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Joachim et Léonie Bouchard, un couple haut en couleur, dans un mariage heureux

10:55 AM - 25 août 2025
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Dans le cadre des festivités du 350e anniversaire de Petite-Rivière-Saint-François, nous publions une série d’articles en collaboration avec Le Charlevoisien afin de mettre en valeur la riche histoire de notre communauté. Cette fois-ci, c’est une citoyenne, Diane Larouche, qui nous partage avec générosité le récit fascinant de Joachim et Léonie Bouchard, un couple inspirant qui a marqué la vie du village, avec la précieuse collaboration de leurs deux enfants Marcel et Odile.


Joachim Bouchard est né à Petite-Rivière-Saint-François le 12 juillet 1913. Il est le 10e enfant de Noël et de Marie-Anne Bouchard. Dernier garçon de la famille, on le surnomme Bébé.

Léonie est née à Petite-Rivière-Saint-François le 20 septembre 1916. Elle est l’ainée de la famille de Thomas Bouchard et de Lucia Lavoie.

1918 – Léonie et sa grand-mère, Sophie Dufour.
1946-05-22 – Laurent, Léonie, Cécile, Yvonne, Aline, Rose, René, Thomas, Régine, Lucia, Gérard, Thérèse et Henri.

Tous les deux rendront de grands services à la communauté de Petite-Rivière, mais d’ailleurs également. 

Joachim n’aime pas l’école mais il la fréquente jusqu’à l’âge de 14 ans. C’est un patenteux de premier ordre. Débrouillard et inventif, il est très ingénieux et créatif, comme son père avant lui qui a inventé un système de freinage sur les tramways en 1906. Mécanicien autodidacte, il exercera son métier tout au long de sa vie active.

1907-01-04 – Journal La Patrie – Noël Bouchard et le nouveau frein de tramway.

Dans la famille de Léonie, plusieurs filles prendront le voile. Pas Léonie. Curieuse, intelligente et dotée d’un fort caractère, elle foncera et tracera son chemin à une époque où les femmes se devaient d’être soumises, effacées et entièrement dédiées à la famille une fois mariées.

1958 environ – Aline, curé Michel Lavoie, Régina, Thérèse, Lucia, Thomas et soeur Jean.

En 1932, afin de soutenir financièrement la famille, après trois années d’études à l’École Normale de Baie St-Paul, elle devient enseignante à l’école de rang de Maillard, auprès de 60 élèves de la 1re à la 7e année pendant trois années, pour un salaire de 150 $ par année. Lors de la Grande Dépression, les salaires avaient été coupés de moitié.

1935 environ – École de Maillard.

En 1935, sous les bons hospices de sœur Jean-des-Oliviers, une tante religieuse de la communauté des Sœurs de la Providence, directrice de l’École des Infirmières de l’hôpital St-Jean-de-Dieu à Montréal, elle entreprend des études pour devenir infirmière. En même temps, elle travaille auprès des malades pour un salaire mensuel de 12 $. Elle n’y restera qu’une année. Elle s’ennuie de son amoureux qu’elle fréquentait déjà avant son départ, et elle déteste Montréal.

En 1937, elle revient donc à Petite-Rivière en train et, le 21 août de la même année, elle épouse Joachim. Au mois de novembre, le couple s’installe dans une maison que Joachim a agrandie et rénovée. Joachim y bricole un poêle arrivé en pièces détachées dans une poche. Joachim travaille à divers endroits : au moulin à scie de son frère Lionel et dans les Caps pour faire la pêche à l’anguille.

1936 environ – Gare de Maillard.
1960 environ – Le moulin à scie.

Deux enfants naîtront de leur union : Marcel en 1938 et Odile en 1940. Ils auront sept petits-enfants et 16 arrière-petits-enfants.

1938-06 – Ovide et Lucia Lavoie, Victoire Simard et Léonie avec Marcel bébé.
1943 – Odile Bouchard sur des skis fabriqués par Joachim.
1946 – Odile Bouchard – 1re année d’école.

En 1938, Joachim commence à naviguer en famille à bord de la goélette l’Étendard qui appartient à un de ses frères, Paul, goélette que celui-ci a doté d’un moteur. Il s’occupe entre autres de l’entretien mécanique. Léonie cuisine sur le bateau.

1938 environ – L’Étendard.
1945 environ – La famille sur le bateau.
1952 – Paul Bouchard, Odile, Cécile et Léonie Bouchard avec Lise Tremblay.

Son salaire mensuel de 30 $ lui permet de s’acheter une Ford 1929. Il est le premier à posséder une automobile à Petite-Rivière. Parti avec Léonie un dimanche matin pour assister à la messe à Ste-Anne-de-Beaupré, montant les côtes avec beaucoup d’ardeur à tourner la manivelle, à pousser et à tirer l’auto, ils les redescendent une fois arrivés en haut parce que la noirceur commence à tomber.

1938 – Joachim et sa première auto, Ford 1929.

En 1943, un incendie détruit la maison familiale. Heureusement, il n’y a pas de victime. La maison est aussitôt reconstruite et, en 1946, Joachim bâtit un garage de réparation automobile derrière la maison (fort probablement le premier garage à Petite-Rivière), où il exerce son métier de mécanicien jusqu’en 1964. Pour en couvrir le toit alors de papier goudronné, il utilise des cannes d’huile de camion en métal qu’il récupère lors de changements d’huile. Il les ramasse pendant des années. Pour en découper les bouts, il invente et fabrique une machine qui fonctionne comme un ouvre-boîte.  Il les ouvre ensuite au ciseau à tôle, les déplie et les peint. C’est un travail de longue haleine.

1963 environ – Le garage et la Caisse populaire.

