Programme de rachat : environ 180 000 armes ciblées une fois le plein déploiement
Une carabine semi-automatique SKS photographiée à Fredericton le mardi 15 septembre 2020. La SKS a été utilisée dans des meurtres et d'autres fusillades très médiatisées. LA PRESSE CANADIENNE/Kevin Bissett
Le gouvernement du Canada s’attend à ce que 179 684 armes à feu « de styles arme d’assaut » aujourd’hui prohibées, mais légalement acquises, aient été rendues aux autorités ou désactivées en vertu de son programme de rachat un fois qu’il aura été complété.
Ce programme, promis depuis des années par les libéraux sous l’ancien leadership de Justin Trudeau, s’ouvrira cet automne à tous les particuliers concernés au Canada, à une date qui reste à déterminer puisque le gouvernement de Mark Carney a décidé de mettre en place, dans un premier temps, un projet pilote.
« J’aurais préféré que ceci soit fait beaucoup plus tôt », a dit mardi le ministre de la Sécurité publique, Gary Anandasangaree, en procédant à l’annonce de cette implantation par étape.
Un peu plus tôt, de hauts représentants gouvernementaux ont soutenu que cette façon de procéder avec un programme à petite échelle qui aura lieu au Cap-Breton, en Nouvelle-Écosse, « permettra de corriger tout problème dans le système ».
Ce système permettra aux individus de déclarer leur arme désactivée, de prévoir un rendez-vous pour s’en départir, s’ils le souhaitent, auprès de la police ainsi que de recevoir, éventuellement, une indemnité. Dans le cadre du projet pilote, le fédéral estime qu’il collectera environ 200 armes.
Depuis mai 2020, Ottawa a commencé à interdire environ 2500 types d’armes à feu au motif qu’elles ont leur place seulement sur le champ de bataille, et non entre les mains de chasseurs ou de tireurs sportifs.
Trois décrets d’amnistie sont toujours en vigueur – deux se terminant en octobre prochain et l’un en mars 2026 – et prémunissent les propriétaires d’armes légalement acquises de sanctions criminelles pendant qu’ils prennent les mesures pour se conformer à l’interdiction, ont rappelé les représentants du gouvernement.
Un important groupe militant pour un resserrement du contrôle des armes à feu, PolySeSouvient, déplore que la carabine semi-automatique SKS ne fasse toujours pas partie des modèles prohibés.
Du point de vue de l’organisation, tant que la SKS ne sera pas interdite, le Canada n’aura pas de réelle interdiction des armes d’assaut.
Selon le groupe, les nouveaux modèles de SKS inonderont le marché et remplaceront les armes qui ont été interdites.
Questionnée à ce sujet, la secrétaire d’État et survivante de Polytechnique, Nathalie Provost, a insisté pour dire qu’elle est bien consciente du travail qu’il reste à faire par le gouvernement Carney dont elle fait partie.
«Soyez sans crainte, je reste vigilante parce que je suis très consciente qu’il faut qu’il y ait une position qui soit adoptée par rapport au SKS compte tenu du type d’arme que c’est, mais on doit considérer l’ensemble du dossier», a-t-elle dit aux côtés du ministre Anandasangaree.
Avant de se lancer en politique, Mme Provost s’impliquait activement au sein de PolySeSouvient.
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