La 43ième édition du Symposium international d’art contemporain de Baie-Saint-Paul est désormais derrière nous. Avec la directrice générale du MACBSP et du Symposium Gabrielle Bouchard, on s’offre un regard sur ce qui a fait de cette édition une édition spéciale : la rencontre.
Cette année, le Symposium de Baie-Saint-Paul avait pour thème la rencontre. En concordance avec le thème, le Symposium a déployé une programmation qui sortit des murs du pavillon du Musée. Soirées sur la Placette Desjardins, ateliers d’artistes en pleine ville et évènements festifs chaque semaine sont tous des exemples de la volonté de la programmation du Symposium d’aller à la rencontre du public.

Pour Gabrielle Bouchard, miser sur la rencontre et le déploiement du Symposium partout en ville fut un grand risque. « Il y avait beaucoup de risques dans cette édition et tout reposait sur à quel point les artistes allaient embarquer ou pas. On essayait beaucoup de choses pour la première fois, il y avait plein d’éléments qui changeaient en cours de route, ça aurait vraiment pu être une édition de type catastrophique, mais finalement, ça a été au-delà de mes espérances. », nous dit-elle.
Pour mener à bien l’organisation éclectique de sa 43ième édition, le Symposium a choisi une autre direction quant au commissariat. C’est-à-dire que l’organisation de la programmation et des artistes présents, qui relevait habituellement d’un ou d’une commissaire invitée a cette année été confiée à un comité rassemblant plusieurs personnes de la région.
« Le comité c’était vraiment pour nous donner de la latitude. Cette année, on a un peu construit l’avion en plein vol. Le Symposium, avant, avait un cadre bien défini. On savait qu’on voulait tant de conférences, tant d’activités, à tel moment on veut un film, etc. Là on voulait se donner vraiment plus de liberté pour tester des choses, pis d’avoir un commissaire là-dedans, je trouvais ça un peu ingrat pour la personne. On avait besoin d’une formule qui nous permettait de pitcher de nouvelles idées à la dernière minute, de s’ancrer dans la communauté à travers des rencontres imprévues. Donc c’était une édition où on avait besoin de beaucoup de liberté pour changer des affaires et même pour se tromper. Mais à travers ça on a vraiment pu réimaginer notre cadre, un cadre beaucoup plus flexible qui va nous permettre maintenant d’approcher des commissaires pour les prochaines éditions avec notre nouvelle façon de penser le Symposium. »

Une édition ancrée dans la communauté
Si l’exercice de cette édition du Symposium était de se rendre à la rencontre du public, Gabrielle Bouchard n’aurait pas pu espérer un tel engouement dans la communauté de Baie-Saint-Paul. Elle nous parle d’ailleurs de comment la disposition des artistes sur le territoire de la ville a permis de faire de nombreux rapprochements entre les artistes et les communautés.
« On avait Jaime [Ruiz Martinez] qui était sur le terrain de Maison Mère, pis il s’est mis à travailler avec la communauté mexicaine. Eux autres, quand ils revenaient du travail ou quand ils allaient au travail, ils pouvaient s’arrêter et jaser avec l’artiste. On s’est ramassé à faire des 5 à 7 avec la communauté mexicaine qui n’était même pas à l’horaire. »
La même chose est vraie pour les autres artistes qui avaient été placés ailleurs en Ville. Kaël Mercader, qui avait un local sur la rue Saint-Jean-Baptiste où il peignait les murs, « avait des gens qui venait le voir aux deux jours pour voir l’avancement de son projet et Joannie [Lafrenière] avait souvent de la visite récurrente à son studio», nous disait Gabrielle. Les artistes et le Symposium en général ont réussi à s’intégrer dans la communauté d’une manière que Gabrielle n’attendait pas, mais qu’elle souhaitait ardemment.

« J’adore les touristes, comprend moi bien je suis très contente qu’ils soient là. Ils nous font beaucoup vivre. Mais à l’année, ce n’est pas les touristes qui nous font vivre. En novembre, moi j’ai envie que les personnes qui habitent dans le quartier viennent et qu’ils se sentent chez eux, à l’aise. Ça nécessite un travail de tous les jours pour faire ça, et ça passe par une rencontre entre l’art et les gens d’ici, comme ce qui a pu avoir lieu au cours du Symposium. », nous dit la directrice.
La directrice générale du MACBSP retire ainsi un grand sentiment de fierté de la 43ième édition du Symposium, une édition qui a réussi à rejoindre les gens et s’ancrer dans la communauté.
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