BOvins pour le climat : deux fermes bovines de Charlevoix en mode solution
Francis Ménard.
Une cinquantaine de fermes d’élevage québécoises participent au programme BOvins pour le climat, une initiative visant à réduire le bilan carbone des productions ovines et bovines. Parmi celles-ci deux fermes de Charlevoix, bilan carbone en main, sont déjà à pied d’œuvre pour améliorer leurs pratiques.
Francis Ménard, de la Ferme CFM Senc, a été approché l’an dernier pour participer à BOvins pour le climat.
« La ferme convenait à ce qu’ils cherchaient. C’est un peu un projet-pilote. Ça m’intéressait parce qu’on sait qu’éventuellement, toutes les fermes vont devoir faire cet exercice-là et j’aime ça être en avance sur les affaires… En plus, avec le programme, on a eu beaucoup d’aide. C’était gagnant pour la ferme », résume-t-il.
L’agriculteur a ouvert tous les livres pour l’équipe de BOvins pour le climat qui s’est affairée à produire un bilan carbone détaillé.
« Les chiffres ont été transmis en période hivernale. Ils sont venus ici au printemps. Ils considèrent tout : l’énergie qu’on dépense, la régie des pâturages, des prairies, du fumier, l’alimentation des animaux… Je savais qu’on travaillait bien, mais les chiffres qui sont sortis sont meilleurs que ceux de la ferme type qui sert de référence à BOvins pour le climat », se réjouit M. Ménard.

Il y a, bien sûr, place à l’amélioration. Conséquemment, le bilan s’accompagne d’un plan d’action.
« Il y a suggestions par secteurs pour s’améliorer. Ici, avec le temps que j’ai, j’ai décidé de miser sur l’efficacité du troupeau en priorité. Bien nourrir les veaux, leur donner tout ce dont ils ont besoin, une alimentation saine et équilibrée, à partir de la naissance, comment nourrir les mères pour un gain de poids sain et optimal… »
Le producteur, comme la plupart de ses collègues, rencontre des défis à ce chapitre.
« Nos animaux sont toujours dehors. Quand on a affaire à des sécheresses comme maintenant, comment leur donner la bonne nourriture pour avoir leur gain de poids quotidien et éviter la diminution drastique l’été ? C’est un problème ici dans Charlevoix parce qu’on a accès à des terres de pâturages, mais pas assez pour combler les besoins nutritionnels. Les spécialistes de BOvins pour le climat nous ont donné des bons conseils à ce sujet-là, mais c’est beaucoup beaucoup plus large », indique Francis Ménard.
Le programme BOvins pour le climat effectuera un suivi d’ici quelques années pour voir comment le bilan carbone de la Ferme CFM s’est amélioré.
« Un programme comme ça, ça permet d’être au-devant des choses. On est consciencieux ! Le bien-être animal et environnemental, c’est la base de nos entreprises. Moi, je prends toute l’aide que je peux avoir pour améliorer la ferme et avec BOvins pour le climat, on a l’aide de spécialistes sur à peu près tous les volets», indique le producteur.
Qui plus est, il n’en coûte presque rien à l’entreprise.
«Mais pour moi, ce n’est pas une question d’argent. J’aime savoir où je m’en vais, comment on travaille, vers quoi il faut aller. Le programme offre ça», conclut Francis Ménard.
La ferme, dont Francis Ménard est propriétaire depuis 2007, est située dans le rang Sainte-Croix et produit 80 veaux par an.
Le Centre de développement du porc du Québec (CDPQ) et le Conseil pour le développement de l’agriculture du Québec (CDAQ) sont derrière le programme BOvins pour le climat, subventionné par Québec via son Plan pour une économie verte 2030. Les Producteurs bovins du Québec (PBQ) et le Centre d’expertise en production ovine du Québec sont également partenaires de l’initiative.
Dans Charlevoix, la Ferme Simon Gagnon y participe également.
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