Eaux usées : légère amélioration de La Malbaie

Par Dave Kidd 6:48 AM - 13 novembre 2025
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La Fondation Rivières publie son palmarès des municipalités quant à l’intensité de leurs déversements d’eaux usées rejetées sans traitement dans les lacs et rivières du Québec. 726 municipalités ont été considérées dont La Malbaie qui améliore légèrement son classement.

Au total, 415 municipalités ont connu 44 809 épisodes de déversements d’eaux usées dans les lacs et rivières en 2024, une diminution de près de 6 000 par rapport à l’année précédente qui s’expliquerait par un été très sec.

Par contre, 271 municipalités ont aussi dépassé les normes de rejets fixées par le ministère de l’Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs (MELCCFP) pour limiter l’impact des déversements sur les milieux naturels et les usages.

La seule municipalité de notre région qui se retrouve dans ce palmarès est La Malbaie. Selon le palmarès, 65 déversements seraient survenus en 2024. Aucun déversement par temps sec ne s’est produit et aucun dépassement des normes par temps de pluie n’a été recensé.  L’intensité des déversements par habitant est de 0,89 .

La Malbaie figure au 161e rang alors qu’en 2023 elle était au 157e un an plus tôt. Ça signifie une légère amélioration alors que les chiffres du tableau sont exactement les mêmes d’une année à l’autre. « On est toujours en train de faire une amélioration continue au fil du temps. Lorsqu’on remet à niveau nos conduites, on s’assure désormais de séparer les égouts et l’eau pluviale. Évidemment ça prend du temps et ces infrastructures accusent du retard sur les enjeux environnementaux, c’est comme ça partout au Québec et les programmes de financement du gouvernement ont aussi maigri dans les dernières années», note la directrice générale de La Malbaie, Myriam Gagnon.

Au Québec, les déversements d’eaux usées sont interdits en tout temps par temps sec (48 heures sans pluie) et tolérés jusqu’à une certaine mesure par temps de pluie. Le Ministère limite le nombre de déversements autorisés par temps de pluie durant certaines périodes sensibles, comme l’été, où les milieux naturels sont plus fragiles et où les usages sont plus importants (prises d’eau potable, baignade, etc.), note la Fondation dans un communiqué.

« Plusieurs municipalités se sont mises en action, mais le rythme de correction est encore très lent. Hormis le manque de financement, y a-t-il un manque de connaissances ou de volonté politique? L’accompagnement offert aux municipalités est-il suffisant et adapté aux besoins ? » s’interroge André Bélanger, directeur général de la Fondation Rivières.

« Le ministère des Affaires municipales doit offrir plus de soutien. Pour ce faire, il pourrait  s’inspirer des bureaux de projets régionaux mis en place pour soutenir les régions dans l’adaptation aux inondations qui assurent un bon arrimage entre les acteurs ministériels et les acteurs sur le terrain. Des bureaux de projets dédiés à la mise aux normes des infrastructures permettraient de planifier des interventions basées sur les ouvrages et les municipalités les plus problématiques avec un accompagnement personnalisé », dit André Bélanger.

Le palmarès s’appuie sur les données du MELCCFP disponibles depuis 2017. L’indice d’intensité, développé par la Fondation Rivières, tient compte de la durée des déversements et de la taille de l’ouvrage qui déborde. L’indice des déversements par habitant permet de comparer les déversements en fonction de la population, précise l’organisation.

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