Rentrée sans cellulaire : des classes plus attentives et des corridors plus animés
Mathieu Rousseau, enseignant, Éliane Simard, technicienne en travail social, et Manuel Dubois, technicien en loisirs, ont pris le temps de nous parler de l’impact du retrait du cellulaire à l’école.
Le cellulaire est désormais interdit dans toutes les écoles du Québec. Si la mesure, imposée par le ministère de l’Éducation, a suscité des débats à travers la province, au centre éducatif Saint-Aubin, les premiers échos sont largement positifs. Élèves, enseignants, techniciens et direction constatent un changement tangible dans la vie scolaire, quelques semaines seulement après la rentrée.
À la suite d’une demande, Le Charlevoisien a pu rencontrer une partie du personnel et des élèves afin de prendre le pouls de cette nouvelle réalité.
Chez les élèves de cinquième secondaire, l’ambiance est jugée plus saine.
« Moi, je trouve que c’est bénéfique. On se parle plus, j’ai de nouveaux amis et on a plus de relations avec différentes personnes. Pour moi, c’est vraiment le fun », explique Élizabeth Gaudreault, coprésidente du conseil des élèves.
Sa collègue Frédérique Ménard ajoute que leur cohorte s’est rapprochée depuis la mise en place du règlement : « Socialement, ça a vraiment changé quelque chose. »
Les deux admettent que l’absence du cellulaire complique parfois la communication rapide avec les parents.
« Mais honnêtement, ça ne change pas grand-chose. Tout le monde respecte la règle. On tient à nos téléphones, alors personne ne veut risquer de les perdre », précise Élisabeth.
Leur seule véritable déception? L’absence de souvenirs photographiques. « Pour nous, les finissants, c’est plate. On n’a pas d’images pour l’Halloween ou pour Noël. »
La direction a déjà promis de combler cette lacune en documentant davantage les activités.
Le personnel aux anges
Du côté du personnel, l’appréciation est tout aussi marquée. L’enseignant de première secondaire Mathieu Rousseau constate une nette amélioration de la concentration.
« Avant, même quand les téléphones étaient dans une pochette, il y avait toujours une sonnerie qui interrompait le cours. Et dès que la cloche sonnait, les élèves se précipitaient pour récupérer leur appareil. Aujourd’hui, ce n’est pas rare qu’ils oublient complètement. On a l’impression que notre enseignement est plus efficace. »
Désormais, il arrive même que les élèves oublient la pause, remarque-t-il. « Ils se rendent compte que ça a sonné seulement après coup. Les élèves sont concentrés beaucoup plus longtemps », estime M. Rousseau.
Dans les corridors, Manuel Dubois, technicien en loisirs, observe une effervescence nouvelle.
« Les gymnases n’ont jamais été aussi occupés sur l’heure du dîner. Les jeunes redécouvrent les jeux de société, ça joue au UNO, et on a une clientèle beaucoup plus variée qu’avant. Ce n’est plus juste un petit groupe, mais des élèves de tous les niveaux. »

Saint-Aubin était prêt
La direction souligne que le centre éducatif avait déjà entamé une réflexion avant l’annonce ministérielle.
« On s’inquiétait de l’impact du téléphone sur les relations interpersonnelles et sur la mémoire de travail des jeunes. Quand le règlement est arrivé, on avait une longueur d’avance et une équipe convaincue », explique Ève Marier-Marceau, directrice du CESA.

Résultat : une rentrée qualifiée de l’une des plus belles des dernières années.
« Je n’ai eu aucun écho négatif à l’heure actuelle », soutient-elle.
Selon elle, ce succès découle du climat positif instauré et du fait que les élèves eux-mêmes mettent en avant les effets bénéfiques.
« On a choisi de ne pas adopter une posture policière, mais plutôt de mettre en avant ce qu’on gagnait collectivement. Ça change tout », croit Mme Marier-Marceau.
Horizon
Horizon, des contenus marketing présentés par et pour nos annonceurs.