Les organismes La Maison La Montée, le CALACS de Charlevoix, le Centre des femmes de Charlevoix et le Centre-Femmes aux Plurielles invitent la population à se mobiliser afin de briser le silence entourant la violence faite aux femmes. Ce midi, deux rassemblements ont eu lieu à Baie-Saint-Paul et à La Malbaie pour sensibiliser la population aux féminicides. D’autres actions se déroulent du 25 novembre au 6 décembre.
« On se rassemble ici à chaque mois parce que, depuis le début de l’année, il y a eu un féminicide à chaque mois », explique Frédérique Bouchard, intervenante au Centre-Femmes aux Plurielles. Elle invite tout le monde à dénoncer ces actes. « On veut que les femmes voient que les ressources existent pour éviter que les féminicides arrivent. D’ailleurs, on souhaite aussi avoir plus de ressources pour les aider, puisqu’elles sont nombreuses », ajoute-t-elle, soulignant qu’il reste encore du chemin à faire même si elle sent que la situation est désormais prise au sérieux.
12 jours d’actions
Un comité se déplace actuellement dans Charlevoix, de municipalité en municipalité, afin de militer sur le terrain et d’inciter les élus locaux à défendre les femmes victimes de violence. « L’activité Charlevoix sans violence permet aussi de distribuer les rubans blancs, qui symbolisent la lutte contre la violence faite aux femmes, en hommage aux victimes de la tragédie de Polytechnique. Tous les maires ont signé l’action », indique Sophie Fortier-Mallette, coordonnatrice du CALACS de Charlevoix. Elle estime que ces actions militantes sur le terrain permettent de rejoindre davantage de personnes et d’avoir un meilleur impact sur la sensibilisation. « On souhaite être partout, on ne néglige aucun endroit », insiste-t-elle.

Elle rappelle aussi des enjeux propres aux milieux ruraux. « Dans nos municipalités, l’isolement est plus présent. Certaines femmes sont parfois empêchées de se déplacer et, sans véhicule, elles n’ont pas d’autres options. Au niveau linguistique aussi, c’est un défi grandissant avec l’immigration. Cette année, au CALACS, on veut rendre l’ensemble de nos outils disponibles en français, anglais, espagnol et arabe. »
Le contrôle coercitif
« Synonyme de violence conjugale, le contrôle coercitif englobe l’ensemble des comportements et stratégies qui créent de l’oppression », précise Isabelle Caron, directrice générale de la Maison La Montée. Elle rappelle que la violence conjugale a longtemps été associée uniquement à la violence physique, alors qu’il s’agit en réalité d’un ensemble d’actions visant à contrôler la victime et à restreindre sa liberté en régulant son quotidien.
La surveillance, l’instrumentalisation des enfants — même après une séparation —, l’utilisation de la technologie, le contrôle des finances, de l’horaire, l’isolement social ou l’accès limité à des soins de santé figurent parmi les situations qu’elle observe régulièrement. « Ça peut aller très loin, et on en voit de toutes sortes », dit-elle.

Elle reconnaît que la violence conjugale peut aussi toucher des hommes, « mais dans 100 % des meurtres commis dans un contexte de violence conjugale, la femme est la victime et l’homme est l’agresseur », souligne-t-elle. Elle rappelle l’importance d’être vigilant et de former les acteurs du système judiciaire pour détecter la présence de contrôle coercitif et ainsi prévenir les féminicides, protéger les victimes et intervenir auprès des auteurs.
Mme Caron souhaite également que les instances portent attention à la banalisation persistante du contrôle coercitif dans l’espace public. « Dans les séries, à la télévision, ou même lorsqu’on tente d’expliquer ou de justifier certains comportements qui dépassent les limites. Il n’y a pas d’excuse au contrôle coercitif », martèle-t-elle, rappelant que des ressources sont disponibles.
Les personnes inquiètes pour elles-mêmes ou pour une proche peuvent contacter les ressources locales ou SOS Violence conjugale, disponible en tout temps au 1 800 363-9010.
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