Difficile d’avoir accès à un médecin spécialiste, déplore le vérificateur général

Par Caroline Plante, La Presse Canadienne 12:30 PM - 27 novembre 2025
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Le vérificateur général par intérim, Alain Fortin, présente son rapport lors d'une conférence de presse à l'Assemblée nationale le 22 mai 2025. LA PRESSE CANADIENNE/Jacques Boissinot

Il est difficile au Québec d’obtenir une première consultation avec un médecin spécialiste, déplore le vérificateur général par intérim, Alain Fortin.

Dans son rapport déposé à l’Assemblée nationale jeudi, M. Fortin souligne que bien que les problèmes soient « connus depuis plusieurs années », le déploiement de mesures pour améliorer la situation est « lent ».

Dans 10 spécialités auditées, 71 % des demandes de consultation de priorité C, et 77 % de celles en priorité D, sont hors délais. Une priorité C est, par exemple, une épilepsie non contrôlée, et une priorité D, de l’arthrose invalidante ou des otites à répétition. 

Le problème serait particulièrement criant en physiatrie à Montréal et en Montérégie, selon le VG. Les physiatres traitent les affections musculo-squelettiques et neurologiques.

Dans ces deux régions, les patients inscrits sur les listes d’attente des centres de répartition des demandes de services attendent en moyenne depuis plus de 600 jours et 800 jours respectivement.   

Autre exemple : en ophtalmologie, sur la Côte-Nord, le délai d’attente moyen est supérieur à 500 jours pour les demandes de consultation de priorités C et D, souligne le vérificateur.  

Selon un sondage réalisé en 2025 par le Collège des médecins, plus d’un Québécois sur quatre aurait consulté un médecin au privé au cours des 12 mois précédant le sondage en raison des difficultés à obtenir un rendez-vous au public.

Équilibre budgétaire : le VG s’inquiète pour les services

Le retour à l’équilibre budgétaire d’ici 2029-2030 s’annonce ardu et les services risquent d’en pâtir, prévient M. Fortin. Il note dans un premier temps que le plan du ministre des Finances est incomplet.

Les mesures à prendre pour réaliser plus de la moitié des économies envisagées dans ce plan ne sont pas déterminées.

En outre, « il n’y a pas d’analyses de soutenabilité portant sur la capacité du gouvernement d’assurer le financement à long terme du niveau actuel des services à la population sans accroître le fardeau fiscal ou le poids de la dette », écrit-il. 

Et, à l’heure actuelle, « les coûts de reconduction relatifs au financement des activités du réseau de la santé ne considèrent pas l’ensemble des sommes nécessaires au maintien du niveau de services ».

Mauvaise utilisation de cartes de crédit ?

Le vérificateur général s’est par ailleurs penché sur l’utilisation des cartes de crédit dans cinq ministères et organismes. Il a découvert plusieurs achats pour lesquels le motif n’était pas documenté. 

Par exemple, au Centre de services scolaire du Chemin-du-Roy, on s’est payé une coupe de cheveux (35 $), 21 pendentifs (159 $), 227 savons artisanaux (1024 $) et des services vétérinaires (152 $).

Au ministère de la Sécurité publique, on a utilisé la carte de crédit de l’employeur pour des soins dentaires (928 $), ainsi que pour des vêtements et des souliers (1487 $).

Chez Investissement Québec, on a acheté 40 reproductions sur bois d’une artiste québécoise (1346 $).

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