« On veut travailler » : les postiers de Baie-Saint-Paul prennent la parole
Des employés de Postes Canada à Baie-Saint-Paul ont tenu un piquetage lundi devant leur bureau local. Ils ne souhaitaient pas être identifiés.
À Baie-Saint-Paul, les employés de Postes Canada ont tenu à donner leur version du conflit de travail qui secoue la société d’État. Ils affirment ne pas avoir souhaité la grève générale illimitée, mais vouloir défendre un service public de proximité, qu’ils considèrent menacé.
Rencontrée devant le bureau de poste ce lundi, une employée a pris la parole au nom de tous. Elle a souhaité conserver son anonymat.
Les employés de Postes Canada sont en négociation depuis près de deux ans pour le renouvellement de leur convention collective. Ils réclament une entente « négociée de bonne foi » et jugent que les discussions n’ont pas suffisamment progressé.
« On veut travailler », résume la factrice rencontrée sur place. « Ce n’est pas une décision locale. La grève générale illimitée a été décrétée à l’échelle nationale. Nous, ici, on aurait préféré continuer à livrer le courrier et les chèques. »
Plusieurs employés doivent actuellement composer avec une perte de revenus complète. « On est sans salaire depuis plusieurs jours. Certains collègues ont pris un deuxième emploi pour s’en sortir. »
La factrice insiste sur leur attachement à leur métier. « On aime notre travail. On aime être sur le terrain, rencontrer les gens, livrer le courrier. On n’aurait jamais souhaité faire la grève. On le fait par conviction, parce qu’on croit à l’importance de ce service pour la population. »
Elle critique aussi le rôle du gouvernement fédéral, actionnaire de Postes Canada, dans la gestion du service. « Le gouvernement ne devrait pas dicter la façon de faire d’une société d’État qui appartient à tous les Canadiens. Il agit comme s’il en était le propriétaire, alors qu’il n’est qu’un actionnaire. »
Selon elle, une consultation publique sur l’avenir du service postal aurait dû avoir lieu depuis longtemps.
Des services de proximité à préserver
L’employée estime que Postes Canada pourrait jouer un rôle accru dans la vie communautaire, en offrant de nouveaux services adaptés aux réalités régionales.
« On a des bureaux dans tous les villages. On pourrait en faire des points de service plus polyvalents : offrir des services bancaires, des programmes de vigilance pour les aînés, ou encore des bornes de recharge pour véhicules électriques. Les infrastructures existent déjà, il ne manque que la volonté politique. »
Elle rappelle aussi que, dans Charlevoix, plusieurs entreprises privées s’en remettent à Postes Canada pour la distribution de leurs colis notamment en hiver. « Ces entreprises n’ont pas les moyens ni les ressources pour livrer partout. Nous, on est encore capables de couvrir l’ensemble du territoire, même les rangs les plus isolés. C’est la preuve que notre service est indispensable. »
Les grévistes critiquent également la gestion de Postes Canada, qu’ils jugent inefficace. « Si c’était une entreprise privée, le PDG aurait déjà été remplacé », affirme la factrice, rappelant que la société d’État accumule des pertes financières importantes depuis plusieurs années.
Pour elle, le conflit actuel dépasse la question syndicale.
« Ce n’est pas une lutte de travailleurs contre un employeur. C’est une lutte pour préserver un service public accessible, humain et proche des citoyens. Dans les villages, le bureau de poste est souvent le dernier service fédéral encore présent. Il faut le protéger. »
Malgré le climat tendu, les postiers de Baie-Saint-Paul affirment vouloir garder le contact avec la population.
« On sait que ça cause des inconvénients. On comprend la frustration des gens. Mais ce qu’on fait, c’est aussi pour eux. On veut que le service postal reste public, qu’il continue de desservir tout le monde, peu importe où ils vivent. »
Notons que selon le Fédéral, la société d’État traverse aujourd’hui une « crise existentielle ». En 20 ans, les revenus liés à la livraison du courrier ont chuté, tandis que le nombre de lettres à distribuer a fondu, passant de 5,5 milliards en 2006 à 2 milliards aujourd’hui.
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Entièrement d’accord avec leurs revendications ,C comme les caisses Desjardins maintenant uniquement 3 pôles de services ds Charlevoix LMB,CLERMONT,BSP Q’advient t-il des autres ptits villages de charlevoix ont semble avoir oublié que le mandat premier de Alphonse Desjardins était un Coop.. sa ben changé pour C membres alors que ici la population est vieillissante ont les oublis belle marque de reconnaissance…
Les propositions formulées sont très intéressantes
Poste Canada perd 10 millions par jour pas dure à comprendre…y faut que sa coupe à quelque part où ??
À commencer par le Pdg et la haute direction avec leurs salaires faramineux et les bonis.