Charlevoix poursuit sa montée immobilière

Par Félix Côté 3:30 AM - 20 novembre 2025
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Crédit | Paul-Philippe Nadeau

Le Mont Grand-Fonds tiendra des activités à son sommet.

Le marché immobilier récréatif du Québec a continué de démontrer une résilience remarquable en 2025. Selon le Rapport 2025 de Royal LePage sur les propriétés récréatives d’hiver, les secteurs situés près des sommets skiables connaissent une croissance soutenue, portée par une demande toujours robuste et un engouement renouvelé pour les destinations locales.

À l’échelle provinciale, le prix médian d’une maison unifamiliale détachée dans les marchés récréatifs d’hiver a augmenté de 3,6 % au cours des neuf premiers mois de l’année, atteignant 566 300 $. Huit des dix marchés analysés affichent une hausse, malgré un contexte économique encore volatil. Les transactions, elles, ont bondi de 17,3 %, confirmant un regain d’activité marqué.

Au-delà des moyennes provinciales, Charlevoix raconte sa propre histoire immobilière : celle d’un territoire où montagnes et villages sculptent non seulement le paysage, mais aussi le marché. Deux versants, deux dynamiques, une seule direction : la croissance.

Massif de Charlevoix : la montée continue

Sur le flanc ouest, de Baie-Saint-Paul jusqu’aux caps de Petite-Rivière-Saint-François, l’immobilier poursuit son ascension tranquille. Le prix médian des unifamiliales avoisine désormais les 347 500 $, une avancée de 6,1 %, portée par un regain d’intérêt tangible : les ventes y ont bondi de 11,8 %.

Le Massif attire une clientèle qui cherche à conjuguer nature et proximité urbaine. Beaucoup viennent de Québec, explique Mathieu Harvey, courtier chez Royal LePage Blanc & Noir :

« Les gens viennent au Massif pour skier à la journée ou louer un chalet. Avec la baisse des taux, plusieurs ont finalement franchi le pas : ce qui n’était qu’un rêve de fin de semaine devient une résidence secondaire, voire un nouvel ancrage de vie. »

À cela s’ajoute l’élan du mouvement « Achetez canadien », qui redirige une partie des vacanciers – et de leurs investissements – vers les montagnes charlevoisiennes.

Mont Grand-Fonds : l’essor fulgurant

À l’est, le marché prend carrément des allures d’élan. Autour de La Malbaie, Clermont, Saint-Siméon et Notre-Dame-des-Monts, les propriétés situées près de Mont Grand-Fonds ont vu leur prix médian grimper de 14 %, atteignant 285 000 $, l’une des plus fortes hausses de tout le Québec.

Malgré un inventaire restreint, les transactions progressent. Et l’attrait du secteur ne se dément pas. Harvey décrit un marché recherché par des jeunes familles et des investisseurs :

« Grand-Fonds, c’est 15 minutes de La Malbaie, des infrastructures de ski impressionnantes, un vaste réseau de fond et de raquette, et surtout, aucune restriction majeure pour la location touristique. C’est un terreau fertile pour ceux qui veulent investir intelligemment. »

La récente révision des évaluations municipales, revue à la hausse d’environ 30 %, confirme d’ailleurs l’appréciation fulgurante du secteur et laisse présager que l’écart historique entre Charlevoix-Est et Charlevoix-Ouest continue de se resserrer.

Selon Royal LePage, la pente demeure ascendante : au cours des douze prochains mois, le prix des maisons unifamiliales situées à proximité des stations de ski du Québec devrait encore gagner 3 %, prolongeant l’élan amorcé ces dernières années.

Dans Charlevoix, la tendance sera plus douce, mais tout aussi constante. Le Massif de Charlevoix comme Mont Grand-Fonds devraient voir leurs valeurs augmenter d’environ 2 %, une progression mesurée qui reflète l’équilibre entre l’offre limitée et l’intérêt toujours vif des acheteurs.

Car au-delà des chiffres, l’attrait demeure puissant. Les résidences secondaires séduisent autant les familles que les investisseurs, certains secteurs se densifient lentement, et les loisirs hivernaux connaissent un nouveau souffle. Ensemble, ces forces contribuent à maintenir la flamme du marché charlevoisien, où la demande reste solide et les perspectives résolument orientées vers le haut.

Qu’il s’agisse d’un chalet familial, d’un investissement locatif ou d’une résidence permanente, la tendance demeure la même : Charlevoix continue d’attirer, de croître et de voir ses valeurs résidentielles s’apprécier.

Influence politique

Au-delà des facteurs strictement immobiliers, les tensions politiques et commerciales entre le Canada et les États-Unis exercent une influence inattendue sur le marché récréatif québécois. Les Canadiens reviennent massivement vers les destinations de vacances locales, soutenus par un taux de change avantageux et une méfiance croissante envers l’instabilité américaine.

Royal LePage rapporte que :

  • 47 % des experts observent une hausse des demandes d’information auprès d’acheteurs canadiens.
  • 27 % notent une augmentation des demandes provenant d’Américains intéressés à acheter au Québec.
  • 54 % des Canadiens propriétaires aux États-Unis envisagent de vendre leur résidence dans l’année.
  • Et 32 % d’entre eux comptent réinvestir au pays.

« Les tensions politiques aux États-Unis incitent de nombreux Canadiens à reconsidérer leurs investissements », explique Dominic St-Pierre, vice-président exécutif chez Royal LePage. « Cela stimule directement le marché récréatif local. »

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