Les municipalités unies contre la violence faite aux femmes
Une pétition signée à l'unanimité unie les municipalités pour aider les victimes
Lors des 12 jours d’action contre la violence faite aux femmes, cinq organismes de Charlevoix ont sillonné le territoire afin de rencontrer directement la population, notamment dans les milieux les plus reculés. Cette tournée visait à sensibiliser les citoyennes et les citoyens aux enjeux de violence conjugale, mais aussi à assurer une meilleure accessibilité aux ressources. Au fil des rencontres, les organismes ont obtenu l’appui des municipalités, qui ont signé à l’unanimité une pétition symbolique pour devenir partenaires et alliées dans la lutte contre la violence conjugale.
Les organismes souhaitent responsabiliser l’ensemble de la population et renforcer la compréhension des réalités liées à la violence et au contrôle coercitif. « La signature unanime des municipalités est désormais un acquis pour rendre les ressources plus accessibles, surtout dans les milieux éloignés pour aider les victimes qui se sentent isolées », explique Geneviève Boily, responsable de l’intervention au Centre d’aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel (CALACS) de Charlevoix.
La prochaine étape consiste à instaurer un environnement sécuritaire pour les victimes dans chaque municipalité. Les organismes proposent que les employés municipaux deviennent des ressources pivots, capables d’orienter et d’accompagner les personnes en détresse. « L’accessibilité est une barrière pour les victimes, on veut être visible dans les municipalités. Les hôtels de ville devraient être des zones sécuritaires pour la recherche d’aide et d’accompagnements des victimes de violences ou de contrôle coercitif. Des autocollants et les pamphlets des organismes y seront aussi disponibles », précise Mme Boily.
La peur de dénoncer
La violence conjugale demeure un phénomène complexe où le contrôle coercitif occupe une place centrale. « Synonyme de violence conjugale, le contrôle coercitif englobe l’ensemble des comportements et stratégies qui créent de l’oppression », expliquait Isabelle Caron, directrice générale de la Maison La Montée, le 27 novembre dernier. Longtemps perçue uniquement comme physique, la violence conjugale renvoie en réalité à une multitude de comportements visant à contrôler une personne et à restreindre sa liberté en modulant son quotidien. « Il est important de prendre conscience des nombreuses stratégies qui gravitent autour du contexte de violence conjugale et qui augmentent les risques de féminicides », ajoute l’intervenante du CALACS.

Les plus récentes statistiques de l’Institut national de santé publique du Québec révèlent que la majorité des victimes ne dénoncent pas les actes de violence, et encore moins ne portent plainte. Plusieurs facteurs expliquent ce silence, notamment la peur de ne pas être crue, la honte, la crainte du jugement, la peur de perdre le soutien de l’entourage, la peur de représailles ou encore le désir de protéger les proches et de « ne pas briser la famille ».
« Il faut absolument réussir à surmonter ces barrières », martèle Geneviève Boily. Selon elle, la manière d’accueillir les victimes joue un rôle déterminant dans leur démarche. « L’écoute et la prise en charge commencent par une prise de conscience collective de ces peurs », poursuit-elle.
Elle souligne également que, trop souvent, la crainte de ne pas être crue s’accentue après une mauvaise expérience dans le système. « En plus le système de justice n’est pas avantageux pour les victimes. Le fardeau de la preuve hors de tout doute raisonnable doit être fait. Donc, si la population soutient avant tout les victimes, on aura déjà fait un bout de chemin », conclut Geneviève Boily.
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