Normand Bouchard, un homme de cœur jusqu’au dernier kilomètre
Normand Bouchard, 73 ans, sillonnaient les routes depuis près d’un quart de siècle.
Normand Bouchard n’aura pas eu le temps de souffler les bougies de ses 25 ans de service chez Simard Suspension. Le camionneur de 73 ans a perdu la vie le 31 juillet dernier dans un accident sur l’autoroute 20, à Val-Alain. Sa fille, Anne-Christine Bouchard, garde le lien vivant en lui laissant un message chaque matin sur sa boîte vocale.
« C’est ma façon de rester proche de lui », raconte-t-elle au bout du fil.
Pour elle, son père n’a jamais simplement conduit un camion : il vivait sa passion.
« Ce n’était pas un travail. Il avait du plaisir. Il est allé aux quatre coins de l’Amérique, il avait toujours ses habitudes et ses arrêts. »
Pendant une partie de sa vie, il avait aussi tenu une poissonnerie, où il effectuait également des livraisons sur la route. Il n’avait jamais parlé de ralentir.
« Ça ne faisait pas partie de nos discussions qu’il arrête. Il aimait profondément l’entreprise. C’était un homme exceptionnel et très présent. D’ailleurs, nous vivons ce deuil ensemble, les proches et l’entreprise. Ils sont avec nous. »
Le drame de Val-Alain
Le 31 juillet, peu après minuit, le camionneur septuagénaire quittait Québec en direction de l’Ontario lorsque l’accident est survenu.
Selon la Sûreté du Québec, à la suite d’un impact avec un véhicule, le conducteur du poids lourd aurait perdu le contrôle et terminé sa course dans le terre-plein central.
Le véhicule impliqué dans la collision a dévié vers la voie de gauche, où il a heurté une autre voiture circulant dans la même direction.
La conductrice à l’origine de l’impact a subi des blessures légères.
Toujours selon la SQ, des échantillons sanguins ont été prélevés afin de vérifier si ses capacités de conduite pouvaient avoir été altérées par la drogue. Aucune accusation n’a toutefois été portée pour l’instant.
« J’essaie de ne pas trop y penser. Je sais que ça va prendre du temps. Mais je sais aussi que, le jour où nous aurons les conclusions, nous aurons le temps d’être fâchés. Ce bout-là demeure pénible », confie Anne-Christine Bouchard.
Une communauté présente
Depuis l’accident, les marques d’affection affluent. Amis, collègues et membres de la famille se soutiennent mutuellement.
« C’est réconfortant, ça met un baume sur la peine. On est tellement bien entourés », confie Mme Bouchard .
Une exposition aura lieu le vendredi soir 29 août au sous-sol de l’église de Baie-Saint-Paul. Les funérailles se tiendront le lendemain, suivies de l’inhumation le même jour.
« On ne sait jamais quand ce sera la dernière fois qu’on voit quelqu’un. Deux semaines après l’accident, nous avons encore de la difficulté à y croire. »
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