Éric Marinoff dénonce la réforme syndicale
Éric Marinoff, président du Syndicat des travailleurs du papier de Clermont
Le président du Syndicat des travailleurs de papier de Clermont monte aux barricades contre le projet de loi présenté par le ministre du Travail, Jean Boulet. Éric Marinoff invite d’ailleurs les travailleurs à participer à la manifestation qui aura lieu samedi à Québec. Il affirme que les propositions du gouvernement condamneront les petits syndicats à la fermeture et accuse Québec d’être « propatronal ».
L’une des mesures phares de la réforme syndicale réside dans l’obligation pour les syndicats de présenter des états financiers révisés par un comptable licencié. Selon M. Marinoff, certains petits syndicats représentant, par exemple, une dizaine d’employés pourraient être mis en péril financièrement. « L’obligation de payer un comptable pour obtenir le sceau obligatoire pourrait forcer les petits syndicats à fermer, parce que la facture va gruger les derniers moyens qui leur restent pour leurs membres », affirme-t-il.
Éric Marinoff reconnaît que les états financiers des petits syndicats coûtent généralement moins cher que ceux de plus grandes organisations. Toutefois, il soutient que les syndicats disposent déjà de mécanismes internes adéquats. « On fait déjà notre comptabilité à l’interne et on a aussi des comités de surveillance qui s’assurent de la bonne gestion des fonds cotisés par nos membres », précise le président.
« Actuellement, le gouvernement essaie de nous affaiblir pour nuire à notre droit de grève en nous coupant les vivres », soutient-il.
Cotisation optionnelle
La cotisation syndicale optionnelle a été présentée par le gouvernement comme une mesure démocratique offerte aux membres. « Les membres peuvent retirer leur cotisation s’ils sont en désaccord avec la position de leur syndicat. C’est une façon de donner aux travailleurs et travailleuses la capacité de s’exprimer et d’influencer la façon dont les cotisations sont utilisées », avait déclaré M. Boulet à l’Assemblée nationale le 30 octobre dernier.
« C’est une autre façon de faire croire qu’on n’est pas assez efficaces à l’interne », réplique Éric Marinoff. « Nos syndicats sont très démocratiques et les membres sont les seuls à pouvoir influencer la façon dont leur cotisation est utilisée. Ils ont droit à leur opinion, et ils sont invités à la formuler lors de chaque assemblée », conclut-il.
Horizon
Horizon, des contenus marketing présentés par et pour nos annonceurs.