Encore aujourd’hui, Gabrielle Bouchard, directrice générale du Musée d’art contemporain de Baie-Saint-Paul et du Symposium de Baie-Saint-Paul, n’est pas certaine du montant qu’elle obtiendra des bailleurs de fonds publics pour l’édition du Symposium qui vient de se terminer. Une situation très précaire pour l’événement qui en est à sa 43e année d’existence.
Pour elle, la difficulté de prévoir le financement d’une année à l’autre est un obstacle majeur pour le milieu culturel. « Moi, il y a des subventions que je ne sais toujours pas si je les ai. L’événement a fini dimanche et on ne le sait toujours pas. Mon année financière se termine le 30 septembre et il y a plusieurs choses que je ne saurai pas avant cette date-là, ça place beaucoup de monde dans l’insécurité. »
L’imprévisibilité du financement public rendrait même l’existence d’organismes culturels comme le Musée d’art contemporain ou le Symposium difficile à garantir dans un avenir rapproché. « Honnêtement, je pense qu’il n’y a aucun organisme culturel en ce moment au Québec qui peut t’assurer qu’ils seront encore là dans 5 ans, nous y compris. », nous dit la directrice générale.
La difficulté tiendrait du fait que l’enjeu du financement de la culture est éminemment politique et dépend de la bonne volonté des gouvernements en place. Même si le gouvernement caquiste a annoncé plus tôt cette année qu’il augmenterait le financement dédié à la culture, il s’agit, pour madame Bouchard, d’un enjeu très instable d’une année à l’autre et d’un gouvernement à l’autre. « J’ai beaucoup de conversation avec plein de ministères, mais le problème c’est qu’il n’y a jamais rien d’assuré. »
Toutefois, Gabrielle Bouchard ne veut pas se laisser freiner par les conditions actuelles du financement de la culture. « Je ne sais pas combien je vais recevoir pour le Symposium, mais est-ce que tout ça veut dire qu’il ne faut pas que je le fasse? Je ne crois pas. Je ne pense pas que la solution soit de priver les artistes et le public d’une telle occasion. Même si ce n’est pas facile, on s’adapte et on cherche à trouver de nouvelles avenues pour financer tout ça. Ça implique d’approcher plus de partenaires privés, faire de la location de salle au Musée, etc. »
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