyaient que des sentiers étaient ouverts alors que les surfaceuses n’y étaient pas passées.

Cette année, la logique est simplifiée :

  • Le club ouvre un tronçon seulement lorsqu’il est conforme à la loi et à la signalisation.
  • Ensuite, l’état du surfaçage s’affiche.
  • Et grande nouveauté : la position de la surfaceuse est maintenant indiquée en temps réel.

« On voulait indiquer où était la surfaceuse pour avertir les motoneigistes : ralentis, adapte ta conduite, elle peut être devant toi. On veut minimiser les incidents pour des raisons de sécurité. »

Interrogé sur les attentes pour la saison, Stéphane Desroches reste prudent. « Chez nous, le miracle, c’est la neige. Si on a de la neige et du froid, les clubs bénévoles vont être capables d’offrir de belles conditions. Le secret, c’est l’or blanc », lance-t-il.

Il en appelle surtout à la responsabilité des motoneigistes, particulièrement en début de saison. « Il faut rester en sentier. Ne pas aller sur les cours d’eau. Malheureusement, souvent, c’est plus local : les gens pensent connaître l’endroit, mais ça ne gèle plus comme avant. Il faut s’ajuster selon les conditions. Le peu de neige n’est pas optimal. »

Charlevoix : une destination phare qui demande beaucoup de neige

Le directeur général ne cache pas son admiration pour la région. « Charlevoix, c’est un des endroits avec les plus beaux paysages. Voir le bord du fleuve en motoneige, c’est époustouflant. Ce sont de grands sentiers, très larges. Les clubs font des miracles. »

Il souligne particulièrement le travail du Club de motoneige des Aventuriers et du Club du Sapin d’or. « Avec sa nouvelle équipe, ils nous impressionnent présentement. Ça donne le goût de renouveler un club bénévole. Charlevoix va toujours rester ancrée dans le cœur des motoneigistes », poursuit M. Desroches. La clientèle touristique européenne continuerait d’ailleurs d’affluer.

Réforme du régime forestier : l’harmonisation en danger

La FCMQ demeure préoccupée par la capacité des instances gouvernementales à maintenir l’harmonisation entre foresterie et motoneige, essentielle pour éviter les conflits sur le terrain.

« Par manque d’effectifs dans les ministères, on a une crainte. Ces harmonisations-là sont hyper importantes. Souvent, ce sont des discussions entre industriels et clubs locaux. Ils se connaissent. Ils peuvent prévoir les enjeux de sécurité. »

Il espère que le gouvernement préservera ces mécanismes.

Bénévoles et droits de passage

En fin d’entrevue, Stéphane Desroches insiste sur l’importance capitale des bénévoles et des droits de passage. « Un gros merci à nos bénévoles. Un gros merci à nos droits de passage. On a près de 50 % du réseau sur des terres publiques, 50 % sur des terres privées, et au-delà de 37 % chez nos agriculteurs. Sans eux, le réseau ne serait pas là. »

Les comportements délinquants restent un enjeu.

« Souvent, ce n’est pas facile avec des petits aventuriers qui ne respectent pas. C’est pour ça qu’on a des agents de clubs, provinciaux, la SQ… Mais s’il vous plaît : sans nos propriétaires, on n’aurait pas ce réseau-là », martèle M. Desroches.

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Bernard Garand
Bernard Garand
2 mois il y a

Savoir que,C un privilège de circuler sur des terrains privés,alors soyez respectueux de l’environnement et profité de cette belle Nature en sachant que C un droit fragile ..qui peu basculer rapidement si certains son délinquants,bonne saison en prudence et bravo aux Aventuriers / Sapin d’or pour votre engagement..