Le SCFP conteste les ordonnances de retour au travail des agents de bord d’Air Canada
Des manifestants protestent devant le siège social d'Air Canada à Montréal, le dimanche 17 août 2025. LA PRESSE CANADIENNE/Graham Hughes
Les agents de bord d’Air Canada ont l’intention de poursuivre leur grève malgré l’ordre de retour au travail, a déclaré le syndicat dimanche, quelques heures seulement après que la compagnie aérienne eut annoncé son plan de reprise des vols.
Le Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP) a affirmé qu’il contestera l’ordre du Conseil canadien des relations industrielles (CCRI) de retourner au travail avant 14 h.
«Nous contestons les ordonnances et, dans l’intervalle, on considère qu’on a des droits fondamentaux. On va les exercer. Ce n’est pas un gouvernement sexiste qui va nous en empêcher», a affirmé le syndicat, dans une déclaration écrite.
Dans un autre courriel transmis par une porte-parole syndicale, le SCFP a déclaré que les agents de bord «demeuraient en grève».
La ministre fédérale de l’Emploi, Patty Hajdu, a ordonné samedi un arbitrage exécutoire, demandant à la compagnie aérienne et à ses agents de bord de reprendre leurs activités, mettant fin à une grève et à un lock-out après moins de 12 heures.
Le SCFP a accusé la ministre Hajdu d’avoir cédé aux demandes d’Air Canada.
Mark Hancock, président national du SCFP, a indiqué que le syndicat avait reçu un avis du CCRI, tard samedi, l’informant du retour au travail imminent. Il a ajouté que le syndicat estimait que «l’ensemble du processus était injuste».
«Air Canada a refusé de négocier avec nous, et ils ont refusé de négocier avec nous parce qu’ils savaient que ce gouvernement interviendrait sur son cheval blanc et tenterait de sauver la situation», a-t-il dit, devant l’aéroport de Toronto.
Dans un communiqué diffusé samedi soir, le syndicat a aussi dénoncé une situation de conflit d’intérêts, disant qu’une ancienne avocate d’Air Canada, Maryse Tremblay, décidera de la fin des moyens de pression des agents de bord.
«Le SCFP a exigé que Maryse Tremblay se récuse dans cette affaire, mais elle a refusé et elle présidera les audiences malgré tout», a déclaré l’organisation.
Une «journée d’action»
Plus tôt dimanche,Air Canada avait annoncé son intention de reprendre ses vols en soirée. La compagnie aérienne a rapporté que l’arrêt de travail a entraîné la suspension de plus de 700 vols d’Air Canada et d’Air Canada rouge.
Air Canada a indiqué dimanche que le CCRI avait ordonné la prolongation de la convention collective entre le syndicat et la compagnie aérienne, expirée le 31 mars, jusqu’à la conclusion d’une nouvelle entente.
Ni Air Canada ni les membres du gouvernement fédéral n’ont immédiatement réagi à l’annonce du syndicat.
Le SCFP dit inviter Air Canada à revenir à la table des négociations pour négocier une entente équitable.
Le syndicat a appelé à une «journée d’action» dimanche, avec des manifestations prévues devant les aéroports de Toronto, Montréal, Vancouver et Calgary.
La composante d’Air Canada du SCFP, qui représente plus de 10 000 agents de bord de la compagnie aérienne, avait annoncé samedi que ses membres se rendaient sur les piquets de grève après avoir été incapables de conclure une entente de dernière minute avec l’employeur. Air Canada a mis ses agents de bord en lock-out environ 30 minutes plus tard en raison de la grève.
Le syndicat a expliqué que ses principaux points de friction concernaient les salaires, qui ont été dépassés par l’inflation au cours de sa précédente convention collective de dix ans, ainsi que le travail non rémunéré lorsque les avions ne sont pas en vol.
Air Canada avait précédemment demandé à la ministre Hajdu d’ordonner aux parties de recourir à un processus d’arbitrage exécutoire, un pouvoir conféré à la ministre par l’article 107 du Code canadien du travail.
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