Dubé dénonce le «refus total» des fédérations de médecins de négocier
Le ministre de la Santé, Christian Dubé, en commission parlementaire lors de l'étude du projet de loi 106, le 27 mai 2025. La PRESSE CANADIENNE/Jacques Boissinot
Le ministre de la Santé, Christian Dubé, dénonce «le refus total» des deux fédérations de médecins de discuter du mode de rémunération dans le cadre du projet de loi 106, qui vise entre autres à lier jusqu’à 25 % de la rémunération des médecins de famille à des indicateurs de performance.
En point de presse mardi matin à Montréal, M. Dubé a voulu donner «l’heure juste de ce qu’on demande aux médecins» avec son projet de loi 106. Il a donné plusieurs exemples positifs des changements qu’apporterait la pièce législative, soulignant que son objectif est d’offrir plus de rendez-vous aux patients.
M. Dubé a affirmé que les deux fédérations de médecins – la Fédération des médecins spécialistes du Québec (FMSQ) et laFédération des médecins omnipraticiens du Québec (FMOQ) – ont refusé de déposer des contrepropositions formelles dans le cadre des négociations pour renouveler leur accord-cadre respectif. Le gouvernement a déposé sa proposition en mars, a rappelé M. Dubé.
Il a dit que les négociations n’ont pas avancé comme il l’aurait souhaité durant l’été, pointant du doigt la FMOQ qui n’a pas été présente à la table depuis la fin juillet, selon M. Dubé.
«De son côté, la FMSQ a eu plusieurs rencontres cet été, beaucoup plus qu’avec les médecins de famille. Mais pour des raisons qui leur appartiennent, et je fais attention, elle n’a pas non plus fait de contrepropositions formelles et a demandé spécifiquement […] dans les derniers jours de ne pas recevoir de nouveau dépôt. Il y a sûrement un lien avec le PL106», a déclaré M. Dubé.
La FMSQ «sabote» le dossier de santé numérique
Le ministre s’est étonné d’un moyen de pression de la FMSQ, qui aurait décidé de ne pas participer à la mise en œuvre du dossier de santé numérique. «C’est un outil essentiel pour les médecins qui vont non seulement faciliter leur quotidien à l’hôpital, mais aussi réduire énormément la paperasse et la fluidité dans l’hôpital. C’est exactement ce que les médecins nous demandent de faire», a souligné M. Dubé.
Pour les patients, avoir un dossier de santé numérique va faire en sorte qu’ils n’auront plus à répéter leur historique de santé à différents professionnels de la santé, a-t-il ajouté.
«Que la FMSQ sabote un projet aussi majeur, c’est se tromper de cible», a dit M. Dubé.
Il a répété fermement que le PL106 est là pour rester. «Quand j’entends “on va négocier à condition que vous enleviez le projet de loi”, pour moi, c’est une fin de non-recevoir», a-t-il indiqué.
La FMOQ aurait demandé au gouvernement qu’il lui fasse une nouvelle offre. Celle-ci sera rendue publique au début de la semaine prochaine, a fait savoir le cabinet du ministre Dubé. «J’ai baissé certaines cibles pour montrer de l’écoute. Je l’ai fait avec la FMOQ, je suis prêt à le faire avec les spécialistes», a-t-il assuré.
Rappelons que la semaine dernière, la FMOQ exhortait de nouveau la CAQ à abandonner le projet de loi 106.
Dans une lettre ouverte, le président-directeur général de la FMOQ, le Dr Marc-André Amyot, dénonçait à nouveau que le gouvernement veuille forcer les médecins à faire de la «médecine ”fast food”» en liant la performance des omnipraticiens «non pas sur la qualité et la pertinence des consultations, mais uniquement sur le volume».
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