Dans le cadre du Symposium international d’art contemporain de Baie-Saint-Paul, nous avons eu la chance de rencontrer Joannie Lafrenière, artiste-documentariste qui s’est donné le projet d’aller à la rencontre des aînés de Baie-Saint-Paul et de prendre le portrait.
Au cours des dernières années, Joannie a réalisé de nombreux projets visuels avec les personnes âgées. Un peu plus tôt dans le Symposium, elle avait tenu une soirée de visionnement cinématographique de capsules intitulées Bibelot et Bingo présentant des personnes de l’âge d’or avec des personnalités rayonnantes ainsi qu’un court métrage, Snowbirds nous immergeant dans une communauté de québécois en Floride.
À travers son travail, Joannie pose un regard curieux et enjoué sur les questions entourant le troisième âge. Munie d’une formation en journalisme et en photographie, elle arrive à aller vers l’autre en immortalisant la beauté de leur rencontre.
Son penchant pour le cinéma s’est principalement développé en 2011 lorsqu’elle participa à La course autour du monde, cette émission de télévision mythique des années 90. Depuis, elle a réalisé de nombreux projets photo, comme vidéo, offrant un regard différent et rafraichissant sur la vieillesse.
Des portraits au CHSLD
Joannie connait le Symposium depuis quelques années et flirtait avec l’idée d’y poser sa candidature depuis quelque temps déjà. Mais c’est principalement le thème de cette année qui l’a convaincue : la rencontre.
« La rencontre, c’est comme à la base de ce que je fais. Donc j’ai dit OK, allons-y ! Faisons quelque chose avec l’idée de la rencontre. J’aime beaucoup travailler avec le 3e âge. Je me suis dit : « pourquoi pas faire un projet sur les beaux vieux de Baie-Saint-Paul aussi ? ». Aller les voir là où ils sont, puis parfois les sortir dans le paysage si ça se peut. », nous raconte-t-elle.
Ainsi, tous les jours, elle divise sa journée en deux. Le matin, elle part à la rencontre des résidents et résidentes du CHSLD de Baie-Saint-Paul. L’après-midi, elle rentre dans sa petite cabane située sur le terrain de l’hôpital de Baie-Saint-Paul qui lui sert à la fois de studio, de bureau et de lieu de rencontre. C’est d’ailleurs là qu’elle nous attendait, assise à l’extérieur en profitant de l’air charlevoisien.
« Je suis un peu à l’écart des autres dans ma cabane à côté de l’hôpital, comme les vieux sont souvent un peu à l’écart aussi dans le fond. Il y a quand même une métaphore intéressante ici. »
À terme, elle produira une série de portraits mettant en vedette les résidents. Si quelques clichés sont déjà pris, elle reste encore dans une étape de découverte et de rencontre. Allant à la rencontre des résidents et résidentes, elle apprend à les connaitre, partage des moments avec eux et leur explique son projet.
« Moi j’ai comme une curiosité d’enfant, nous disait l’artiste. Je n’ai pas de problème à aller voir les gens et m’intéresser à eux, à ce qu’ils font, ce qu’ils portent. Des fois, juste complimenter quelqu’un sur la belle chemise qu’il porte nous amène à avoir de belles interactions. J’ai comme ce rapport très joyeux aussi dans la rencontre. »

La rencontre au centre de son œuvre
L’œuvre de Joannie nous amène à aborder des questions difficiles comme la vieillesse, la maladie, la souffrance, la mort, mais toujours dans la joie et l’amour. « Je trouve qu’on est dans un monde où il y a beaucoup de souffrance. Ce que j’aborde n’est pas tout le temps rose, parfois c’est difficile, mais si je peux, à travers mon travail, semer des petites étincelles de joies dans tout ça, c’est tant mieux. », nous dit l’artiste.
Malgré la difficulté que peuvent représenter ces lourdes questions, c’est dans la candeur des rencontres qu’elle fait que son travail devient si spécial. Les images prises par Joannie Lafrenière arrivent à ramener l’humain au centre de tout et l’amour qu’elle porte pour ces personnes âgées qu’elle rencontre. « Dans mon travail, je n’ai pas envie qu’on puisse douter une seule seconde que j’aime ces gens-là qui sont illustrés dans mes projets. Je pense que pour certains, quelquefois, en voyant peu mon style ils doutent de ça. C’est fin comme ligne. Mais moi je n’ai jamais douté que je les aime, je n’ai jamais douté que j’ai fait toutes ces œuvres-là dans le respect et l’amour », témoigne Joannie.
Jusqu’à la fin du Symposium de Baie-Saint-Paul, il sera possible de rendre visite à Joannie Lafrenière dans son petit espace adjacent au stationnement de l’hôpital. L’occasion parfaite de faire une belle rencontre et d’échanger sur la vie, la vieillesse et l’amour des autres.
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