Abandon du projet de loi 97 : une « bonne journée » pour les pourvoyeurs
Les pourvoyeurs de la Côte-Nord et de Charlevoix sont soulagés par l'annonce de l'abandon du projet de loi 97. Photo Pourvoiries Côte-Nord, archives
Le projet de loi 97 ne passait pas chez les pourvoyeurs québécois et la décision du gouvernement Legault de le jeter aux oubliettes est un soulagement.
Le président de l’Association des pourvoiries de Charlevoix, Martin Dufour, également propriétaire du Club Bataram, est soulagé.
« Avec leur projet de réforme, on reculait dans la forêt, on n’avançait pas. C’était une loi juste pour les riches ! On n’avait pas de prévisibilité. Nous, ce qu’on veut, c’est voir venir, à long terme, et c’est ce qu’on demande depuis le début. »
Sur la Côte-Nord, le vice-président de l’Association des pourvoyeurs, Charles Pinard, abonde dans le même sens.
« Aujourd’hui, c’est une meilleure journée qu’hier », lance-t-il.
L’épée de Damoclès qui pendait au-dessus de la tête des pourvoyeurs s’est volatilisée… pour le moment du moins.
« Dans le texte du projet de loi 97, on ne retrouvait même pas le mot pourvoirie ! Ce qu’on dit depuis le début, c’est “soyez à l’écoute des usagers du territoire !” On est les premiers touchés quand il y a une coupe forestière », clame M. Pinard.
De part et d’autre de la rivière Saguenay, les porte-parole des associations de pourvoyeurs insistent sur le même concept : la prévisibilité. Et c’est ce qu’ils défendront lors des prochaines consultations.
« On va être là dans les négociations pour le prochain projet de loi et on va demander la même affaire : un plan de gestion intégré, sur 30 ans, sur chacune des pourvoiries à droits exclusifs avec des notions pour les non exclusifs. Comme ça, tout le monde sait où on s’en va. On sait qui entretient les chemins quand, où les industries vont couper, comment on va gérer notre clientèle pour que tout le monde soit content », indique Charles Pinard. Martin Dufour tape sur le même clou.
« Nous autres, ce qu’on demande, c’est une planification forestière concrète. On est pas contre le fait qu’ils bûchent, on veut juste savoir où et quand et avoir des plans précis pour chaque pourvoirie. »
Le principal problème avec le projet de loi 97 était l’abandon des mesures d’harmonisation de proximité, estime Martin Dufour.
« Avec la réforme, on perdait ça, la proximité. Les décisions allaient être prises loin de nos milieux alors que la formule actuelle, elle fonctionne. Dans mon cas à moi, en tout cas, ça va super bien avec le ministère à la Malbaie. C’est l’exception. Y’a peut-être même pas 5 % des pourvoiries au Québec qui ont des bons arrangements avec les directions locales. Ce qu’on dit, c’est “on l’a, la recette, on va vous l’expliquer ! Prenez-là !” », lance le pourvoyeur.
Le gouvernement Legault a fait part de son intention de proposer une nouvelle réforme d’ici un an. Une nouvelle ronde de consultations est prévue en amont du dépôt du nouveau projet de loi.
« On repart les consultations avec les nations autochtones, les entrepreneurs forestiers et les préfets et les maires. On ne va pas ramener le projet de loi 97 », a indiqué M. Legault devant une assemblée d’élus de la Fédération québécoise des municipalités plus tôt aujourd’hui.
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