Fusions municipales : une experte juge le débat inévitable

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Par Jérôme Gagnon 2:30 PM - 17 novembre 2025
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Archives | Le Charlevoisien

La fusion a été abordée à Baie-Sainte-Catherine

Face au manque de vitalité démocratique et aux limites administratives dans de nombreuses petites municipalités, une professeure en administration municipale croit que le Québec devra envisager des regroupements non volontaires.

Professeure agrégée en administration municipale et régionale à l’École nationale d’administration publique (ENAP) et directrice associée du Centre de recherche sur la gouvernance (CERGO), Fanny Tremblay-Racicot porte une attention particulière au sort des plus petites localités québécoises. Sa famille est d’ailleurs originaire de Pointe-au-Pic, à La Malbaie.

Elle juge improbable que de véritables fusions volontaires puissent émerger. « Les élus municipaux n’ont pas intérêt à perdre leur job, puis à perdre leur capacité d’influencer », souligne-t-elle. Selon elle, ce facteur freine toute démarche spontanée visant à regrouper des municipalités.

La professeure s’inquiète surtout de la faible vitalité démocratique observée dans les petites localités. Aux dernières élections municipales, quelque 240 municipalités n’ont pas tenu d’élection, leur conseil ayant été élu sans opposition. Cela représente 78 % des municipalités de moins de 2 000 habitants, comme en 2021.

Ressources administratives limitées

Elle estime également que plusieurs petites municipalités n’ont plus les moyens nécessaires pour assumer pleinement leurs responsabilités. « La capacité administrative est limitée, les gens sont à temps partiel, les salaires ne sont pas compétitifs », observe-t-elle.

Selon elle, cette réalité désavantage directement les citoyens qui y vivent. En matière d’aménagement du territoire ou de réalisation de projets, les plus petites localités n’ont souvent pas la capacité de mener à bien des démarches plus complexes, ce qui crée une forme d’iniquité.

Mme Tremblay-Racicot précise qu’elle ne considère pas la fusion comme une solution universelle, notamment lorsque les différences géographiques entre les municipalités sont importantes. Mais elle juge qu’un véritable examen de la situation des plus petites localités n’a pas encore été fait au Québec.

« Je pense qu’on serait dû pour une autre vague de regroupements non volontaires pour les petites municipalités », affirme-t-elle.

Elle n’a pas souhaité nommer de cas précis, mais souligne qu’un travail de fond reste à faire pour mieux comprendre les défis des petites municipalités et les solutions possibles.

La réflexion sur les regroupements n’est pas étrangère à la région. Baie-Sainte-Catherine avait commandé une analyse sur une potentielle fusion avec Saint-Siméon avant de maintenir le statu quo. Selon le maire, Donald Kenny, la fusion n’aurait pas été avantageuse pour Baie-Sainte-Catherine pour plusieurs raisons.

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