La construction d’un pont entre Tadoussac et Baie-Sainte-Catherine transformerait profondément la dynamique de l’emploi local. Si le projet mettrait fin à plusieurs dizaines de postes liés au service de traversier, il générerait en contrepartie des milliers d’emplois durant le chantier et créerait de nouvelles possibilités économiques pour la région.
C’est ce qu’on apprend dans les plus récentes études commandées par le ministère des Transports, dont le Journal a obtenu copie. La mise en chantier du pont entraînerait la disparition des emplois permanents à la traverse, qui assure aujourd’hui la liaison entre les deux rives.
« L’abandon du service de traversier, avec certaines mesures d’atténuation, constitue le scénario optimal », peut-on lire dans le document présenté au comité de liaison en juin 2025.
En revanche, les travaux de construction du pont représenteraient une bouffée d’air pour le marché de l’emploi. Les analyses estiment que le projet générerait 2 183 années-personnes de travail, pour une valeur de 289 M$ au produit intérieur brut (PIB).
Au-delà du chantier, les retombées économiques pourraient aussi s’avérer durables. L’exploitation du pont favoriserait le tourisme, avec des retombées annuelles évaluées à 10 M$, de même que la création potentielle de 111 emplois permanents liés à l’augmentation de l’achalandage dans les commerces et attraits de la région.
À l’inverse, le maintien du statu quo préserverait les emplois existants à la traverse, mais laisserait en suspens les problèmes récurrents de congestion, de fiabilité et d’annulations de départs causés par le manque de personnel. Le document souligne aussi que la situation actuelle freine l’attractivité du territoire et limite les projets de développement économique.
Prochaines étapes
Quant aux prochaines étapes, Québec prévoit confier un mandat pour analyser les meilleures pratiques internationales en matière de financement et de réalisation de projets similaires.
« À court terme, un mandat sera octroyé afin de déterminer les pratiques internationales pour des projets similaires, d’identifier un modèle financier et de choisir le meilleur mode de réalisation pour un tel projet au Québec », est-il écrit dans le document.
Si le projet se concrétise, l’échéancier présenté fait état d’un horizon d’environ 14 ans, incluant la préparation du dossier, l’évaluation environnementale et la construction, soit sept ans pour arriver à la mise en œuvre et sept autres années de construction.
Des mesures d’atténuation
Si le gouvernement décide de construire un pont sur le Saguenay, des mesures d’atténuation de l’abandon du service de traversiers pourraient être mises en place.
Les résultats de l’étude suggèrent notamment la diminution graduelle des emplois pour la traverse avec les retraites et la relocalisation des employés. Les navires pourraient être affectés à d’autres traverses de la STQ.
On propose aussi d’analyser les possibilités de « remplacer des emplois de la STQ perdus en région par un autre service du gouvernement du Québec ».
De plus, il est recommandé de former un comité de transition composé d’élus et d’acteurs du milieu pour planifier et coordonner la cession des actifs de la STQ.

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