Les médecins pressent la députée Bourassa d’agir

Par Dave Kidd 8:59 AM - 22 novembre 2025
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L'urgence de l'hôpital de Baie-Saint-Paul

Les médecins ont exposé ces faits à la députée Kariane Bourassa il y quelques jours.

Ils lui demandent si « elle a vraiment le bien-être de sa population à cœur » de prendre position pour la suspension de la loi 2.

« Elle a dit haut et fort être là pour les citoyens et non pour le gouvernement », mentionne Dr Alexandre Laurin. « On lui a demandé de porter notre voix au gouvernement. « Pour elle, et c’était bien clair, c’est la santé de la population qui était mise de l’avant pas la loi 2. On s’attend à ce que ça monte plus haut et qu’il y ait quelque chose », dit-il.

Les médecins croient qu’une pause est nécessaire pour prendre le temps de refaire un plan de match.

Dr Maxime Blais, qui œuvre à l’urgence, croit que les députés n’ont pas tout eu le temps de bien comprendre la loi adoptée à toute vitesse. « C’est un manque de reconnaissance alors qu’on se rend presque malade à donner le service. Ça ne me tente, mais vraiment pas de passer de 5 à 3 médecins à l’urgence », soutient-il.

Dre Karina Rollin a profité de l’occasion pour mentionner que les retards en équipement ne se passent pas qu’ailleurs. « Il faut encore envoyer des fax qui se perdent au final. Le système accuse des retards en informatique. On perd du matériel. On peut-tu se mettre à jour et gagner en efficacité », plaide la chirurgienne.

Son collègue Tristan Laplante-Paquin estime que les médecins «possèdent les solutions », mais que présentement Québec a plutôt chois de fragiliser le système. « Les démissions annoncées ne sont que la pointe de l’iceberg et ne sont surtout pas des paroles en l’air. On attend tous ce qui va se passer. Mais déjà deux médecins ont quitté. On pourrait bien se retrouver 2 ou 3 à travailler à l’urgence cet été. Je ne sais même pas moi-même si j’y serai », dit-il.

Les scénarios de fermeture des urgences des hôpitaux reviennent donc des possibilités. « C’est catastrophique », ajoute-t-il.

« Si Mme Bourassa a à cœur le bien-être de sa population tel qu’elle le dit, qu’elle soit d’accord avec la théorie de la loi derrière ou qu’elle se fasse convaincre par le ministre que c’est une bonne chose et que nous nous sommes dans les patates, elle n’a pas le choix de reconnaitre la réalité concrète des choses. C’est-à-dire que les démissions nous pendent au bout du nez sont concrètes et réelles et que l’on commence à voir le problème dans son ampleur », soutient le médecin.

Dre Marie-Ève Côté rappelle que la loi 2 « n’amènera rien. Rien, rien , rien dans l’amélioration de l’accès aux services. C’est plutôt une détérioration historique et catastrophique qu’on subira. La population doit le savoir tout comme l’inscription de tout le monde à un GMF ne garantit pas un rendez-vous et encore moins un médecin. Tout ca c’est de la poudre aux yeux. Ce dont on a besoin c’est plus de médecins et plus de bras et plus de personnel », termine-t-elle.

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Anne Jean
Anne Jean
22 jours il y a

Une pause s’impose et si des solutions existent mettez les de l’avant. Durant ce temps tout se perd et rien ne se crée.