L’arrière-pays pris d’assaut

Par Félix Côté 4:59 AM - 18 novembre 2025
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Félix Côté | Le Charlevoisien

La mode immobilière est à la montagne

Le marché immobilier et la surenchère immobilière explosent dans l’arrière-pays charlevoisien. Si habiter en périphérie des grands centres a longtemps été une façon d’économiser, c’est désormais devenu un luxe.

La demande n’a jamais été aussi forte. « Ça prend une semaine et c’est vendu », mentionne Denis Lavoie, courtier immobilier et dirigeant d’agence chez Royal LePage Blanc & Noir. Mais les récentes ventes créent un effet « pervers pour les résidents de souche », selon lui, et rien ne semble freiner l’augmentation de l’évaluation foncière dans les secteurs touchés.

« Autrefois, c’était la vue sur le fleuve qui était recherchée. Maintenant, le pittoresque de la montagne est en forte demande dans la région, surtout auprès des acheteurs plus fortunés », explique M. Lavoie. Pourquoi ce changement ? « C’est ce qui est à la mode. L’idéal canadien : la montagne, les tempêtes de neige, la chasse, la motoneige… C’est ce que les acheteurs de l’extérieur recherchent. »

Selon le courtier, le phénomène a débuté peu avant la pandémie, mais le télétravail l’a amplifié. « La tranquillité et la vue depuis son domicile sont devenues des critères majeurs. Et la demande crée de la rareté, ce qui influence naturellement les prix selon la loi du marché. »

Denis Lavoie est bien conscient de l’impact de cette tendance sur les résidents de l’arrière-pays installés là bien avant l’arrivée de cette nouvelle « mode ». « C’est vrai que c’est pervers pour le portefeuille des résidents de souche qui n’ont pas l’intention de vendre. Ils le ressentiront probablement sur leurs comptes de taxes. »

Il rappelle toutefois que les modes immobilières sont volatiles. « Peut-être que ça changera, et qu’un jour, ce seront les maisons des centres-villes de la région qui prendront de la valeur. Il se peut aussi que, dès l’an prochain, les maisons de l’arrière-pays ne se vendent plus aussi bien. Mais le rôle d’évaluation, lui, restera en décalage pour les trois prochaines années », nuance-t-il, estimant que cette situation pourrait devenir non représentative du marché réel.

Pour l’instant, cette vague offre autant de risques que d’opportunités. Mais il est trop tôt pour savoir si la marée changeante finira par provoquer un ressac.

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