Dans Charlevoix obtenir un rendez-vous pour un nettoyage dans une clinique dentaire peut parfois prendre plus d’un an pour les patients déjà suivis dans une clinique. Ce problème généralisé dans les cliniques dentaires de la région démontre un manque criant d’offre de soins, un problème difficile à régler.
Pour Isabelle Théroux, gestionnaire de la clinique dentaire de Charlevoix à Baie-Saint-Paul, la surcharge du secteur des soins dentaires de Charlevoix n’est pas si nouvelle. « En 2020, avec la pandémie, on a été fermés quelques semaines, il y a des cliniques comme celle du docteur Beaulieu qui ont fermé définitivement. Depuis ces années-là, on sent vraiment une surcharge dans le milieu. »
De plus, madame Théroux nous explique que le nouveau Régime canadien de soins dentaires (RCSD) amène une croissance de la demande à laquelle il est difficile de répondre. « Ça fait peut-être un petit peu plus qu’un an que le nouveau régime est en vigueur et c’est vraiment venu accentuer la surcharge. Depuis on a dû couper la prise en charge de nouveaux clients à La Malbaie, on a dû engager de nouveaux dentistes et nos temps d’attentes ont vraiment augmenté. »
En offrant une assurance dentaire quasi universelle, le RCSD offre la possibilité à des patients qui, pour des raisons financières, ne pouvaient se permettre de consulter un dentiste. En augmentant l’accessibilité des soins dentaires pour tous, le RCSD induit également une augmentation conséquente de la demande pour des soins dentaires, et ce partout au Canada.
Un problème d’offre et de main-d’œuvre
Pour la gestionnaire, le problème c’est l’offre de soins dans la région. En plus de l’augmentation de la demande en raison du RCSD, la région de Charlevoix en est une en plein développement et qui accueille de plus en plus de personnes. Qu’il s’agisse d’immigration internationale ou de nouveaux arrivants en provenance d’autres villes de la province, « il y de plus en plus de personnes qui souhaitent obtenir des soins dentaires, mais l’offre dans la région n’est tout simplement pas suffisante pour arriver à répondre à tout le monde ».
La surcharge est telle que madame Théroux croit que l’ouverture d’une nouvelle clinique comme il est envisagé dans le développement Medway de La Malbaie ne serait pas suffisante pour réduire les temps d’attentes et serait même susceptible de créer des difficultés au niveau de la recherche de main-d’œuvre. « S’ils ouvrent une nouvelle clinique dans la région, je ne sais même pas si l’effet se ferait ressentir tellement la surcharge est importante. Et surtout, ils la prendraient où leur main-d’œuvre? Dans nos cliniques? Ça ne règlerait pas le problème. »
À la Clinique Julie Zacharie de Clermont, on mise sur la main-d’œuvre étrangère pour combler les manques. « Nous sommes dans la même situation de temps d’attentes, mais on a aussi un problème de main-d’œuvre. On a embauché deux dentistes mexicains pour venir nous aider, mais ça ne règle pas tout. Le processus pour que la main-d’œuvre étrangère puisse devenir hygiéniste dentaire est très long et complexe. », nous explique la docteure Julie Zacharie.
La dentiste croit que l’appel à la main-d’œuvre étrangère peut constituer une réelle solution au problème de temps d’attente pour des soins dentaires, à condition que le processus soit amélioré. « Ça prendrait peut-être une formation accélérée comme ça s’est vu avec les infirmières auxiliaires ou un accord comme il y en a avec la France pour mieux reconnaître l’expertise et permettre des stages supervisés. Il faut que le processus soit plus rapide, mais sans pour autant être moins rigoureux. ». Elle note toutefois que cela demande une certaine volonté de la part des instances gouvernementales.
Si quelques initiatives ont été tentées pour attirer du personnel dans la région, notamment via le programme Place aux jeunes en région, aucune ne fut couronnée de succès, nous informe Céline Granier, agente de Place aux jeunes en région pour la MRC de Charlevoix-Est. Du côté gouvernemental, madame Théroux ne sent pas de support. « Rien n’est fait pour régler ce problème-là, ils ne sont même pas encore en mesure de gérer leur régime d’assurance, encore moins d’aider à régler la surcharge. »
Ainsi, le problème de la surcharge des cliniques dentaires dans la région semble se trouver dans une impasse. D’un côté, l’offre en soins dentaires s’avère être grandement insuffisante pour répondre aux besoins de la population. De l’autre, la pénurie de main-d’œuvre, notamment au niveau des hygiénistes dentaires, complique grandement l’ouverture de nouvelles cliniques ou le développement de celles déjà existantes.
Le problème des temps d’attentes en clinique dentaire ne semble donc pas près d’être réglé dans Charlevoix.
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Et pourquoi on ne parle pas de la clinique d’hygiène dentaire que je viens d’ouvrir à Baie-Saint-Paul? La population en sort grandement gagnante, et c’est tout aussi dans l’intérêt des cliniques dentaires actuelles qui ont vraiment à coeur la santé buccodentaire des patients. Une merveilleuse collaboration avec les Centres dentaire Charlevoix y ait né. Je suis bien fière de pouvoir répondre à ce besoin immense, mais on en parle pas assez!