Immigration resserrée : l’industrie touristique suffoque

Par Félix Côté 5:00 AM - 14 novembre 2025
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Le Programme de l’expérience québécoise (PEQ) prendra fin le 19 novembre 2025, et il n’est plus possible de déposer une demande dans ses deux volets — étudiant ou travailleur étranger temporaire. Ce programme permettait aux bénéficiaires d’obtenir un certificat de sélection du Québec en vue de s’établir de façon permanente au Québec.

« C’est encore une des portes d’entrée qui nous permettait de recruter à l’étranger à long terme qui se ferme pour l’industrie touristique, » déplore Flore Colman, directrice de la réception du Petit Manoir du Casino de Charlevoix.

L’étau se resserre au ministère de l’Immigration, de la Francisation et de l’Intégration : de plus en plus de restrictions et de voies d’accès vers le statut de résident permanent sont abolies. Le gouvernement prévoit réduire ses seuils annuels d’immigration permanente, passant d’environ 60 000 admissions cette année à 45 000 à partir de 2026.

« Le contexte a changé », a souligné Jean‑François Roberge, ministre de l’Immigration, jeudi, en présentant ses cibles d’accueil des nouveaux arrivants pour les années 2026 à 2029. Toutes les demandes de sélection permanente déjà présentées dans le cadre du PEQ continueront d’être examinées par le ministère.

Pour des entreprises comme le Petit Manoir du Casino de Charlevoix, « c’est une incertitude dont on n’avait pas besoin », admet le directeur général, Simon Vadnais. « On fait des efforts pour recruter, ils sont formés, ils contribuent et s’intègrent très bien, et après les avoir invités, on leur demande de repartir… C’est ordinaire. » Il fait aussi référence à la perte de confiance que ressentent ses employés envers le Québec. L’établissement affirme que certains employés ont d’ailleurs choisi de partir, ne voyant aucun intérêt à venir contribuer au Québec si c’était pour n’avoir aucune garantie de pouvoir rester alors qu’ils s’y sont attachés.

« On a des employés qui songent à simplement changer de province aussi parce que c’est plus simple via d’autres programmes ailleurs d’obtenir un statut de citoyen. On trouve ça très dommage parce que ce sont des personnes et de la main-d’œuvre compétentes qu’on n’aura échappées. »

« Je l’ai vécue auparavant », dénonce Flore Colman. « C’est très stressant, on est toujours en attente et du jour au lendemain, les programmes changent avec presque pas de préavis, on pense être en file et finalement on apprend qu’il faut changer de file. Et bien sûr c’est injuste pour les travailleurs en région, ou les étudiants, car on sait que ce ne sont pas eux qui sont arrivés sans plans et qui ne se trouvent pas d’emploi. » Elle évoque aussi l’explosion du nombre de réfugiés reçus ces dernières années.

Des rassemblements pour dénoncer la fin du PEQ sont organisés le 17 novembre à Québec et à Montréal. Les représentants du Petit Manoir prévoient s’y rendre.

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David Mancini
David Mancini
27 jours il y a

Comment Club Med pourra-t-il survivre si son modèle économique repose entièrement sur le recrutement d’employés originaires du Mexique ou d’autres pays ?