Quelle est la valeur de la tranquillité et de la paix d’esprit ? Comment juge-t-on la beauté d’un paysage ou d’une vue ? Est-ce que le bien-être a un prix ? Toutes ces questions sont difficilement quantifiables. Pourtant, en observant les ventes de propriétés des dernières années dans la région, les évaluateurs municipaux n’ont d’autre choix que de constater la hausse du prix des maisons. Les courtiers immobiliers confirment que ces facteurs ont bel et bien une influence sur le marché.
« Ce qui est beau pour vous ne l’est pas nécessairement pour moi », rappelle Denis Lavoie, courtier immobilier agréé et dirigeant d’agence chez Royal LePage Blanc & Noir. « On ne peut pas vraiment fixer un prix sur la vue quand on vend une propriété. C’est un argument de vente, tout comme la tranquillité du voisinage. Mais ça ne se calcule pas comme la valeur d’armoires neuves », ajoute-t-il.
Chaque acheteur évalue donc ces avantages à sa façon, et c’est souvent celui qui est prêt à payer le prix qui définit la valeur réelle du marché.
Marchander le bien-être
« Toutes les occasions sont bonnes pour aller se promener sur les routes et les rangs de Charlevoix, que ce soit pour un court périple, une halte de quelques jours ou un séjour plus long. Il faut dire que la région est idéalement située au carrefour de nombreuses destinations et que ses paysages, où la beauté du fleuve se marie à la splendeur des montagnes, ont quelque chose d’unique au Québec. »
— Tourisme Charlevoix
Les courtiers immobiliers ne sont pas les seuls à mettre de l’avant ces arguments pour tirer profit du territoire et de ses attraits bucoliques. « Évidemment, notre territoire est une richesse unique, et il faut évaluer ces opportunités selon les principes du développement durable : un équilibre entre l’avantage pécuniaire et la protection de l’environnement », affirme Mitchell Dion, directeur général de Tourisme Charlevoix.
En juin dernier, le gouvernement du Québec accordait une subvention de 87 800 $ à Tourisme Charlevoix afin de mettre à jour son étude sur la valeur socioéconomique des paysages. Cette étude pourrait-elle un jour servir de référence dans d’autres secteurs, par exemple, comme barème pour chiffrer la valeur d’un paysage ou d’une vue pour le marché immobilier ?
« On n’y avait pas pensé, à vrai dire. Ce n’était pas l’objectif premier de l’étude. On voulait surtout mettre en lumière l’importance de nos paysages pour l’industrie touristique, dans le cas où un grand projet industriel serait présenté et qu’il ne respecterait pas les principes de développement que nous prônons », explique Mitchell Dion. « Mais on peut toujours se poser la question », ajoute-t-il.
Pourrait-elle également devenir un outil supplémentaire dans le calcul des rôles d’évaluation ?
« Présentement, c’est clairement la loi du marché qui influence les rôles d’évaluation. On n’écarte pas les autres outils : ça pourrait être intéressant à explorer. Mais pour l’instant, nous devons respecter la Loi sur la fiscalité municipale en vigueur », indique Carl Provencher, évaluateur signataire des rôles d’évaluation pour la Fédération québécoise des municipalités (FQM).
Entre réglementation, marché immobilier et attraits naturels, la question demeure ouverte : comment mesurer avec précision ce qui relève autant du tangible que du ressenti ?
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Et pourtant on sent bien la différence même tacite lorsqu’une propriété a une belle vue. Si ce n’est qu’un argument il est important pour l’acheteur qui privilégie un secteur plutôt qu’un autre.