SAAQclic : François Legault continue de plaider l’ignorance sur les coûts
Le premier ministre du Québec, François Legault, est photographié sur un écran alors qu'il témoigne devant la Commission Gallant, à Montréal, le mardi 2 septembre 2025. LA PRESSE CANADIENNE/Christopher Katsarov
Le premier ministre François Legault a continué de plaider qu’il ignorait tout de la facture et des dépassements de coûts du projet informatique de la Société de l’assurance automobile du Québec (SAAQ) jusqu’à l’hiver dernier avec le rapport du Vérificateur général du Québec (VGQ).
M. Legault a livré son témoignage fort attendu devant la commission Gallant, mardi à Montréal, durant lequel il a blâmé les dirigeants de la société d’État.
Il a martelé avoir seulement été mis au fait des coûts de la modernisation technologique de la SAAQ au moment de la publication du rapport du VGQ en février dernier.
Et ce n’est qu’au lancement raté de la plateforme SAAQclic, en février 2023, qu’il entend parler pour la première fois du virage numérique de la société, a affirmé le premier ministre.
« Autant le coût que le dépassement, il n’y a personne qui ne m’a parlé de ça avant février 2025. Moi, jusque-là, ce que je pensais, c’est qu’il y avait essentiellement un problème d’implantation. (…) Il n’y avait pas à l’époque de questions de coûts ou de dépassements avant février 2025 », a-t-il dit.
Le virage numérique de la SAAQ, qui comprend la plateforme SAAQclic, devrait coûter au moins 1,1 milliard $, selon le VGQ, soit au moins 500 millions $ de plus que le budget initial.
Le chef caquiste a reconnu que l’information sur l’explosion du budget aurait dû monter à lui bien avant.
Le procureur en chef de la commission, Simon Tremblay, a toutefois exhibé des articles de médias datant de 2023 et 2024 et faisant état de coûts additionnels pour le projet informatique nommé CASA. M. Legault a assuré que ces reportages n’avaient jamais été portés à son attention.
Le premier ministre a reconnu que ses deux ministres des Transports — Geneviève Guilbault et son prédécesseur François Bonnardel — auraient dû davantage questionner la SAAQ sur la facture du projet. Mais M. Legault estime que les informations fournies par l’organisation pouvaient être « floues ».
« Ce que je comprends, c’est que les deux ministres des Transports n’ont jamais eu, avant février 2025, l’information qu’il y avait un dépassement de 500 millions $. Ils ont eu une partie de l’information (…) mais ils n’avaient pas toute l’information », a-t-il soutenu.
La direction de la SAAQ pointée
Le chef caquiste s’en est pris à la direction de la société d’État au cours de son témoignage.
« Pour moi, l’essentiel du problème vient des dirigeants de la SAAQ », a déclaré M. Legault.
« Parce que, un, je pense que le contrat qui a été signé en 2017 a mal prévu les dépassements et les échéanciers. Deuxièmement, l’intégration du nouveau système en février (2023) a été mal planifiée. Et troisièmement, je ne veux pas dire qu’ils ont caché des choses, mais il semble que, ça n’a pas été clair l’information qui a été donnée », a-t-il énuméré.
M. Legault a plaidé pour une meilleure imputabilité des dirigeants.
« C’est important qu’il y ait des conséquences pour ces personnes-là. Une conséquence, ce n’est pas de transférer une personne dans un autre poste. Je comprends que ce n’est pas simple au gouvernement avec la sécurité d’emploi, mais (…) les Québécois s’attendent à ce qu’il y ait des conséquences », a affirmé le premier ministre.
La SAAQ a signé un contrat de 458 millions $ en 2017 avec le consortium formé des firmes LGS, appartenant à IBM, et SAP. Ce montant a explosé au cours des dernières années, avec notamment des extras de plusieurs dizaines de millions de dollars.
L’ex-secrétaire général Yves Ouellet et le chef de cabinet du premier ministre, Martin Koskinen, témoigneront aussi cette semaine.
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