Il faut des skis pour Odile? Il les fabrique. Il fabrique également ses propres outils. Il prend plaisir à acheter de vieilles autos qu’il rafistole et répare avec de la broche (Photo 16). Il a même modifié l’arbre de transmission d’un Plymouth 1957 pour y installer une courroie sur une poulie reliée à un mélangeur à béton et, avec cette innovation, il a pu couler toutes les fondations de son garage. Il a déjà ajouté des skis sur un vieux modèle de 1927. Ça n’a pas marché finalement. Les skis en bois étaient trop épais et pesants. Il a transformé une vieille auto en pick-up en la coupant pour ajouter une boîte en arrière. Il a réparé la batterie de chargeur d’une vieille auto de 1934 avec la baleine d’un corset de Léonie.

1943 – Odile Bouchard sur des skis fabriqués par Joachim.
1946 – Aline, Cécile, Léonie, Joachim à Shipshaw.

Vers 1948, à partir d’une vieille carrosserie déposée sur quatre barils, Joachim construit un autobus scolaire. Il voyage les enfants à l’école et emmène les gens à la messe au village le dimanche et à divers endroits dans la province. Avec un camion équipé d’une grosse charrue et d’une souffleuse à neige qu’il a patenté, il fait l’entretien des chemins. Avec un camion et un tracteur, il transporte de la « pitoune ». Il instaure la livraison porte-à-porte du lait qu’il achète à la Laiterie de Baie-St-Paul. Il rétrécit un Snow mobile trop large pour circuler dans des sentiers étroits et le rallonge de trois pieds afin de voyager plus de personnes dans les chantiers et dans le secteur de La Martine l’hiver.

1950 environ – La pitoune. Léonie, Joachim et Marcel.
1946 environ – Pauline Bouchard , devant le snowmobile.
1947 – Trois inconnus, Cécile Bouchard et le curé Michel Lavoie devant le snowmobile.

Le 2 février 1947, Léonie, femme d’affaire avertie, fonde la Caisse populaire Desjardins de Petite-Rivière-Saint-François qu’elle opère dans sa maison. Elle en sera la gérante jusque vers 1970 environ. En même temps, elle fait la comptabilité du garage de réparation automobile de Joachim.

Maison familiale qui hébergeait la Caisse populaire.

D’abord membre des Filles d’Isabelle à Beaupré depuis 1955, puis ayant fondé un sous-conseil à Petite-Rivière en 1957, elle fonde, en 1963, le cercle des Filles d’Isabelle à Petite-Rivière-Saint-François qui demeurera actif jusque vers 1998.

En 1964, la mécanique ayant beaucoup évolué, les compétences de Joachim ne suffisent plus. Alors, il vend son garage.  En 1969, après avoir travaillé à divers endroits comme mécanicien à travers la province, le couple déménage à Québec. Joachim est alors mécanicien sur un des bateaux d’Euclide Bouchard. Puis, en 1970, Joachim travaille de nuit chez Dominion Redemix jusque vers 1979. 

En 1970, Léonie travaille d’abord chez Bell Canada pendant six mois puis, en 1971, en compagnie de son gendre et d’un autre associé, elle fonde la Compagnie « Service Soudure BLB » où elle travaille comme secrétaire jusqu’à sa retraite en 1979. Ayant transitée par son fils puis par un gendre de son fils, l’entreprise est encore dans la famille, sa petite-fille y prenant maintenant le relais.

2019 – Cinq générations : Marcel et Sonia, Léonie, Émilie et Lexie.

Femme d’avant-garde, dès la fin des années 70, Léonie se procure un ordinateur et se plaît à fureter sur divers sites et à communiquer avec ses proches.

Lorsque sonne l’heure de la retraite, Joachim continue de bricoler : il ramasse de vieilles bicyclettes que les gens jettent et les répare pour les donner aux enfants du quartier, il construit un tacot pour son petit-fils, un brancard pour que son gendre transporte ses orignaux à la chasse, une souffleuse, une tondeuse, une meule, un rotoculteur, un banc de scie, un vélo stationnaire, un tapis roulant, une trottinette avec un frein, ce qui n’existe pas encore sur le marché, et j’en passe… 

1980 environ – Martin dans son tacot.
1980 environ – Le brancard.
En 2000. La trottinette.

Le couple fera plusieurs voyages : entre autres en Afrique, en Alaska et en Floride. Alors que Joachim ne désire plus voyager, Léonie continue de voyager seule : notamment en Europe, au Japon et en Indonésie. Jusqu’en 2004, ils passeront ensuite leurs étés en camping dans une roulotte sur le bord du fleuve à l’Île d’Orléans. Infatigable, Joachim fera du vélo jusqu’à l’âge de 87 ans. 

2004-08-02 – Au camping de Léonie et Joachim à l’île d’Orléans.

En 2007, ils ont fêté 70 ans d’un mariage heureux. Joachim est décédé le 7 septembre 2009, à l’âge de 96 ans. Léonie est décédée le 13 juillet 2020, deux mois avant ses 104 ans. Unis pour l’éternité, leurs cendres reposent côte-à-côte dans le cimetière de Petite-Rivière. 

2007-08 – Le 70e anniversaire de mariage.
2009 – Joachim Bouchard – Photo mortuaire.
2020-07 – Léonie Bouchard – Photo mortuaire.
2024-06-03 – Unis pour l’éternité.

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PAUL-ETIENNE -BOUCHARD
PAUL-ETIENNE -BOUCHARD
6 mois il y a

Merci Diane de nous rappeler que derrière la beauté de notre village se cache de grandes personnes qui ont marquées notre histoire. Merci Léonie et Joachin pour votre immense contribution, merci Diane de nous rappeler d’aussi beaux souvenirs.