Zoom sur les phytotechnologies en milieu côtier
L'état des lieux sur la berge près du Parc des Riverains de Petite-Rivière-Saint-François avant l'implantation des boudins végétalisés. Photo site web de la ZIP.
Le secret pour contrer l’érosion des berges résiderait-il dans les végétaux ? Les phytotechnologies sont certes un outil à considérer dans l’arsenal préventif. Le Comité ZIP Saguenay–Charlevoix veut les faire connaître.
L’organisme a, à cette fin, organisé une journée de formation sur les phytotechnologies en milieu côtier à laquelle ont participé une quarantaine de représentants de municipalités, d’organismes en environnement et de firmes de génie-conseil.
« Phytotechnologie, c’est un terme quand même large qui peut être utilisé pour toutes sortes de techniques de contrôle des inondations, d’érosion des berges, les parcs éponges… », résume Ève-Laurence Hébert, coordonnatrice à la concertation, Comité ZIP, Saguenay-Charlevoix.
Selon la Société québécoise de phytotechnologie, il s’agit de « solutions technologiques axées sur les plantes qui viennent en réponse à une grande diversité des problèmes environnementaux ».
Les comités ZIP, dont le travail se concentre sur les côtes (a contrario des organismes de bassins versants, dont les zones d’intervention se trouvent autour des lacs et rivières, en eau douce), font de plus en plus appel aux phytotechnologies.
« Dans le cadre de notre travail, on est beaucoup sollicité par les municipalités côtières pour des problèmes d’érosion des berges. On est un organisme en environnement, donc on privilégie les techniques respectueuses des écosystèmes et des habitats. L’utilisation des végétaux nous apparaît la meilleure solution pour répondre à ces objectifs-là », indique Eve-Laurence Hébert.,
Plusieurs techniques sont accessibles, bien que certaines soient encore en développement. Les ZIP sont en quelque sorte un banc d’essai pour ces techniques qui dépassent largement la simple plantation.
« Les milieux côtiers subissent beaucoup d’aléas naturels. Si on ne fait que planter, tout risque de partir l’année d’après. Il faut installer nos végétaux avec des méthodes qui font que ça tient vraiment fort », illustre la coordonnatrice.
Un exemple charlevoisien
À titre d’exemple, elle cite le cas de Petite-Rivière-Saint-François où 50 mètres linéaires de phytotechnologies ont été implantés il y a deux ans, dans le secteur du Parc des riverains.

« On parle de boudins prévégétalisés avec, surtout, des tiges de saules, enroulés dans une membrane de coco. À l’intérieur, on trouve un substrat avec de la terre, du compost et des graines de plantes qui vont pousser et s’implanter. Les boudins ont été installés avec des pieux, de la tige de fer, pour que ça tienne. Déjà, l’année suivante, on voyait les résultats », poursuit-elle.

De la plantation plus « classique » peut être utilisée en complément des diverses techniques plus robustes, notamment en haut de talus. L’élyme des sables, les rosiers sauvages et autres plantes ligneuses qui s’enracineront pour stabiliser la berge sont alors privilégiés.
La journée de formation du 7 octobre dernier avait pour but de faire de l’acquisition de connaissances.
“ Il y a peu de littérature sur l’utilisation des phytotechnologies en milieu côtier où l’érosion est beaucoup plus intense que dans les rivières et lacs en raison des jeux de marées, des mouvements de glaces… On a donc fait venir des experts en génie maritime et côtier, en hydrogéomorphologie, pour aller chercher plus de connaissances. La littérature doit être construite ”, précise Mme Hébert.

Les équipes des comités ZIP, de par leurs rapports et relevés, contribuent à la recherche, mais celle-ci s’inscrit difficilement dans la durée à ce jour.
« Dans les programmes de subvention, les relevés sont prévus sur un an, mais on le fait bénévolement par la suite parce que c’est important de mesurer les impacts à moyen et long termes », indique l’intervenante. Un nouveau partenariat avec Le Centre Eau Terre Environnement de l’INRS pourrait changer la donne. « On a des projets sur la table. »
Mot-clé : prévention
Les phytotechnologies, quoiqu’utiles, ne sont pas une panacée universelle. Elles sont particulièrement efficaces en prévention, insiste Mme Hébert.
« Ce ne sont pas des solutions qu’il faut utiliser en mode urgence. On essaie d’agir plus en prévention avec les municipalités qui ont des problèmes, mais qui ont encore le temps et l’espace pour travailler sur le long terme. L’objectif est de faire connaître ces méthodes, moins coûteuses, moins nuisibles pour l’environnement que les murets ou l’enrochement, par exemple», conclut Ève-Laurence Hébert, coordonnatrice à la concertation et organisatrice de l’événement. Une combinaison d’approches est aussi envisageable dans certaines situations. Quoi qu’il en soit, les municipalités qui souhaiteraient développer des projets sont invitées à contacter les comités ZIP de leur secteur.
Horizon
Horizon, des contenus marketing présentés par et pour nos annonceurs.