L’Envol dénonce un recul en 2025
Avec le vieillissement de la population de plus en plus de personne vivent de l'isolement à la perte de mobilité
L’organisme L’Envol de Charlevoix, qui vient en aide aux personnes vivant avec des limitations physiques et une mobilité réduite, a profité de la fin d’année pour faire le bilan de ses activités en 2025 et exposer les enjeux majeurs qui persistent pour 2026. Malgré le maintien des services de base, l’organisation a dû s’adapter à plusieurs réalités nouvelles au cours des derniers mois.
À l’automne, L’Envol a notamment réaménagé certaines de ses activités hebdomadaires afin d’offrir ce que la directrice générale, Sylvie Breton, appelle des « activités alternatives ». « On a un peu réaménagé nos activités dans la semaine pour permettre des activités alternatives. On peut aller dans les CHSLD où il y a beaucoup de gens qui ont des limitations physiques qui restent là parce qu’il n’y a pas d’autres endroits où ils peuvent s’habiter. On fait des activités dans ce milieu-là », explique-t-elle. Jeux de société, discussions et soutien moral figurent au cœur de ces interventions. « On n’appelle pas ça du soutien à domicile, mais au moins c’est briser l’isolement, aller faire des petites activités avec ces personnes-là », ajoute Mme Breton.
Un recul en 2025 pour les personnes handicapées
Toutefois, le bilan 2025 laisse un goût amer à l’organisme. L’Envol constate une régression marquée pour les personnes vivant avec des limitations physiques, notamment en raison de la suspension de programmes essentiels. « En 2025, on trouve que ça a quand même régressé au niveau des personnes avec des limitations physiques, puisque nous, c’est notre mission », déplore Sylvie Breton.
Le programme d’adaptation de domicile est sur pause depuis près d’un an. « Ça, c’est dommage, parce que ça empêche les gens de retourner à leur domicile ou même d’y habiter. Ça fait que les gens sont des fois institutionnalisés à cause de ce manque-là », explique-t-elle. Le programme pour les petits établissements accessibles, qui permet de soutenir financièrement les commerces, est lui aussi suspendu. « Je trouve qu’en 2025, on régresse un peu au niveau des personnes handicapées. Je ne comprends pas, pourtant c’est encore une partie de la société, malheureusement, qui est encore beaucoup discriminée », ajoute la directrice.
Dans un contexte de population vieillissante, la situation lui apparaît d’autant plus incohérente. « Il y a eu des coupures. Je ne comprends pas, parce qu’en même temps la population vieillissante augmente, donc des gens qui ont des limitations physiques, il y en a de plus en plus », souligne-t-elle.
L’accessibilité et le transport : des obstacles persistants
L’accessibilité des lieux publics demeure un enjeu majeur dans la région. « Je pense qu’au niveau de l’accessibilité des endroits publics, il y a encore un gros travail à faire. C’est pour ça qu’on a embauché quelqu’un l’année dernière pour faire de la sensibilisation et de la promotion », explique Sylvie Breton, précisant que bien souvent, ce n’est pas de la mauvaise volonté. « Des fois, les gens n’y pensent pas. Si on ne le vit pas, on oublie. »
Le transport adapté représente aussi un frein important à la participation sociale. « Le transport adapté, malheureusement, il a ses limites aussi. Il n’est pas là le soir, les fins de semaine. C’est toujours compliqué. Tu veux aller au restaurant ou au magasin, des fois tu as vraiment des obstacles », décrit-elle. À force de faire face à ces contraintes, certaines personnes choisissent de rester à la maison. « À force de te faire fermer des portes et d’avoir des obstacles, tu finis par être un peu tanné et blasé », confie Mme Breton.
Une mission qui se poursuit en 2026
Pour la prochaine année, L’Envol entend poursuivre sa mission de défense des droits et de soutien au quotidien. « Pour 2026, on va continuer notre mission. On va continuer de défendre les droits, surtout de briser l’isolement, et continuer à faire des activités et offrir des services pour aider les gens au quotidien », affirme la directrice. L’organisme souhaite aussi continuer d’accompagner les familles qui soutiennent ces personnes au quotidien.
Sylvie Breton déplore toutefois un manque d’humanité dans certaines décisions gouvernementales. « Oui, c’est sûr qu’il y a un manque d’humanité. On n’a pas trop compris. C’est vraiment dommage pour une des parties de la population qui est la plus démunie. Souvent, ils n’ont pas de lobby pour se défendre », estime-t-elle. Les personnes handicapées manifestent rarement pour leurs droits, rappelle-t-elle. « Ce ne sont pas ces gens-là qui vont aller manifester. Ils ne crient pas fort. »
Malgré les obstacles, l’organisme demeure fier de son travail. « Oui, notre organisme continue d’être important même après tant d’années. On est fiers de ce qu’on fait », souligne Sylvie Breton. Le conseil d’administration compte d’ailleurs quatre personnes sur sept vivant elles-mêmes avec des limitations physiques. « Elles sont en mesure de bien comprendre, parce qu’elles vivent cette réalité au quotidien. C’est pour ça qu’on est toujours centré sur les gens. Le côté humain, c’est important », conclut-elle.
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